Le monde arabe s’enflamme et les islamistes attendent leur heure

Publié le 7 février 2011 - par

C e soulèvement a commencé le 17 décembre 2010 en Tunisie, après des émeutes en Algérie, et depuis 11 jours, l’Egypte se révolte contre le régime autocratique et despotique de Hosni Moubarak.

Des manifestations de soutien se sont également déroulées au Yémen et en Jordanie. Les Etats Unis et l’UE regardent avec inquiétude les événements qui se produisent dans les pays du Maghreb et du Moyen Orient, sans savoir comment cela va se terminer et quelles en seront les conséquences pour l’avenir de cette région et par voie de conséquence pour la stabilité du Monde.

Les dirigeants et les médias occidentaux ont une lecture de ces événements sous un angle restrictif, et la plupart du temps, en fonction de leurs intérêts commerciaux, qui se sont cruciaux, notamment pour leur approvisionnement en gaz et en pétrole.

Le devenir de ces peuples en souffrance ne semble pas la préoccupation principale des pays développés, mais pour faire bonne figure, ils comprennent leur aspiration à la liberté, la démocratie et leur émancipation, sans trop y croire.
Ce qui se joue dans le Monde arabe, n’est pas forcément ce que les Pays occidentaux en attendent.

Personne ne peut prévoir ce qu’il pourrait se passer, si les masses arabes se soulevaient vraiment contre leurs dirigeants despotiques, qui pendant des décennies ont été soutenus et financés par les grandes puissances occidentales.
Le Monde libre est remis en cause dans ses certitudes et ses convictions et ne semblent pas comprendre que ces peuples se révoltent contre leurs dirigeants mais aussi contre l’Occident, qu’ils considèrent à tort ou à raison, comme responsables de leur situation de précarité, de pauvreté et de manque de liberté.
Il existe un fossé énorme entre les occidentaux et le monde arabe que l’on le veuille ou non. Nous n’avons pas les mêmes valeurs et les mêmes aspirations.

Ce qui nous différencie de façon irréversible, c’est le rapport entre le temporel et le spirituel. Les masses arabes sont sous l’emprise d’une doctrine l’Islam, qui les empêche de s’émanciper et de rentrer dans le monde moderne.

J’ai trouvé une analyse pertinente d’un écrivain algérien Yasmine Khadra qui s’est exprimé dans la presse espagnole le 4 février 2011 (le quotidien El Pais) qui devrait nous faire réfléchir. Concernant les événements qui ont secoué la Tunisie et l’Egypte, il relativise :
« Il ne s’agit pas de révolutions ». Avant d’agiter la menace islamiste pour ces deux pays : « nous avons commis la même maladresse en Algérie lors de la formidable insurrection d’octobre 1988. N’ayant pas de guides avertis pour nous éviter les nasses de la récupération et parer aux failles de notre inadvertance, nous avons applaudi la proclamation de la démocratie et du multipartisme pour déchanter quelques années plus tard sous le tsunami islamiste. Je ne souhaiterais pas que cette catastrophe s’opère en Tunisie et en Egypte ». Comprendre : l’Occident ne doit pas trop soutenir les révolutions actuelles dans le monde arabe car elles risquent de déboucher sur une prise de pouvoir par les islamistes. »

C’est bien le danger qui guette ces pays qui serait la pire des choses qui pourrait leur arriver et qui reste prévisible tant que l’islam continuera à pervertir et manipuler des masses illettrées et influençables.
L’Islam se nourrit de la pauvreté, de la misère et de la désespérance pour mieux contrôler et asservir ces populations exploitées et martyrisées par des régimes corrompus.

D’ailleurs, l’Iran n’a pas tardé à réagir aux événements qui se produisent en Tunisie, et en Egypte :
« L’Iran salue un soulèvement islamique dans le monde arabe
Le monde arabe connaît un “mouvement de libération islamique” et les Etats-Unis vont subir une “défaite irrémédiable” dans la région, a jugé vendredi Ali Khamenei, “guide suprême” de la Révolution en Iran. S’exprimant publiquement pour la première fois sur les événements qui secouent l’Egypte et la Tunisie, l’ayatollah Khamenei a jugé que la révolution islamique iranienne de 1979 pouvait servir de modèle aux soulèvements en cours. “L’éveil du peuple islamique égyptien est un mouvement de libération islamique et, au nom du gouvernement iranien, je salue le peuple égyptien et le peuple tunisien”, a-t-il lancé aux fidèles réunis à Téhéran pour les prières du vendredi. Ali Khamenei a invité Egyptiens et Tunisiens à se rassembler autour de la religion et contre l’Occident. »

Les dirigeants occidentaux continuent à persister dans l’erreur, en pensant qu’il est possible de changer l’image que les masses arabes ont de l’Occident. Je pense que cette analyse ne résiste pas à la réalité de ce que vivent les populations des pays arabes au quotidien.
Ils sont pour la plupart d’entre eux instrumentalisés par les fondamentalistes musulmans qui tentent de les convaincre que leurs ennemis principaux sont les impies, les chrétiens, les juifs, les athées et les occidentaux.

