Le mariage homosexuel ? Un contresens !

Publié le 14 juin 2011 - par - 2 101 vues

Voilà relancée la question du mariage homosexuel. Au delà de la manip politique – l’UMP cherche à se faire bien voir de la communauté homo – ce mariage- a- t il raison d’être ? Il y a une antinomie certaine entre mariage et homosexualité. Le mariage renvoie à une institution millénaire, basée sur l’hétérosexualité, la monogamie et la reproduction. Il s’inscrit dans une civilisation dont il fonde la perpétuation et se fonde sur un contrat bien déterminé.

L’homosexualité est une choix ou une pratique sexuelle, longtemps stigmatisée, qui se situe en marge de ce contrat et dans un courant de société relativement récent, marqué aussi par l’association de l’amour et du mariage. Longtemps le mariage n’avait que faire de l’amour, c’était un contrat entre deux familles. L’inclusion de l’amour dans le mariage ne contrevient pas à l’esprit de ce contrat. Par contre l’homosexualité se situe en dehors de ses cadres : elle n’implique ni la procréation, ni la cohabitation, ni la fidélité. Pour autant les homo ont droit à accéder aux mêmes droits que les hétéro. Mais pas sous la même forme. Quand nous avons conçu le PACS – j’étais parmi les initiatrices de cette idée – dès les années 80, cela n’avait rien à voir avec le mariage. Il s’agissait de créer un autre type de contrat que le mariage entre personnes qui ne voulaient pas se marier, mais qui souhaitaient établir un lien d’un autre type. Je dis bien personnes, pas forcément homo. Le projet pouvait concerner des ami/es, des personnes âgées… renvoyées à une certaine solitude et qui trouveraient dans le PACS une forme de solidarité matérielle et affective. Le propos était de susciter et de reconnaître d’autres liens que ceux du mariage, de retisser du lien social, comme on dit et d’alléger par le biais, le budget de la Sécurité sociale. Le médicament sert souvent de palliatif à la solitude. La question du sexe n’était pas du tout centrale dans le projet du PACS. C’était un contrat d’un autre type que le mariage, qui répondait à une demande et qui élargissait les possibilités d’alliances entre les gens.

Ce n’est pas un hasard si notre projet n’a pas suscité l’adhésion de l’ensemble de la communauté homo, qui visait plutôt le mariage . Pas plus que ce n’est un hasard si sur l’ensemble des pacsés, seulement 5% des homos y recourent. La revendication du mariage homo se situe dans cette manie contemporaine de l’égalité, ou plutôt, comme dirait Murray, de l’égalitisme. Tout le monde, il est égal, tout le monde il a droit aux mêmes droits, sous la même forme. On a longuement analysé dans nos colonnes les méfaits de cette manie, en matière d’identité, d’immigration et de diversité.
Revendiquer le mariage homo, c’est tomber dans un contresens. Le mariage a son histoire, sa légitimité et ses spécificités. Symboliquement il se situe sur un autre registre que l’homosexualité. Que les homos aient droit à une reconnaissance, c’est désormais évident Le PACS est là pour la réaliser. C’est la diversité des contrats d’alliance qui est à préserver, qui en fait la richesse, pas l’alignement de tous sur le même contrat.

Au fond, si le mariage homo réalisait le rêve des homos de devenir des hétéros comme les autres ?

Anne Zelensky

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