Le maire de Conflans autorisera-t-il la construction d'une mosquée intégriste sur le territoire de sa commune ?

Il y a exactement un an, nous nous réjouissons du succès d’une de nos conférences, à Conflans-Sainte-Honorine, autour de notre premier livre, Les dessous du voile. Philippe Esnol, maire PS de la ville, était présent aux côtés de Pierre Cassen et de Rosa Valentini, qui fit une conférence très appréciée sur les dérives communautaristes islamistes en Grande-Bretagne.
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M. Esnol se montra très attaché aux principes républicains, et farouchement opposé à toute dérive communautariste. Quelle ne fut pas donc notre surprise d’apprendre récemment que M. Esnol a l’intention d’accorder l’autorisation de construire une mosquée à une association musulmane intitulée « La plume – Conflans » (1). Non pas que construire un lieu de culte serait en soi un pas vers le communautarisme, mais parce que cette mosquée, d’après le projet initial consultable en ligne, devait comporter aussi une mini école coranique, une salle de gym, une bibliothèque, un cybercafé. Quel islam va-t-on exactement enseigner dans cette école coranique ?
Une Association pour le défense de la Laicité à Conflans (ADL) (2) s’est créée pour dénoncer ce projet, dont le gigantisme – 5000 m² de terrain, et un bâtiment de 3 millions d’euros – a de quoi laisser perplexe, sachant que les musulmans français, aux dons desquels on fait appel pour le construire, sont censés appartenir aux couches défavorisées de notre société. Un simple coup d’œil au site internet de l’association « La plume – Conflans », entièrement réalisé en Flash, avec une visite virtuelle de la future mosquée, montre que les initiateurs ne sont certainement pas des pauvres hères qui voudraient simplement ne plus prier dans les caves : il a dû coûter une petite fortune.
ADL a lancé une pétition que l’on retrouve sur son site, et souhaite deux choses : qu’une concertation avec les conflanais soit organisée, et que la mairie fasse un audit de la doctrine qui sera prêchée dans cette mosquée, et de son financement. M. Esnol, selon un article du Courrier des Yvelines du 30 juin, a répondu qu’il n’y aura pas de concertation, ce qui est un comble pour un maire dont le parti politique faisait de la « démocratie participative » la pièce maîtresse de son dernier programme de campagne. A fortiori, il n’est pas question d’enquêter sur la doctrine enseignée dans cette future mosquée, ni sur les origines des millions d’euros qui seront nécessaires pour la bâtir.

M. Esnol invoque la liberté de culte, et le droit inaliénable de tout croyant d’avoir un édifice pour le pratiquer. Ce principe, qui est corollaire de la liberté de conscience et de la liberté d’expression, ne saurait être remis en doute, mais il n’est pas illimité. La laïcité n’est pas synonyme d’éradication des religions, elle signifie que l’Etat s’arroge le droit exclusif de faire la loi civile, tandis que les religions peuvent tout faire, sauf la loi. C’est ce que l’Etat doit vérifier : est-ce que la religion ne dépasse pas ses bornes spirituelles ?
Opportunément, cela vient d’être rappelé par l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. Dans sa résolution 1743 intitulée « Islam, islamisme, islamophobie », adoptée le 23 juin (3), « l’assemblée constate, avec préoccupation que certaines organisations islamiques, qui exercent leurs activités dans les États membres, ont été lancées par des gouvernements étrangers qui leur dispensent une aide financière et des directives politiques.
Les objectifs de ces organisations ne sont par conséquent pas religieux. Il importe de mettre en lumière cette expansion politique nationale vers d’autres États sous couvert de l’islam. De manière compatible avec l’article 11 de la Convention européenne des droits de l’homme, les Etats membres peuvent limiter les activités de ces organisations, sous réserve que ces limitations remplissent les conditions imposées par le paragraphe 2 de l’article 11. Il convient, par conséquent, que les États membres imposent aux associations islamiques et aux autres associations religieuses de faire preuve de transparence et de rendre des comptes, par exemple en exigeant la transparence de leurs objectifs statutaires, de leurs dirigeants, de leurs membres et de leurs ressources financières. » (article 7) L’audit que demande l’ADL n’est nullement aberrant, il s’agit très précisément d’une recommandation du Conseil de l’Europe !

