Le Koweït finance l’expansion des Frères Musulmans dans les mosquées occidentales

Publié le 25 septembre 2013 - par - 2 066 vues
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Si l’article d’Abigail R. Esman (*) focalise l’attention sur le financement des mosquées des Pays-Bas et sur les flux financiers qui sponsorisent le terrorisme en Occident, il ne faut pas perdre de vue que ces méthodes s’appliquent encore plus généreusement aux mosquées en France. C’est par le prosélytisme politico-religieux des Frères Musulmans que l’islam fondamentaliste progresse. C’est la mosquée qui en en est le pivot. On comprend le danger que constituent les mosquées (il y en a 2.500 en France) ainsi que les associations qui gravitent autour d’elles.  Elles tissent leur toile pour étrangler la France et la République. Au premier chef pointe le réseau des Frères Musulmans de l’UOIF (Union des Organisations Islamiques en France).

Ce lundi 23/09/2013, le Tribunal des Affaires Urgentes du Caire vient de délivrer un jugement interdisant les activités de l’organisation des Frères Musulmans sur le sol égyptien et toute autre institution  en tant que branche ou filiale, financée ou soutenue par elle, ou tout autre sorte de soutien. De même pour toute autre association qui reçoit des fonds et dont un des membres est adhérent à cette organisation.    

Résistance Républicaine a appelé récemment à la signature d’une pétition afin de réclamer la dissolution du réseau de l’UOIF et de toutes les associations-écrans islamiques sur le sol français. Vous pouvez signer à ce lien : (NDT).

LOGO FRERES MUSULMANS 13-03-2013

                Logo des Frères Musulmans

Le Coran, deux glaives et le premier mot du verset coranique  (Le butin, al-Anfal 8-60) :

« Et préparez [pour lutter] contre eux tout ce que vous pouvez comme force ».

Le vert est la couleur de l’islam (NDT)

L’achèvement d’une nouvelle mosquée à Amsterdam fait plus que d’ouvrir les portes de la pratique du culte aux musulmans des Pays-Bas. Il ouvre des  perspectives sur des boulevards inattendus du financement et des apports  de capitaux terroristes pour  l’expansion de l’islam radical en Occident.

Pendant des années, les agents et les experts occidentaux du contreterrorisme ont exprimé leur inquiétude au sujet du parrainage,  par le gouvernement de l’Arabie Saoudite, des mosquées européennes et américaines, des écoles islamiques et autres organisations musulmanes en vue de propager sa propre version extrémiste de l’islam, le wahhabisme. Les Wahhabites adhèrent à une stricte interprétation littérale du Coran et préconisent l’usage de la violence contre ceux qui n’y adhèrent pas, aussi bien les musulmans que les non musulmans.

Maintenant, toutefois, il semble que nous ayons été tellement focalisés sur les Saoudiens que nous avons laissé passer une source potentielle, et même plus grande, de radicalisation, et certainement une source qui se développe rapidement : Les Frères Musulmans. Et le gouvernement du Koweït,  avec des liens avec les groupes d’al-Qaeda et de Hamas, apparaît parmi les plus importants financiers de l’infiltration des Frères Musulmans en Europe.

Voici où la mosquée d’Amsterdam fait irruption. Située dans une banlieue largement musulmane de Sloterdjik, la Mosquée Bleue a été un sujet d’une controverse dans la presse hollandaise dès sa conception. Un rapport selon lequel le gouvernement koweïtien paye les salaires de l’imam et des autres personnels a propulsé la mosquée et son  organisation à la une des journaux. Ces rapports ont été contestés depuis mais l’essentiel de ces rapports reste vrai : à travers une organisation paneuropéenne nommée l’Europe Trust, le Koweït ligote les musulmans des Pays-Bas et des autres pays d’Europe aux Frères Musulmans à travers des réseaux  complexes, financiers, non-lucratifs et religieux qui s’étendent de l’Espagne à l’Irlande et, au-delà de l’Atlantique, à New-York.

