Le mélenchonien de Libération Pierre Marcelle a la gueule de bois, mais rêve d’une interdiction du FN

Publié le 30 avril 2012 - par - 2 346 vues
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Pierre Marcelle, chroniqueur de Libération, fait partie des journalistes qui exècrent Riposte Laïque, même s’il n’a pas la notoriété des Askolovitch, Joffrin, BHL et Fourest, les plus connus des membres de notre « fan-club »

Il nous a déjà fait de la publicité à deux reprises, ce dont nous l’avions remercié, avec le savoir-vivre qui est le nôtre.

La première fois, indigné que nous ayons mis en ligne une chanson de résistance, il avait commis ces quelques mots :

« A l’heure où se rédigent ces lignes, l’officine Riposte laïque, qui défend la laïcité comme les Le Pen défendent la classe ouvrière, met en ligne sur Youtube une chanson qui «résume son combat» et dont des photos (parmi lesquelles celle de Zemmour en majesté), destinées à faire peur aux petits enfants, illustrent les couplets. Allez y voir (1) et dites-moi de quoi l’on parle, là… »

La deuxième fois, excédé par les polémiques visant les disciples de la religion d’amour, de tolérance et de paix, il avait explosé :

« Noter ici que, hormis la bande à Riposte laïque, officine antivoile et antiminarets qui, sous le patchouli républicaniste, renifle fort des aisselles identitaires et nationalistes, tout le monde semble s’en foutre un peu, du burger halal. Et ça aussi, c’est une bonne nouvelle. Ce qui serait bien, c’est qu’il en aille bientôt de même du foulard de la jeune Ilham Moussaid, candidate vauclusienne du NPA aux prochaines régionales. Ce qui serait bien, c’est qu’on lui foute la paix, à elle, et qu’on se préoccupe un peu de misère sociale. De choses sérieuses, quoi… »

Cette fois, le journaliste de Libération ne nous fait pas l’honneur d’attaquer Riposte Laïque, il nous fait part de ses état d’âme, et de sa gueule de bois au soir du premier tour. Si on comprend bien, Pierre Marcelle, de la même génération que Jean-Luc Mélenchon, et ayant milité dans la même organisation de jeunesse trotskiste que lui, l’OCI, avait frétillé pendant toute la campagne, notamment grâce aux agressions et insultes fréquentes du leader de Parti de gauche contre Marine Le Pen et son parti. Emporté par l’enthousiasme du brillant orateur Méluche, et croyant ses belles histoires, il avait rêvé à la troisième place. Le réveil n’en est que plus douloureux, il nous apprend même que sa gueule de bois est encore plus pénible que celle du 21 avril.

Dans le monde parisianiste de Pierre Marcelle, les choses sont simples. Il y a les gentils de Front de gauche, et les méchants du Front national. Il y a les gentils immigrés, et les méchants patriotes. Il y a les gentils musulmans, et les méchants laïques. Il y a les gentils ouvriers, et les méchants employeurs. Donc, pour lui, avec un tel logiciel de pensée, le gentil Mélenchon, qui parlait des gentils ouvriers et défendait les gentils immigrés et les gentils musulmans, allait faire un ras de marée dans les classes populaires.

Devant le fiasco du 22 avril, il s’interroge, et se demande s’il n’aurait pas fallu ignorer le FN. Mais ces interrogations s’arrêtent là. Celui qui prétend défendre le monde du travail est incapable d’approfondir les questions que Pierre Cassen, développant cinq thèmes, l’Union européenne, l’immigration, l’islamisation, l’insécurité et l’école, a mis en avant, pour expliquer que Mélenchon a laissé le monopole de ces sujets à la seule Marine Le Pen, et qu’il est le principal responsable de la percée du FN.

Pierre Marcelle préfère voire dans le FN l’héritier de Pétain et du « travail-famille-patrie », un parti raciste parce que défendant la préférence nationale, et un suppôt de l’idéologie chrétienne, sans craindre le ridicule quand on sait que Marine Le Pen, divorcée avec trois enfants, vit dans le pêché avec Louis Aliot, et que dans son proche entourage figure nombre d’homosexuels.

