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Le guignol Omar Sy, nouveau docteur Knock

La plupart des analyses de la pièce de Jules Romain donnent un docteur Parpalaid escroc parce qu’il vend son cabinet médical en surévaluant sa maigre clientèle (on dit aujourd’hui patientèle). La victime étant le docteur Knock qui, s’il s’en était donné la peine, aurait pu aisément s’assurer de la réalité des choses et se protéger d’un menteur. Mais la victime révèle très vite qu’il est un escroc de bien plus grand échelle et qu’il abuse sans scrupules d’une population qui n’a pas les moyens intellectuels de se protéger. La pièce de Jules Romain est très drôle et le cynisme de Louis Jouvet fait  merveille tant il est vrai que pour tout délit d’escroquerie on rit plus volontiers de la naïveté de la victime qu’on ne s’indigne des agissements de l’escroc.

Quelque peu surpris tout d’abord d’apprendre qu’Omar Sy allait camper au cinéma le docteur Knock, je réalise après coup que le choix est judicieux. Le docteur Knock, version Omar Sy, représente le type même de l’immigré (même si Omar Sy n’en est pas un) qui se fout de notre gueule et qui entube autant le franchouillard que le bobo en jouant le rôle de la victime qu’il n’est pas. Le franchouillard et le bobo s’en remettent consentants à l’escroc qui les gruge, qui les méprise et dont on peut rire à la fois de leur naïveté, de leur complaisance, de leur lâcheté, de leur couardise et/ou de leur complicité. C’est-à-dire la France d’aujourd’hui face à une immigration qui dépasse la mesure, face à un islam conquérant déguisé en religion pacifique et œcuménique. Nul doute que dans la salle, le public, la France d’aujourd’hui, saura rire sans se rendre compte qu’elle se moque d’elle-même. Le comble de la décadence quand les guignols sont dans la salle.

Roger Champart