Basé au Royaume-Uni, l’Europe Trust est financé principalement par le Koweït (avec l’aide de la Fondation al-Maktoum, basée aux Émirats Arabes Unis (UAE) (nous en parlerons plus loin). Et selon le Middle East Quaterly, « il canalise l’argent provenant du golfe Persique vers des groupes bien disposés à l’égard des Frères Musulmans en Europe, principalement pour la construction de mosquées ». En vérité, la Mosquée Bleue a été financée entièrement par le Koweït, agissant par l’intermédiaire  des bureaux de l’Europe Trust Nederland (ETN). D’autres ont lié aussi l’Europe Trust aux Frères Musulmans mais il est particulièrement notable que le Trust est dirigé par Ahmad al-Râwi, un leader des Frères Musulmans résidant au Royaume-Uni, et par   Nooh al-Kaddo, un Irakien résidant à Dublin qui dirige le Centre Culturel Islamique d’Irlande (ICCI), bien connu en tant qu’institution des Frères Musulmans. Le ICCI héberge aussi le Conseil Européen de la Fatwa et de la Recherche  dont le directeur, le religieux égyptien Yousef al-Qaradawi, « a justifié les attentats-suicides et a prôné la peine de mort pour les homosexuels, comme le rapporte l’Irish Independent. (Kaddo, quant à lui, dans l’Independent défend Qaradawi, en décrivant ses avis [juridiques] comme « représentatifs des enseignements islamiques et qu’on ne peut supposer une violation de ces mêmes enseignements. »).

Mais voici autre chose : al Kaddo, qui sert comme mandataire du Human Appeal International, association caritative liée au Hamas, dirige aussi la plus grande mosquée de l’Europe occidentale, la Mosquée al-Salâm à Rotterdam, monument controversé dont les minarets de 50 mètres de haut, constituent le point le plus élevé de la ville. Et à l’instar du ICCI, al-Salâm a été financée totalement par Hamdân ben Rashîd al-Maktoum, vice-gouverneur de Dubaï et (commodément) ministre des finances de l’UAE. Al-Maktoum se trouve être aussi un généreux donateur de CAIR aux États-Unis (Council on American-Islamic Relations), lié au Hamas. (Le cheikh al-Maktoum a aussi fourni des fonds pour d’autres mosquées européennes).

mosquee-Rotterdam

Mosquée de Rotterdam

Trente cinq miles plus loin, la Mosquée Bleue d’Amsterdam doit aussi remercier al-Kaddo pour ses efforts à assurer l’argent pour sa construction – l’achèvement a été possible en partie par son affiliation à Yahia Boufaya, membre des Frères Musulmans aux Pays-Bas et directeur (entre autres) de la Fédération des Organisations Islamiques des Pays-Bas (FION) (équivalent de l’UOIF en France, NDT]. FION est également membre de la Fédération des Organisations Islamiques d’Europe (FIOE) – que le rapport quotidien de l’Organisation Mondiale des Frères Musulmans qualifie de groupe-écran des Frères qui comprend aussi l’Europe Trust d’al-Kaddo – et par conséquent la Mosquée al-Salâm à Rotterdam.

Tout cela dans la même toile. Mais il y a plus.

Selon une fiche d’information publiée par la Mosquée Bleue elle–même, un partenariat, développé tôt dans les étapes préliminaires, a confié à ETN et à FION  – ou al-Kaddo et Bouyafa – la charge de collecter des fonds pour la construction. Bouyafa a contacté le Ministre des Affaires religieuses du Koweït. Mais quand sa proposition a été rejetée, un autre imam local, Yassin el-Forkani – suspecté de liens avec les Frères – a été appelé pour le remplacer. Avec quelques modifications habiles apportées à la construction et au plan de financement, el-Forkani a convaincu le Koweït de fournir les 2 millions d’euros nécessaires.

Mais, avec le Koweït qui est propriétaire du bâtiment, qui sponsorise l’ETN, qui a des   liens étendus avec el-Kaddo et Boufaya (qui régulièrement a échangé des postes avec el-Forkani comme directeur du FION et du Conseil d’administration de la mosquée), l’étape suivante était inévitable : la nomination du ministre koweïtien des Affaires Religieuses (al-‘Awkâf الأوقاف), Moutlak al-Qarawi, comme président de l’European Trust Nederland.