Nous sommes rentrés dans une ère d’instabilité, aggravée en cela par la crise financière, économique et sociale qui impacte toutes les économies du Monde.
Il est à craindre que les islamistes s’appuient sur cette crise pour avancer de façon inexorable pour poursuivre l’islamisation de leurs congénères où qu’ils se trouvent et nous imposer le califat.
Les occidentaux sont crédules et se sont de nombreuses fois trompés dans les nombreuses tentatives qu’ils ont entreprises pour installer dans les pays à confession musulmane, notre modèle de démocratie (je pense à l’Irak, guerre lamentable aux retombées dramatiques pour cette région, et à l’Afghanistan,)

Tant que nous n’arriverons pas à éradiquer l’islam politique, nous ne parviendrons pas à émanciper ces peuples.
Le 5 février 2010 David Cameron, premier ministre britannique a prononcé un discours très ferme contre l’extrémisme islamique à Munich en appelant l’Europe à ” se réveiller ” et ” à regarder ce qui se passe à l’intérieur de ses frontières ” pour mieux lutter contre le terrorisme et en identifier les racines dans les démocraties occidentales. Il faut, a-t-il dit, pratiquer un ” libéralisme plus ferme “, et rompre avec ” la tolérance passive “.Plus loin dans son discours, il a précisé : Le multiculturalisme tel que l’a pratiqué le Royaume-Uni, a échoué. “Même nos propres concitoyens ont perpétré des actions terroristes”, a-t-il souligné. “Le multiculturalisme a conduit à ce que des communautés vivent isolées les unes des autres. Ces sociétés parallèles ne se développent pas selon nos valeurs. Nous ne leur avons pas donné une vision de ce qu’est notre société”.

Nous sommes effectivement à la croisée des chemins, voulons nous réellement faire reculer l’obscurantisme ou voulons- nous comme des dhimmis, nous en accommoder !!!
Voulons-nous prendre les mesures qui s’imposent pour que l’islamisme radical recule partout dans le monde et notamment dans les pays arabes où voulons-nous continuer à coopérer avec des régimes corrompus et despotiques qui oppriment leurs peuples et qui attendent leur heure pour se retourner contre l’Occident qu’ils ne supportent pas, car contraire à leurs valeurs qui s’appuient sur l’Islam et ses préceptes.
Les révolutions se sont toujours retournées contre ceux qu’ils les avaient fomentées.

L’histoire est malheureusement là pour nous convaincre de cette réalité. La révolution russe de 1917 s’est terminée par une dictature communiste qui a durée 70 ans. La révolution iranienne ayant conduit à la chute du Shah en 1979 a été confisquée par une dictature islamique dont les iraniens n’arrivent pas à se défaire.

Le monde arabe en ébullition pourrait nous conduire à une troisième guerre mondiale, si cette région devait être profondément déstabilisée.
Pour s’en convaincre, bien que personne ne souhaite que le monde s’embrase, il est important d’avoir la position d’Israël qui se trouve dans une situation des plus délicates et notamment face à la politique diplomatique développée par les Etats Unis pour tenter de maitriser ce qui se passe en Egypte :
« Les autorités israéliennes n’ont pas critiqué ouvertement le président américain, mais ne cachent pas leur crainte de voir les islamistes profiter de la situation. “Je ne pense pas que les Américains comprennent la catastrophe dans laquelle ils plongent le Moyen-Orient”, affirme le député et ex-ministre Benyamin Ben-Eliezer, un ami de longue date de Moubarak. “S’il y avait des élections comme les Américains le veulent, (…) les Frères musulmans remporteraient la moitié des sièges au Parlement”, a-t-il déclaré à la radio de l’armée israélienne. “Ce serait un nouvel islam radical extrémiste au Moyen-Orient.” Il y a une trentaine d’années, le président Jimmy Carter avait appelé un autre allié de Washington, le shah d’Iran, à assouplir sa poigne de fer, avant de voir son régime autocratique renversé par la Révolution islamique. Plus récemment, des élections soutenues par les Etats-Unis ont renforcé le Hezbollah au Liban, le Hamas dans les territoires palestiniens et le camp ultra-conservateur en Iran. “Jimmy Carter restera dans l’histoire américaine comme ‘le président qui a perdu l’Iran'”, a jugé cette semaine l’analyste Aluf Benn dans le quotidien israélien “Haaretz”. “On se souviendra de Barack Obama comme du président qui a ‘perdu’ la Turquie, le Liban et l’Egypte. »

La démocratie ne se décrète pas du jour au lendemain. Il faudra des décennies pour que les pays arabes puissent vivre dans le multipartisme, acceptent des élections réellement libres et s’affranchissent du joug de l’Islam.
Pour conquérir leur liberté, ils devront absolument bannir de la vie publique l’emprise des religieux.

Fabrice LETAILLEUR

Voir son blog :

http://lebloglaicdechamps.over-blog.com/

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