Le gentil et le méchant : histoire de vacances

 

On est bien d‘accord, même 2x lardé dans le gras du bras, tu peux chopper le covid. OK ?

(Moins fort, mais ça, c’est toi qui le dis !)

On est bien d‘accord, même 2x lardé dans le gras du bras, tu peux contaminer les autres.

DONC, toi, tu es dans le bon, le bienveillant, tu te fais shooter deux fois et tu remportes la médaille sous forme d’un cul-air-code dans ton téléphone, en plus, dans les gares, on t’octroie le bracelet d’honneur pour faits héroïques. (Juste une idée, comme ça. On peut le couper et le revendre ?)

 Un autre ne veut pas de la piqure. Il préfère attendre que le produit soit définitivement reconnu. OK ? Il est dans le mauvais. Profond, même. Le président de la Chose publique dit que c’est un assassin, il le charge, le traite d’irresponsable et d’égoïste qui ne mérite que la prison. Juste comme Damien ! Et plus vite que ça. (Quelqu’un a des nouvelles du gifleur ? Si vous le voyez, remettez-lui mon bonjour…)

Pour se rendre dans le sud, le mauvais se fait donc tester et a droit au cul-air-code PROVISOIRE sur son portable. Il a le droit de grimper dans le wagon. Exceptionnellement. Dans 2 jours, s’il veut rentrer (ou simplement aller prendre un café) il doit recommencer le processus.

Le bon, lui, passe aussi, c’est clair. Avec le sentiment du devoir accompli, du dévouement à la patrie. La tête haute.

Ils sont assis l’un à côté de l’autre dans le train. Le bon tousse, et comme il a la tête haute, voir plus haut, ses émanations franchissent l’espace de bâillement de l’étouffoir du mauvais, (vers le haut du nez, le tissu tend). Le mauvais ne tousse ni ne crache (amateur de légumes et des circuits courts, il cultive ses propres herbes aromatiques, pratique le sport et se prend de la vitamine D et du zinc). Il veille à sa santé. Jamais malade…Je crois que j’ai oublié de mentionner que le mauvais est détenteur de plusieurs diplômes supérieurs et s’adonne au bénévolat depuis l’âge de 12 ans. Chaque mois, un montant est débité automatiquement de son compte pour venir soulager les pauvres de son quartier.

Le bon lui, aime les saucisses grasses avec des frites, les matchs de foot, les centres commerciaux et la foire au boudin. Il n’aime pas travailler, ça le fatigue, il est touché par le chômage. Son hobby ? Les émissions de télé (genre Nagui ou l’autre vulgaire…comment c’est son nom, déjà ?). Il adore aussi bousculer les vieilles dames dans la rue, juste pour se divertir. Ça le fait trop marrer, quand elles chutent. Un simple croche-pied, et c’est la franche rigolade !

Le train arrive en gare, tout le monde descend. Deux jours plus tard, le mauvais se met à tousser, comme l’autre, dans le train. Il se rend sur place chez un médecin qui lui lance : mais monsieur, il fallait vous faire vacciner, vous voyez ce que ça donne ? Sortez d’ici, je refuse de vous examiner. Solange, le désinfectant, pulvérisez-moi le cabinet, et vite !

Morale de l’histoire : « la vie n’est pas d’attendre que l’orage passe, c’est d’apprendre à danser sous la pluie » (Sénèque)

Je suis en humeur de raconter des histoires, je vous en sers une seconde (une vraie de vrai).

Il y avait une fois un petit scout, dont le totem est Mowgli, quelque peu solitaire, qui se réjouissait de partir pour le camp. De vivre deux semaines en plein air, avec les copains. Plutôt adroit, il avait bricolé des tas d’accessoires indiens, des tomahawks, des bandeaux de plumes, des arcs et des flèches, car le thème de cette année était SUR LES TRACES DE WINNETOU. Ses parents, des mauvais comme celui de la première histoire, ne s’étaient pas fait piquer, par réserve, et lui, non plus, logique ! Sa maman lui avait seulement recommandé de se brosser les dents matin et soir, de prendre ses vitamines et d’être gentil avec ses camarades.

Deux autres scouts, ceux-là d’une famille bienveillante, adéquate, patriote, avaient été présentés à un médecin par leurs géniteurs, avec prière de les piquer PAR PRUDENCE avant le camp.

Matin du départ, arrivée du bus, tout le monde se fait taquiner les cavités nasales, embarquement ! C’est la joie.. On chante, on se fait des blagues, Bagheera (le chef) sort la guitare. Arrivée dans la bonne humeur. On monte les tentes, on fait du feu, on sort les paillasses, les sacs de couchage, et on se régale de pommes de terre sous la braise. Avec de la compote de pommes en boite métallique…sans morceaux (Vous connaissez ?). Mowgli jubile….se sent entouré, chante à pleins poumons, entouré de ses chers copains :

Quand se lève le soleil, Youkaïdi, youkaïda,
Le clairon sonne le réveil, Youkaïdi aï-da.
On voit sortir de la tente, La troupe alerte qui chante,

Youkaïdi, youkaïda, Youkaïdi, aï-di,aï-da,Youkaïdi, youkaïda, Youkaïdi aï-da.
Ça ira, ça ira, ça ira comm’ ça.

Mais le lendemain matin, Bagheera est inquiet, il entend des enfants se plaindre. Il fonce vers leur tente, les découvre, aussi rouges que Bronco l’Apache, mais moins poilants. Il appelle le docteur, vite, vite !

Les deux suffocants sont les rejetons d’une famille de bons comme-il-faut. Je ne ferai pas de commentaire, je ne suis pas médecin. Le camp fut illico démantelé, et tous les enfants, les bons et les mauvais, renvoyés à leurs familles pour un confinement de 10 jours. Mowgli est rentré chez lui le matin même, dans l’appartement 2 chambres de ses parents qui travaillent, passe ses journées de vacances à jouer sur son portable.

Merci macron-le-banquier-qui-se-prend-pour-un-virologue.

(Devinette : pourquoi l’autolâtre de Brégançon fait-il la gueule ? Parce qu’il est forcé d’emmener Brigitte. Ben Allah est en voyage d’affaires)

Anne Schubert

Morale de l’histoire : avant de faire piquer tes ados, « prend soin des autres », ne leur gâche pas les vacances.

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2 Commentaires

  1. Il a été obligé d’accomplir son devoir conjugal la nuit précédente. Vu sa tête, ça n’a pas dû être une partie de plaisir mais une corvée épouvantissime.

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