Cela signifie que l’une des organisations musulmanes les plus actives des Pays-Bas est dirigée maintenant, non pas par un citoyen néerlandais, ni même pas par un imam étranger parlant néerlandais, mais par le gouvernement du Koweït. Plus spécifiquement, le Trust est maintenant placé entre les mains du Ministère des Affaires Religieuses du Koweït qui a comme objectif de propager l’islam aux non-croyants (par la da’wa, la mission).

L’Europe Trust ne s’est pas limité non plus à l’Europe du Nord : la Fondation NEFA a lié le groupe à des propriétés en France, en Grèce, en Roumanie et en Allemagne, où, NEFA le note, des « Fonds investis dans l’immobilier […], pour le compte d’une association islamique allemande, ont eu pour sources la Fondation Maktoum ainsi que le Ministère des Awkâf [ le Ministère des Affaires Religieuses] du Koweït et le  Bayt al-Zakât (le Bureau de l’aumône  légale religieuse) à Dubaï. »

Si tout cela paraît bien loin pour les Américains, trop loin à travers des océans pour qu’ils s’en inquiètent beaucoup, revoyons notre réflexion. Selon une déclaration de 2003 d’un ancien coordinateur de la Sécurité Nationale et du Contre-terrorisme, Richard Clarke, devant le Comité du Système bancaire du Sénat des États-Unis, « plusieurs opérations d’al-Qaeda auraient été associées aux Frères Musulmans koweïtiens » incluant la tête pensante du 11 septembre, Khalid Sheikh Mohammad et Ramzi Yousef, figure-clé de l’attaque du Word Trade Center en 1993.

Qui plus est, Clarke a attesté que « le gouvernement koweïtien aurait fourni un financement substantiel aux associations caritatives contrôlées par les Frères Musulmans du Koweït, comme la Lajnat al-Da’wa (لجنة الدعوة, le Comité de la Mission). Le Département du Trésor des États-Unis  et le Conseil de Sécurité des Nations-Unies ont désigné, le 9 janvier 2003, Lajnat al-Da’wa comme  un soutien d’al-Qaeda. Lajnat al-Da’wa et ses affiliés ont des bureaux aux US dans le Michigan, le Colorado et la Virginie du Nord. »

Si cela n’est pas suffisant, des télégrammes publiés par Wikileaks au sujet des problèmes de surveillance des flux d’argent parvenant aux groupes terroristes, sont même plus accablants. Le New York Times a réuni une série de ces télégrammes qui décrit le Koweït, le seul pays du Golfe où le financement du terrorisme n’ait pas été criminalisé, comme « un point-clé du transit. »

D’autres liens ont été suggérés entre les mosquées des US et les Frères Musulmans, dont le plus notable est le célèbre Centre Culturel Islamique de New-York, fondé par Muhammad ‘Abdul Ra’ouf, né en Égypte  – le père de l’ancien imam de la mosquée Ground Zero/Park 51, Faisal Ra’ouf – qui est financé dans une large mesure par le gouvernement koweïtien.

Pendant ce temps, al-Kaddo, avec le soutien permanent des Frères Musulmans du Koweït, lève des fonds pour encore plus de mosquées à travers l’Europe. Quoique  l’ETN, insiste-t-il, ne définisse pas les positions de ces mosquées, il utilise son pouvoir pour embaucher, nommer et virer agents et imams de chaque mosquée tous sélectionnés avec soin à partir d’un groupe interne des Frères Musulmans – et beaucoup parmi eux ont des liens avec le Hamas ou al-Qaeda.

Avec l’Europe qui devient maintenant l’un des plus riches pourvoyeurs pour le jihad islamique, et avec la libre faculté de ses citoyens de voyager sans visa aux États-Unis, la menace que représente un réseau en expansion et radicalisé des Frères Musulmans en Europe est  beaucoup plus proche qu’elle ne semble l’être.

Traduit de l’anglais par

Bernard Dick

(*) Abigail R. Esman, est l’auteur de Radical State : How Jihad Is Winning Over Democracy in the West (État radical : Comment le jihad est en train de gagner sur la démocratie en Occident) paru très récemment (Praeger, 2010). C’est un écrivain indépendant. Elle réside à New-York et aux Pays-Bas.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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