Cet audit est d’autant plus indispensable que la lecture attentive du site internet de « La plume – Conflans » soulève quelques inquiétudes. Voici quelques morceaux choisis :
« Le Coran est une Constitution Suprême qui organise la vie – tant spirituelle que temporelle – des Musulmans vivant dans la Cité-Etat. De là le lecteur sera amené à constater que le Texte sacré contient non seulement un enseignement spirituel très riche et fécond mais aussi une Morale très élevée soutenue par un Corpus juris aux règles juridiques précises et détaillées. » (Espace spirituel ; Le Saint Coran, histoire et caractéristiques ; Les caractéristiques du Coran, 11)
« Dieu (Taallah) désigne des hommes et leur révèle Sa législation par l’intermédiaire de l’ange Gabriel afin qu’ils la transmettent aux hommes, ce sont les Envoyés. Le Coran est la constitution de l’Islam, celui qui ajoute foi à sa révélation divine et qui y croit globalement, est appelé croyant. Seul Dieu (Taallah) connaît la sincérité de cette foi, les hommes ne pénètrent pas les cœurs et ne savent pas ce qu’ils recèlent. De ce fait, afin que ce croyant devienne membre de la communauté, il doit déclarer cette foi (…) (Ainsi) il devient musulman, « citoyen » authentique de l’Etat musulman, ayant tous les droits. Il doit accepter d’accomplir les devoirs que lui demande l’Islam. » ? (Espace spirituel ; Présentation et importance de l’islam)
Parmi les « actes que les sages s’accordent à qualifier de nuisibles (ou mauvais) », on trouve « le refus du service militaire destiné à élever la parole de Dieu (Taallah) », c’est-à-dire le refus du Djihad (idem).
« Si (le musulman) renie certains principes des croyances essentielles, qu’il en doute, rejette un devoir ou un interdit unanimement reconnu ou renie un seul mot du Coran, il sort de la religion, il est considéré comme un renégat auquel on enlève la nationalité islamique. L’apostasie est le plus grand crime en Islam, elle est comparable à la grande trahison dans le droit contemporain. » (idem)
Un long chapitre est consacré à la présentation de la Sunna, appelée par les musulmans plumitifs « législation musulmane ». Voici quelques précisions intéressantes :
« C. Elle (la Sunna) précise les globalités du Coran : tel que le hadith déterminant la partie de la main du voleur, qui précise la globalité du verset « Le voleur et la voleuse, à tous deux coupez la main. » (Sourate Al Madaih, verset 38)
E. La Sounna peut légiférer sur un point que le Coran n’a pas mentionné tel que la lapidation de l’adultérin marié. » (Espace spirituel ; La sounna, fondements et importances ; 6. Positionnement de la Sounna ; 3. Place de la Sounna selon les réglementations qu’elle légifère ; 2. La Sounna peut expliquer le Coran)
Dans cette présentation de la « législation musulmane », il est affirmé avec vigueur que « Allah rend obligatoire l’obéissance au prophète. Il la décréta équivalente à la sienne. Il ne laissa aucun choix aux croyants et aux croyantes concernant ses jugements. » La non obéissance à cette Sunna est sanctionnée des « feux de l’enfer », selon ces musulmans conflanais, qui mettent en garde leurs lecteurs : « En tant que mode de vie, l’Islam est parfait et complet. Il aborde tous les aspects de la vie. Mais malheureusement, de nos jours, certains musulmans se disant « modernes » ou « libéraux » choisissent de renier la Sounna, en adaptant l’Islam et en l’interprétant à leur façon. » (Espace spirituel ; La sounna, fondements et importances ; 8. Importance de suivre la Sounna)
« En tant que musulmans, nous savons que lorsque Dieu ou son messager décrète quelque chose c’est pour notre bien même si nous n’arrivons pas à le réaliser, surtout dans le contexte actuel, où il y a de nombreuses différences entre nos principes et ceux du monde dans lequel nous vivons, particulièrement en Occident. » (Espace spirtuel ; La sounna, fondements et importances ; 8. Importance de suivre la Sounna ; 1. Devons nous obligatoirement suivre la Sounna ?)