Mais la gueule de bois de Pierre Marcelle se transforme en cauchemar quand il découvre que Hollande drague l’électorat de Marine Le Pen dans son propre journal, Libération, et, encore pire, quand il constate que Moscovici trouve des « raisons sociales » pour justifier le vote Front national de nombre d’ouvriers. Pour les réflexes pavloviens du journaliste mélenchonien, cela en est trop. Pour lui, il n’y a aucune excuse à voter FN, ni les délocalisations, ni les bas salaires, ni l’immigration en période de chômage de masse, ni l’islamisation de notre pays, pas davantage l’insécurité… Pour cet homme aiment les choses simples, l’électeur du FN est forcément quelqu’un d’infréquentable, forcément un salaud raciste et d’extrême droite, nostalgique de Pétain et des heures les plus sombres de notre histoire, et il est donc inenvisageable, quand on se dit de gauche, de s’adresser à de tels monstres.

Pierre Marcelle, qui est à la démocratie ce que le Pape est à la contraception, montre son vrai visage, en fin d’article, et se prend à rêver. Puisque plus de 6 millions de Français votent pour les méchants, malgré ce que les gentils de Libération et le gentil Mélenchon leur disent, puisque le Front national ne serait toujours pas compatible avec la République, selon lui, pourquoi ne pas l’interdire ? Son dernier paragraphe commence ainsi : « Reste la question qui va avec : non celle de l’interdiction du FN (inconcevable, paraît-il) mais du combat, etc, etc.

Il y a tout dans ce « parait-il ». Le masque tombe, en écrivant cette phrase, Pierre Marcelle ne fait qu’effleurer cette perspective fantasmée mais aussitôt refoulée, comme un rêve irréalisable. Le non-dit de sa phrase est : et pourquoi ne pourrait-on pas interdire le Front national ?

Jean-Luc Mélenchon était pour l’interdiction du Front national, dans les années 1995, quand celui-ci faisait déjà 15 % à certaines élections. Il espérait, et l’UMP et l’ensemble de la gauche avec lui, que la candidate Marine Le Pen n’ait pas les 500 signatures, lui interdisant ainsi de postuler à la présidentielle. Les militants de Front de gauche ont participé à toutes les manifestations, parfois violentes, contre les réunions démocratiques et les meetings de la candidate frontiste. Certains gauchistes ont dévasté des salles, restaurants ou locaux qui avaient, simplement pour des raisons commerciales, accepté de l’accueillir. Sur les marchés, des militants de Front de gauche ont multiplié les provocations, et parfois les agressions, pour interdire la présence de Marine Le Pen, ou celle de ses militants.

En affirmant que même à 18 % des voix, le FN n’était toujours pas un parti républicain (alors qu’il a été le seul à dénoncer le communautarisme qui gangrène la République une et indivisible), et en évoquant, même furtivement, sa possible interdiction, Pierre Marcelle montre que, tout comme son candidat, il est dans le plus parfait moule totalitaire, celui dont on fait des Chavez, des Castro, des Ahmadinejab, des Omar el Bechir, tous ces dictateurs contre lesquels Mélenchon et lui n’ont jamais dit un mot.

Une France sans Front national aujourd’hui, demain avec l’interdiction de tous les partis hostiles au peuple, après-demain avec un parti unique, et des camps de rééducation pour les 6 millions d’électeurs du Front national, voilà qui traduirait au mieux la célèbre phrase de Mélenchon : « A l’arrivée, cela sera eux (le FN) ou nous ». La fin justifiant les moyens, la dictature au nom de la lutte contre la prétendue bête immonde, c’est ainsi qu’on éviterait que cela soit « eux »… et qu’on ferait passer la gueule de bois de notre chroniqueur préféré de Libération.

Lucette Jeanpierre

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