Le gros recul du Syndicat de la Magistrature aux dernières élections professionnelles

Publié le 23 juillet 2013 - par
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Comme beaucoup je m’interrogeais : que sont devenus nos Juges d’antan? Que se passe-t-il dans leur esprit ?

Comment est-il en effet possible que l’on condamne à de la prison ferme, avec mise en détention immédiate, un jeune homme immédiatement ligoté, parce qu’il n’était pas d’accord avec la loi sur le mariage et qu’il manifestait à ce sujet, tandis qu’il y aura toujours ou très souvent une raison, -une circonstance sociale atténuante ou un vice de forme-, pour laisser repartir les mains dans les poches des personnages tirant à la kalachnikov sur la police ou lui envoyant à tir tendu, chaque 14 juillet, force pétards mortiers, ou d’autres jamais déférés bien qu’organisant des embuscades contre la « Bac » ou le SAMU ou les Pompiers ?

Comment était-il possible qu’un « syndicat » de « magistrats » affiche ses têtes de turcs, sur un panneau de local « syndical », dans un lieu appartenant à la Nation, mis à disposition par leur administration ?

Beaucoup s’interrogeaient.

Les magistrats eux-mêmes ont commencé à le faire publiquement, avec la condamnation de ce jeune homme, que beaucoup de gens ont commencé à considérer comme étant le premier prisonnier politique dans ce pays, comme étant le premier prisonnier pour délit d’opinion dans la France encore officiellement républicaine ? Une vingtaine de Magistrats ont signé une lettre à ce sujet, lettre aux termes mesurés mais clairs et nets.

juge-racismeLes magistrats ne faisaient pas que s’interroger

Dans leur très grande majorité, ils sont passés des interrogations aux conclusions et aujourd’hui au verdict. Les urnes professionnelles en ont été l’occasion : Le pseudo syndicat, le groupuscule politique qui a œuvré pour peupler les instances ministérielles décisionnaires et confondait magistrat et supplétif de shérif, le groupe idéologique qui soutenait l’inquiétante évolution des verdicts, a été débouté de ses demandes.

La profession de la magistrature a tranché

Le pseudo syndicat perd de nombreux suffrages*1 tandis que l’USM remporte pas loin de 70% des votes. Le vote a été un vote libre. Les magistrats n’ont pas donné une majorité contre leur conscience. Ils n’ont pas donné une majorité qui aurait été acquise sous la pression de la hiérarchie et du pouvoir d’Etat, au contraire.

A leur manière, les Juges disent : qu’il faut une révolution dans ce pays ; qu’est nécessaire une profonde modification des mœurs, pour revenir aux fondamentaux de la démocratie républicaine.

Ils ont choisi de le dire, en affirmant à la face du pays : Magistrat encore, magistrat toujours !

Alon Gilad

*1 Le rival des perdants de ces élections professionnelles, -une ancienne ou toujours petite annexe d’un courant laïque stérilisé par des astuces au jour le jour, dans lesquelles, à la fin du compte, elle s’est pris les pieds-, subit elle aussi une sérieuse saignée électorale. Je vois d’ici son gourou, -un sympathique et audacieux trappeur-, expliquer à ses ouailles : qu’il n’y a pas lieu de s’en faire, et que de toute façon, parce que c’est une loi de la dialectique historique, on se renforce en s’épurant et/ou en perdant son électorat…

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