A la lecture de la doctrine qu’affichent les musulmans de « La plume », il semble qu’il s’agirait d’islamistes d’après la définition même du Conseil de l’Europe, « l’islamisme est une façon de concevoir l’islam non seulement comme une religion mais aussi comme un code de conduite social, juridique et politique. L’islamisme peut être violent ou pacifique et modéré, mais en aucun cas il ne reconnaît la séparation de la religion et de l’Etat, grand principe des sociétés démocratiques et pluralistes. » (Résolution 1743, article 2)
L’islam « plumitif » se donne ouvertement comme « un code de conduite social, juridique et politique », auquel il faut obéir aveuglement, sous peine de commettre une « grande trahison », de perdre « la nationalité islamique » et de « brûler en enfer ». Ce thème fanatique semble tenir à cœur aux membres de l’association « La plume – Conflans », d’après le contenu de la sourate du Coran à laquelle le nom de leur groupement renvoie. Cela sonne poétique, « la plume » ? C’est léger, c’est éthéré, c’est innocent, n’est-ce pas ? Cela sonne mieux que « Dies irae » (jour de colère), comme ce groupuscule catholique intégriste infiltré par France télévision. On pense à des hirondelles, à des colombes de la paix. Pourtant, la sourate no. 68, la Plume (ou Le Calame, ou encore « Nûn ») est loin d’être un poème de Verlaine, c’est une imprécation digne du pire des inquisiteurs. C’est une des plus virulentes contre ceux qui n’obéissent pas aveuglément à Mahomet.
Cette menace des « peines de l’enfer » constitue un authentique harcèlement moral, et pourrait être vue comme une véritable incitation à enfreindre les lois de la République, si celles-ci sont incompatibles avec la « législation musulmane ». Comme telle, elle tombe sous le coup de la loi de 1905, article 35 « Si un discours prononcé ou un écrit affiché ou distribué publiquement dans les lieux où s’exerce le culte, contient une provocation directe à résister à l’exécution des lois ou aux actes légaux de l’autorité publique, ou s’il tend à soulever ou à armer une partie des citoyens contre les autres, le ministre du culte qui s’en sera rendu coupable sera puni d’un emprisonnement de trois mois à deux ans, sans préjudice des peines de la complicité, dans le cas où la provocation aurait été suivie d’une sédition, révolte ou guerre civile. »
Sans vouloir donner des leçons de laïcité à un maire de la République, il serait bon de se rappeler que la loi de 1905 ne traite pas seulement du financement des lieux de culte, mais également de ce que l’on y enseigne.
Au contraire de ce que M. Esnol affirme dans sa lettre aux Conflanais de juin 2010, l’Etat n’est pas neutre à l’égard de religions, il veille à ce qu’elle ne dépassent pas les bornes de la loi et ne se transforment en idéologies politiques séditieuses, comme l’islamisme, dont l’existence est indéniable.
Si M. Esnol souhaite réellement, comme il le claironne sur tous les toits, que les femmes ne soient pas contraintes, ou du moins fortement incitées, à se voiler intégralement ou partiellement, il serait bon de vérifier si les « plumitifs » n’ont pas l’intention de rendre extrêmement pieux non seulement tous les musulmans de la ville, mais aussi ses vœux. Car le site de la Plume est jalonné de photos de fillettes extrêmement jeunes, certes souriantes, mais voilées avec rigueur.
Radu Stoenescu
www.philo-conseil.fr
(1) [http://www.laplume-conflans.fr/->http://www.laplume-conflans.fr/]
(2) [http://adlconflans78.over-blog.com/->http://adlconflans78.over-blog.com/]
(3) [http://assembly.coe.int/Mainf.asp?link=/Documents/AdoptedText/ta10/FRES1743.htm->http://assembly.coe.int/Mainf.asp?link=/Documents/AdoptedText/ta10/FRES1743.htm]

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