Le meurtrier de Mickaël Harpon doit être jugé et condamné !

Publié le 17 octobre 2019 - par - 2 098 vues
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Le meurtrier de Mickaël doit être jugé et condamné !

Par Aristide MENGUO

Présentation de l’auteur, par Leïla Adjaoud (*) :

J’ai fait la connaissance d’Aristide Menguo lorsqu’il s’est engagé en faveur des libertés musulmanes (port du voile, restauration halal, etc.) que, comme on le sait, la France respecte très mal. Nous nous sommes rapidement trouvés des intérêts communs, Aristide recherchant le soutien électoral de la communauté musulmane pour son parti politique, et moi-même souhaitant être aidée pour développer le Mouvement pour l’égalité religieuse et le souvenir des martyrs (MERSM) que je suis en train de créer.

D’origine antillaise, Aristide Menguo est sensibilisé très jeune à l’horreur de l’esclavagisme dont les Européens (et les Français en particulier) se sont rendus coupables, et au droit des descendants d’esclaves à exiger de larges compensations. Une certaine aisance familiale (père avocat, mère médecin) lui permettant de poursuivre ses études à l’université de Paris, il adhère au Collectif des étudiants gauchistes ultra-marins (CEGUM), syndicat étudiant dont il devient rapidement un des principaux dirigeants. Cette activité lui prenant tout son temps, il ne peut malheureusement pas assister aux cours et, en fin d’année, il est recalé à ses examens, preuve évidente du racisme qui sévit dans ce pays.

Heureusement pour lui, il est entre-temps devenu un militant du Parti de l’extrême gauche insoumise (PEGI), où il est apprécié par un élu qui l’embauche comme assistant parlementaire. Il fonde alors une association, le Mouvement antifasciste et anticolonialiste pour le soutien aux migrants et aux minorités racisées (MAASMMR) dont il devient le secrétaire général. Il fait partie aujourd’hui des jeunes espoirs du PEGI et se prépare à une carrière politique qui sera sans nul doute très brillante.

Dans l’article qui suit, il réclame justice pour le meurtre de notre frère Mickaël Harpon.

 (*) Présidente du Directoire du collectif des associations de femmes françaises en niqab (CAFFEN)

Chères et chers camarades antifascistes et anticolonialistes,

Le 3 octobre dernier, un agent administratif à la Direction du renseignement de la préfecture de police de Paris a été abattu comme un chien dans la cour de l’établissement. Accident ? Non, meurtre, et meurtre raciste, qui plus est !

Mickaël Harpon, la victime, avait 45 ans et vivait dans la souffrance. Né en Martinique, il avait sans nul doute subi la discrimination méprisante des Blancs à l’égard des personnes racisées – j’en sais quelque chose, étant moi-même, comme lui, originaire des Antilles et ayant été confronté de ce fait au racisme à l’université, comme l’a rappelé Leïla Adjaoud. Mickaël souffrait en outre d’une surdité partielle qui aurait compliqué la vie sociale de n’importe quel Blanc, mais qui, chez une personne de couleur, devenait un véritable handicap eu égard aux comportements racistes et handicapophobes qui sont, on le sait, fréquents dans la police. Enfin, Mickaël avait épousé une musulmane et s’était lui-même converti à l’islam, ce que les souchiens français islamophobes ne pouvaient lui pardonner.

Pour couronner le tout, non seulement il n’était pas soutenu par sa hiérarchie, mais au contraire celle-ci commençait à lui faire des reproches, alors que depuis des années il avait été très bien noté. Des reproches à quel sujet ? Parce que, par pudeur, il ne sautait pas au cou de ses collègues femmes quand il les rencontrait, ce qui était interprété comme « un signe de radicalisation religieuse » ! Il est clair qu’ici, le racisme se doublait d’islamophobie ! D’ailleurs, eût-il tenté de faire la bibise à ces dames qu’on l’aurait sans doute accusé de harcèlement, voire de viol, comme on le fait habituellement à l’égard des malheureux migrants dans nos rues…

Alors un jour, le 3 octobre dernier, il a « pété les plombs », comme on dit. Il a acheté un couteau et il a tué quatre personnes (celles-ci étaient-elles tout à fait innocentes ?… on s’est bien gardé de se poser la question). Se rendant compte, sans doute, de la gravité de son acte, il a tenté de fuir par la cour d’honneur, et c’est là qu’il s’est trouvé en face de son meurtrier : un jeune « gardien de la paix » (comme ils disent !) stagiaire qui voulait faire du zèle et qui lui a crié « Lâche ton arme ! » Non, mais quelle arrogance, avec ce tutoiement rappelant les pires heures du colonialisme ! Complètement hagard, Mickaël s’est précipité pour s’expliquer, mais l’autre ne lui a laissé aucune chance : une balle dans la poitrine et une autre dans le ventre, Mickaël s’est effondré, blessé à mort.

