Le juge Bruguière met les pieds dans le plat sur la radicalisation de l’islam en France

« Nous sommes confrontés à un phénomène de radicalisation qui échappe à tout modèle de socialisation. Les organisations musulmanes elles-mêmes sont dépassées. Ce qui m’inquiète, c’est la dilution de la menace, ce processus de protestation publique aux limites de la violence, qui gagne une certaine jeunesse, comme si le vivier de l’islamisme radical s’était élargi en France ».

Ce n’est pas nous qui le disons à Riposte Laïque, mais le juge Bruguière dans un entretien-clé avec Le Figaro. Et lorsque Monsieur Valls s’étonne de voir des « jeunes » de banlieue encadrés par des extrêmistes dans les rues de Paris, Dimanche 16 Septembre, l’impression est qu’il joue quelque peu les naïfs. « Jeunes » et barbus n’avaient nul besoin de s’encadrer les uns les autres. Tous participaient de manière évidente au même mouvement, à égalité parfaite et en toute connaissance de cause.

La synthèse du discours du juge Bruguière a été faite tout récemment à Mulhouse, quand des incendiaires s’en sont pris à un fonctionnaire de police : guet-apens, enlèvement, tabassage en règle, mise aux flammes de la voiture dans laquelle le policier, inconscient, avait été placé. Réveillé à temps, l’homme s’en est tiré de justesse.

Ceci se nomme tentative de meurtre. Les limites de la violence sont ici largement outre-passées.

On veut tuer. On va tuer, immanquablement. La question de savoir si c’est à la chevrotine ou au super sans plomb n’intéressera que les spécialistes des scènes de crime. C’est sur l’instauration de véritables rituels qu’il convient de se pencher. Comme l’acide jeté à la figure des filles désobéissantes au Pakistan ou en Seine Saint-Denis, comme l’amputation des voleurs au Mali, comme la lapidation des femmes adultères en Afghanistan, le feu fait partie de la purification légalisée par les textes sacrés. Fascinant et définitif, il réduit le pêché en cendres que le vent dispersera. En vérité, il annihile, répondant au désir pathologique d’effacement total de ses maîtres.

C’est un épouvantable constat, corroborant les inquiétudes du juge Bruguière. On peut faire confiance à cet homme-là pour l’analyse du phénomène dont la France est désormais l’un des théâtres privilégiés. Son avertissement sonne comme un tocsin.

Dans ces situations d’urgence absolue, quand les efforts de la démocratie pour juguler le péril par les moyens de ses lois se révèlent insuffisants, c’est à la juridiction d’exception qu’il convient de recourir. Si, comme le souligne le juge, les organisations musulmanes sont elles-mêmes dépassées (ce qui n’est pas étonnant puisque elles couvrent depuis toujours de leur coupable silence le germe mortel poussé en leur sein), c’est à la République mise en danger de se dresser, avec en mains les armes nécessaires à l’extinction de l’incendie.

Il n’y a plus d’alternative à ce qui, demain, inaugurera dans notre pays l’espace du conflit civil. Car enfin, de Paris à Islamabad via Sidney, les pétroleurs à poil long prétendant décapiter, au sens propre, notre liberté, sortent au même moment des mêmes mosquées que la foule silencieuse et par là finalement complice qui les regarde se répandre sans intervenir. Faire confiance à cette masse soumise et apeurée pour participer au règlement du problème est un leurre de plus. Tant que les musulmans n’auront pas accompli ce que les Protestants ont fait autrefois en Europe, il sera vain d’espérer quoi que ce soit.

D’où un autre constat, limpide : que nos « modérés » entament le processus de la contestation du dogme, qu’ils se lancent dans la Réforme! Qu’ils cessent de nous bassiner avec leurs Lumières, ce ne sont là que de pâles lueurs totalement invisibles dans un épais brouillard. Le jour où il auront annoncé le grand chambardement, il sera possible de leur faire, si peu soit-il, crédit.

En attendant cette improbable embellie, la République ne peut faire confiance qu’à elle même, le problème étant le faible capital de cette même confiance que le peuple accorde à ses serviteurs. Là est en vérité, dans la lenteur avec laquelle vient le sursaut, le drame.

Alain Dubos

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