Le match à trois qui se prépare : Fillon-Macron-Marine

Publié le 23 novembre 2016 - par - 5 commentaires - 956 vues
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macron-se-sauvePour un « spectateur engagé », ( la formule n‘est pas de moi ), mais désormais beaucoup plus spectateur qu’engagé, la vie politique française traverse une période passionnante, avec ces primaires de la droite et du centre et le lancement de la campagne d’Emmanuel Macron.

La participation à ces primaires prouve que les Français s’intéressent toujours passionnément à la politique. Il est vrai qu’ils ont l’impression de choisir le futur Président six mois à l’avance. Tout le  monde le dit. Je n’insiste pas.

On a beaucoup souligné aussi le « plantage » des instituts de sondage. Et pas d’un peu ! Pour le Brexit et pour l’élection de Donald Trump, l’erreur fut de 2 ou 3 points. On était dans la marge normale. Mais là, l’erreur fut de 10 points en faveur de Juppé comme de Sarkozy et de 20 points en défaveur de Fillon. A ce niveau, ce ne sont pas les instituts de sondage qui se trompent, mais plutôt les sondés qui mentent. Ou qui, plus probablement, répondent, de bonne foi, autre chose que le choix qu’ils font finalement. J’imagine ainsi qu’ils font une réponse conforme à ce qu’on attend d’eux ( un « grand » candidat ), mais qu’au dernier moment, ils choisissent le candidat de leur cœur. Et de ce point de vue, Fillon était un très bon candidat, avec cet air à la fois posé et déterminé qui plait tant à l’électorat de la droite traditionnelle.

Deuxième remarque, propre à décourager les militants et les relais départementaux des candidats : leur activisme ne sert pas à grand-chose, car, pour ces élections nationales, tout ou presque se passe à la télé. Je lis les principaux journaux locaux. Sans doute pas de A à Z, donc certaines choses peuvent m’échapper. Mais, en matière de réunion de soutien, je n’y ai vu aucun écho de réunion en faveur de Fillon, malgré le soutien du président du Conseil Départemental, et pas grand-chose en faveur de Juppé. Par contre, j‘ai vu, dans la principale ville de mon département, une très belle réunion en faveur de Sarkozy et une réunion plus modeste en faveur de Bruno Le Maire. Quand aux affiches, je n‘ai vu que du Le Maire en campagne et du Juppé en ville. Pour les résultats qu‘on sait. Que de peine perdue pour les organisateurs de réunions et les militants !

Mais quid de la suite ? Apparemment, à droite, Fillon a tué le match d’emblée. Sarkozy et Le Maire se reportant sur Fillon, Juppé ne pourrait gagner au deuxième tour qu’avec un vote massif d’électeurs de gauche, qui jetterait immédiatement le discrédit sur son élection.

Et à gauche ? Je regardais lundi soir, sur France 3, l’émission consacrée à Emmanuel Macron. En cinquante ans d’observation de la politique française, j’ai rarement vu une émission de cette qualité. Le candidat est exceptionnel, même si, à ce stade, on ne connaît pas les propositions concrètes qu’il mettra sur la table. Propositions dont il ne faut pas exagérer l’importance d’ailleurs, car, si les candidats et leur entourage parlent poliment de « projet contre projet », pour les électeurs, qui n’ont ni le temps ni le goût de lire les programmes et, de plus, n‘y croient guère, c’est évidemment « personnalité contre personnalité ». Ce jeune homme est donc exceptionnel. Mais la prestation de ses soutiens ne l’était pas moins. Son épouse d’abord, et leur histoire hors norme, qui débuta par des cours de théâtre. Et deux pointures de l’intelligentsia et des affaires : Jacques Attali, toujours aussi brillant et moins déconnecté que d’habitude par rapport au sentiment populaire, et le médiaphobique François Henrot, pilier de chez Rothschild et qu’on ne voyait jamais à la télé. Cambadélis a proposé à Macron de revenir disputer la primaire de gauche au lieu de faire cavalier seul. Ce ne sont pas mes affaires, mais l’idée me parait judicieuse. En revenant, il cesserait apparaître comme un diviseur. Et s’il perd cette primaire, il a le temps devant lui, sans porter l’image du trublion. Seul inconvénient, son épouse, avec son humour ravageur, trouve qu’en 2022, elle serait un peu vieille comme candidate Première Dame. On a envie de la rassurer : en 2022, sinon plus, elle sera toujours une potentielle Première Dame très représentative. Et d’ailleurs, perdrait-il cette primaire ? Je n’en crois rien. Il ringardiserait immédiatement Valls et Hollande. Il cantonnerait Martine Aubry dans son rôle de Dame des 35 Heures, entêtée et sectaire. Et comme il serait le symbole d’une gauche éclairée, il soulignerait la romantique incompétence de Montebourg. Quand à Mélenchon, son bagout serait carrément passé de mode.

Le match à trois qui se dessinerait alors, entre Macron, Fillon et Marine Le Pen, s’annoncerait de toute beauté. Vive la politique française !

Eric BURNOUF 

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Notifiez de
HJALLMAR

( suite ) Car, le Front Républicain jouerait comme en 2002, du moins c’est ce que pensent les bien-pensants, surtout avec Juppé..

ésus

En 50 ans d’élections je n’ai jamais été sondé. S’il advenait que l’on m’interroge la réponse est toute prête « demander à mon isoloir ».
Pour voter au printemps 2017, il faudra connaître les postulants et leur programme.On a le temps de réfléchir quel bulletin on déposera dans l’urne.

montecristo

Monsieur Burnouf vous vous régalez sans doute d’assister au match depuis les tribunes, mais nous, nous sommes sur la pelouse … !

angora

macron c’est le mec promigrants qui a dit: il faut doubler le nombre de migrants pour booster l’économie….
c’est le mec qui veut supprimer l’ISF(ça ne me dérange pas) mais en meme temps veut augmenter massivement les droits de succession…. si c’est ça,
autant laisser les choses en l’état. un ptit con, un arriviste.

Moulinas Marcel

Moi je vois très bien un deuxième tour Fillon /Macron.