Le hollandisme, c’est le sarkozysme avec encore plus d’Europe et de rigueur

Ce dimanche 12 février, François Hollande occupait la place vedette sur tous les médias. Le recevant, la journaliste Sophie Lapix le questionnera sur l’actualité de la semaine.

Comme il fallait s’y attendre, l’interview de François Hollande, -comme tous les commentaires politiques et/ou « humoristiques », sur toutes les radios et toutes les Chaines TV-, y est allé de son couplet contre le grand méchant Guéant, contre l’homme qui voudrait diviser les Français, en leur disant : qu’il y a des civilisations meilleures que d’autres.

Comme Letchimy et consorts, François Hollande ne lira pas les phrases et les mots scandaleux de la déclaration, il ne nous dira pas en quoi elle serait « égale aux discours du nazisme », et pour cause.

A la différence de l’épigone de Césaire, il fera dans le style patelin, dans le genre Raminagrobi.

 

En effet, malgré le battage et la violence de celui-ci, 48% des français ne se déclarent pas scandalisés par ces prétendus propos « nazis ». 42% le seraient, tandis que 8% se disent sans opinion

 

La journaliste demandera son opinion au candidat président : Que pensait-t-il de la situation grecque ?

Le commentaire de François Hollande méritait d’être relevé : ce qu’il reproche à son rival, ainsi qu’à Merkel, ce n’est pas la terrible austérité imposée à la population grecque. Non, ce qu’il reproche, à ces deux dirigeants, c’est qu’au lieu d’un seul et unique énergique plan d’austérité, complété par « une solidarité » des autres pays d’Europe, on ait procédé au plan européen, par touches et mesures successives insuffisantes…

La dame Lapix s’est bien gardée de demander au candidat Hollande : en quoi aurait dû consister cette « solidarité »

On aura surtout noté que le hollandisme, c’est un sarkozysme européen se voulant économiquement plus vigoureux, un sarkozysme plus européen voulant renforcer la bureaucratie européenne, qui lui, aurait fait avaler, d’un coup d’un seul, la potion amère destinée à tordre les entrailles grecques, pour les sauver.

Et c’est une « solidarité », dont on s’est bien gardé de nous dévoiler le contenu

Ce qu’on aura aussi noté, c’est que le hollandisme c’est toujours l’indépendance de la BCE. 

Surtout, le hollandisme, c’est encore et toujours, le refus de restaurer la souveraineté monétaire étatique.

C’est encore et toujours, la dépendance des États envers les marchés financiers, c’est encore et encore la continuation de l’absurde et honteuse situation, qui a vu la BCE utiliser nos fonds publics « européens », pour prêter aux banques, à 1%… pour que les banques prêtent ensuite aux États, à partir de 3% et plus.

 

On a donné ces chiffres à François Hollande, à l’occasion d’une réunion pré-électorale à Gentilly

 

Cela n’a guère semblé l’émouvoir. Or, si cette situation absurde, -inscrite dans le marbre de l’article 127 du traité d’Amsterdam-, n’existait pas, la dette pourrait se retrouver à ce qu’elle était en 1976, tandis qu’elle va poursuivre mécaniquement sa course folle, continuant d’augmenter, pour exploser en 2042.

Cette explosion là laissera de la crise de 1929, comme le souvenir d’une petite rupture dans le cycle d’accumulation et de crises périodiques du capital.

C’est une marche mécanique, -alimentée par les effets des dispositions de l’article 127 du traité-, menant à la rupture de tout ce qui permet la vie sociale, telle que nous la connaissons depuis que le mieux être s’est répandu dans la société européenne et au-delà.

Si l’on devait résumer le hollandisme, -en termes de potions économiques-, nous pourrions le présenter et le résumer ainsi : plutôt l’explosion des relations économiques et sociales, l’effondrement du système social (protection sociale, assurance maladie et accident du travail, retraites par répartition, législations du travail…) plutôt que de dire non à l’article 127 du traité d’Asterdam, plutôt que d’admettre qu’il est nocif, terriblement délétère, et que nous devons en sortir avant qu’il ne soit trop tard.

Le « socialisme réel » du hollandisme se réduit pour l’essentiel à sa critique du sarkosysme concernant la Grèce, à savoir : qu’il aurait fallu des mesures drastiques, prises d’un coup d’un seul, plutôt que de tenter, demi-mesure après demi-mesure, de faire redémarrer la machine.

 

Bref, le hollandisme, c’est la promesse solennelle d’une bonne super-austérité !

 

Alain Rubin

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