Le kascher et le halal n’ont rien à faire dans un pays civilisé !

C’est à croire que les humains ne comprennent rien à la souffrance animale, ou, pire, à la souffrance, tant qu’elle ne les assaille point ! Pourtant, ces mêmes humains ont déclaré solennellement les droits de l’animal (1), avec cette idée qu’aucun animal ne doit souffrir par la faute de l’homme. Autrement dit, l’homme n’a pas le droit de faire souffrir l’animal, ce qui semble incontestable.

Mais je me trompe : l’accord signé le 5 juin dernier entre le secrétaire d’Etat néerlandais de l’agriculture et les représentants des communautés juive et musulmane prouve le contraire. En effet, cet accord prévoit l’étourdissement des animaux «quarante secondes après leur égorgement rituel» ! Un étourdissement complémentaire est même envisagé si l’état de conscience se prolonge au-delà de trente secondes pour les ovins et les caprins, et de quatre-vingt-dix secondes pour les bovins et les veaux ! Oui, vous avez bien lu : la souffrance est chronométrée !

Autrement dit, pour satisfaire à des pratiques religieuses sanguinaires, l’animal devra souffrir au moins trente secondes ! Telle est la solution que se vantent d’avoir trouvée les sénateurs néerlandais pour mettre un terme à la polémique qui les opposait aux instances juives et musulmanes, ces dernières refusant l’étourdissement préalable, jugé trop «extrême» !

Trop «extrême» ? Mais c’est l’égorgement dans la souffrance qui est trop «extrême» ! Ces messieurs les rabbins et les imams accepteraient-ils cette pratique sur eux-mêmes ?

Nous sacralisons tellement le droit à la différence que nous ne sommes même plus capables de dire «non» quand la différence introduit la barbarie dans le droit. Et le comble est atteint par Frédéric Freund, directeur de l’association française OABA (Œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoir), qui voit dans un tel accord la marque d’un «dialogue possible avec les communautés religieuses».

Mais si ces mêmes communautés demandaient le rétablissement de la peine de mort, devrait-on «dialoguer» avec elles ? Et que pourrait donc être, en ce domaine, le compromis ? Que fait par ailleurs Frédéric Freund de l’«assistance» aux bêtes d’abattoir ? «Assister», est-ce faire souffrir délibérément, ou «aider» «secourir», «soigner» ?

Que cela soit dit une bonne fois pour toutes : être civilisé, c’est ne pas faire souffrir ! Cela vaut pour l’animal comme pour l’homme. En conséquence, le kascher et le halal sont hors civilisation !

Maurice Vidal

(1) Déclaration Universelle des Droits de l’Animal, proclamée le 15 octobre1978, à la Maison de l’Unesco (Paris).

 

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