Qu’on ne vienne pas me parler ici de légitime défense : celle-ci doit, c’est la loi, rester raisonnable par rapport à l’attaque ; et où est le raisonnable quand on répond à un simple couteau par une arme à feu – pourquoi pas un bazooka ? J’ajoute que ce jeune flic aurait pu se contenter de tirer dans les jambes, mais non, il a visé des parties vitales, il a visé pour tuer. Voilà ce qui arrive avec l’armement délirant qu’on laisse entre les mains des « forces de l’ordre », sous la pression de l’extrême droite. Car l’extrême droite, c’est bien connu, aime les armes, regardez aux États-Unis – ce n’est pas l’ignoble Donald Trump qui pourra prétendre le contraire. Et tant qu’on laissera l’extrême droite (les Le Pen, Zemmour et les autres) s’exprimer librement, elle influencera la sphère politique pour armer les flics, et il y aura des « bavures policières ».

Mickaël mort (mais un « nègre », quelle importance ?), il ne pouvait plus se défendre, et il n’y avait plus qu’à lui coller l’étiquette de « terroriste » pour absoudre son meurtrier, ce qui fut fait. C’est ici que j’ai un point de désaccord avec mon amie Leïla Adjaoud (étant entendu que, bien que libre penseur, je respecte totalement sa religion) : elle croit que son Dieu a inspiré l’action de Mickaël contre ses collègues qu’elle qualifie de « mécréants » ; pour moi, ces collègues étaient essentiellement (comme tous les Souchiens) racistes et islamophobes. Surtout, je pense que mettre en avant une éventuelle motivation religieuse est maladroit – la naïveté politique de Leila en est sans doute la cause, et je tâcherai de l’éduquer en ce domaine – car cela fait le jeu de l’extrême droite : cela lui apporte en effet des arguments pour alimenter sa haine raciste et islamophobe qu’elle diffuse hélas librement sans vergogne.

Cela dit, lorsque le PEGI sera au pouvoir, il construira des camps de soins psychiatriques et de rééducation politique pour y envoyer les Le Pen, Zemmour et leurs complices, et on n’en entendra plus parler.

Le Comité central du Mouvement antifasciste et anticolonialiste pour le soutien aux migrants et aux minorités racisées (MAASMMR) s’est réuni la semaine dernière. À l’unanimité, il a décidé d’envoyer une lettre de mise en demeure au président de la République Emmanuel Macron. Nous exigeons :

  • que le meurtrier de Mickaël soit arrêté et mis à la disposition de la justice pour être jugé sous l’inculpation de meurtre raciste, islamophobe et handicapophobe, et condamné comme il se doit ; le MAASMMR se portera, bien entendu, partie civile ;
  • qu’il soit procédé au désarmement total et définitif des forces de police et de gendarmerie ;
  • et qu’enfin le président de la République présente aux minorités racisées les excuses publiques de la France pour ce meurtre particulièrement odieux.

Que M. Macron sache bien que l’ère de la domination blanche touche à sa fin. Fuyant la misère et les guerres dont le colonialisme blanc est seul responsable, les migrants venus du continent africain, toujours plus nombreux, sont en train d’envahir l’Europe. Lorsqu’ils y seront devenus majoritaires, alors sonnera, pour le Blanc arrogant, l’heure de rendre des comptes pour ses crimes contre l’humanité et d’en payer le prix par le sang. Si une partie des femmes blanches est épargnée, ce sera pour assurer la descendance de nos frères en diluant l’hérédité blanche dégénérée dans un métissage salutaire.

À bas les fachos, place à nos frères migrants et vive le Grand Remplacement !

Aristide MENGUO, assistant parlementaire, secrétaire général du Mouvement antifasciste et anticolonialiste pour le soutien aux migrants et aux minorités racisées (MAASMMR)

Octobre 2019

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