Le Maroc empêche l’intégration des immigrants musulmans en Espagne

Publié le 29 août 2011 - par - 1 344 vues
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 L’article de Soeren Kern, rédacteur à la Hudson-New-York, dévoile un rapport du National Intelligence Centre espagnol sur la manière dont le Maroc empiète sur la souveraineté de l’Espagne. Cela se passe également en France et à une plus forte échelle. Aucun de nos dirigeants ne semble s’inquiéter de l’intrusion d’états d’Afrique du Nord qui encadrent leurs immigrants en faisant fi de notre culture, de nos valeurs, de nos institutions  et de notre souveraineté. Il est fort regrettable que des études sur ce sujet, qui sont certainement disponibles, ne soient pas rendues publiques dans notre pays sous prétexte de diffamation des immigrés musulmans et aussi de protection de nos marchés … Il est d’autant plus regrettable que toutes les informations dont nous disposons soient diffusées par des institutions non-gouvernementales aux États-Unis et nous nous  trouvions ainsi « emprunteurs » de ces informations et données, en raison de  leur occultation en France par le gouvernement et  les médias.  

Le gouvernement marocain met en œuvre d’une façon agressive « une stratégie à grande échelle » pour exercer son contrôle sur les croyances religieuses et culturelles et les pratiques d’environ un million d’immigrants marocains qui résident en Espagne.

La stratégie comporte l’établissement d’une société parallèle musulmane en Espagne. Son but est de dissuader les Marocains de s’intégrer dans leur pays d’accueil et de les encourager plutôt à vivre un style de vie islamique à l’écart de la société espagnole. 

Rabat finance aussi la construction de centaines de mosquées en Espagne dont les imams sont directement appointés par le gouvernement marocain. De plus, cet État d’Afrique du Nord tente d’imposer l’instruction religieuse musulmane dans les écoles publiques espagnoles et pousse les familles marocaines à retirer leurs enfants des écoles qui refusent de répondre à cette demande.

Les observations font partie d’une fuite d’un récent rapport secret préparé par le National Intelligence Centre (CNI) dont des extraits ont été publiés par le journal madrilène El-Païs.

Le document du CNI dit : « Conçu et développé par le régime [marocain], l’objectif est d’étendre son influence et d’augmenter son contrôle sur les colonies marocaines [en Espagne] par le moyen de la religion. »

Le document du CNI poursuit : Rabat « a comme principal objectif le contrôle sur sa colonie [d’un  million d’immigrants marocains en Espagne] pour détecter les mouvements d’opposition au régime et prévenir l’émergence de courants islamiques qui s’écartent du courant dominant » au Maroc, pays qui pratique l’islam selon l’école mâlikite (1) 

Le « principal outil de contrôle » de Rabat est la Spanish Federation of Islamic Religious Entities [FEERI] dont le président, Mohammad Hamed Ali, est un résident de la ville de Ceuta [enclave espagnole en Afrique du Nord] qui propose de « transmettre » la ville au Maroc,  selon le CNI.

La FEERI distribue ses fonds « non seulement parmi ses membres mais aussi parmi les associations qui sont disposées à recevoir les instructions de Rabat ». Dans la région de Catalogne au nord-est de l’Espagne, où quelque 235.000 immigrants marocains se sont installés, le bénéficiaire principal des subsides marocains est le Conseil Culturel  Islamique de Catalogne. 

« Les fonds fournis par le Maroc aux communautés musulmanes en Espagne atteignent un montant vraiment considérable » selon le CNI.

En plus de la FEERI, Rabat supervise aussi les croyances religieuses des immigrants marocains « à travers son ambassade et ses consulats, leurs personnels et la Fondation Hassan II » qui est présidée par la Princesse Laila Meryem, sœur du roi Mohammad VI.

La Fondation Hassan II, dont le budget n’est pas soumis à la supervision du parlement marocain, finance des cours de langue arabe et de culture islamique dans  plus de 100 écoles publiques à travers l’Espagne où la majorité des étudiants sont des immigrants marocains. Le CNI dit que les cours dissuadent la jeunesse musulmane de s’intégrer dans la société espagnole. « Ces [cours] sont un outil pour enseigner aux enfants des immigrants marocains comment être citoyens  marocains  et non pas citoyens espagnols » selon le CNI.

Les « cours sont donnés exclusivement par des enseignants marocains utilisant les mêmes matériels pédagogiques qu’au Maroc qui sont très différents de ceux utilisés en Espagne. Ces facteurs entraînent la jeunesse marocaine à intérioriser les différences » entre eux-mêmes et leurs hôtes espagnols.

En fin de compte, l’État marocain est de ce fait capable de maintenir le contrôle sur ses citoyens à l’étranger. Par respect des enfants, le contrôle s’exerce à travers l’enseignement de la langue et de la culture officielle de l’État. « Ces cours comportent une instruction religieuse islamique qui est difficile à accepter du point de vue de la configuration de l’enseignement dans notre système éducatif » selon le rapport du CNI.

Un rapport séparé du CNI, au sujet du financement du jihad en Espagne, fournit d’autres exemples sur la manière dont  le gouvernement marocain utilise l’islam pour des fins politiques. Par exemple, en novembre 2008, « le Ministre marocain des Affaires Islamiques a organisé et payé une réunion à Marrakech à laquelle a participé un nombre considérable d’imams et de leaders de communautés islamiques en Espagne » d’après le CNI. 

A cette réunion, le gouvernement marocain a promis de « financer toutes les associations et mosquées qui sont prêtes à se soumettre au contrôle du régime [marocain] et à adhérer à ses instructions. » Le principal intervenant à cette réunion était Mohammad Yâsine Mansouri, chef des Services Secrets marocains (DGED).

Le rapport du CNI déclare aussi : « Le financement a des conséquences négatives sur la coexistence [multiculturelle] en Espagne telles que l’émergence d’une société parallèle et l’émergence de ghettos, des tribunaux et une police islamiques qui opèrent en dehors de la jurisprudence espagnole, pour les filles le retrait des écoles, les mariages forcés etc… »

Il poursuit : « Il y a un contrôle insuffisant des flux financiers impliquant les dons et les aides provenant d’autres pays qui sont canalisés vers la communauté islamique en Espagne. Car la plus grande partie des donateurs utilise des canaux parallèles pour s’assurer que leurs donations échappent au contrôle du système financier régulier de l’Espagne. On devrait rendre les donateurs pleinement conscients des risques associés à un tel financement.

Récemment le Maroc a cosponsorisé un séminaire d’une semaine à Barcelone, intitulé « Les musulmans et les valeurs européennes », durant lequel a été proposé que la construction de grandes mosquées soit « une formule utile » pour combattre le fondamentalisme islamique en Espagne.

Selon Noureddine Ziani, imam marocain résidant à Barcelone :  « Il est plus facile de propager des idées fondamentalistes dans les petites mosquées, installées dans des garages, fréquentées seulement par les membres de la congrégation, que dans de grandes mosquées ouvertes à tout le monde, avec des salles de prières, des cafés et des salles pour réunions.

Ziani dit qu’il est absolument nécessaire d’accepter comme valeurs européennes les valeurs islamiques et, à partir de là, les Européens devraient remplacer le terme « judéo-chrétien » par le terme « islamo-chrétien » quand ils qualifient la civilisation occidentale.

Soeren Kern, 25/08/2011 

Traduit de l’américain par Bernard Dick

http://www.hudson-ny.org/2380/morocco-muslim-immigrants-spain

(1) L’école Malikite est l’une des quatre principales écoles juridiques de l’islam, du nom de son fondateur Mâlik ibn Anas (mort en 795).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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