Le pacte Aubry-Guérini : Touche pas à mon pote Nono, et je soutiendrai ma pote Martine !

Publié le 11 juillet 2011 - par - 1 570 vues
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On connaissait le « pacte » Aubry-islamistes (via la Ligue Islamique du Nord filiale de l’UOIF donc des Frères Musulmans), le « pacte » Aubry-DSK dit « pacte de Marrakech » (car c’est au bord des piscines luxueuses de cette ville marocaine que se déciderait la politique française du Parti socialiste), et voilà désormais le pacte « Aubry-Guérini » pour la « primaire » socialiste qui désignera le candidat socialiste à l’élection présidentielle.

Pour le pacte « Aubry-islamistes », je n’y reviens pas, ça a été traité largement par Riposte laïque et des reportages télévisés. A tel point que l’article parodique et humoristique « Les Femmes Françaises en Niqab soutiennent la candidature de Martine Aubry à la primaire socialiste » publié par Riposte Laïque écrit par Leïla Adjaoud a été pris au premier degré par plusieurs lecteurs, tant il était réaliste, et certains de ces lecteurs en ont demandé des comptes à la direction du Parti socialiste.

D’ailleurs Martine Aubry fait profil bas sur ses relations avec l’UOIF Amar Lasfar et les islamistes du Nord. Dans sa déclaration absconse de candidature, elle s’est contentée d’une seule phrase sur la laïcité qui ne mange pas de pain : « Pour moi, la laïcité est une valeur inestimable que nous devons protéger précieusement. » Sans plus de précision. Tout en ne fâchant pas l’électoral islamique, il faut un peu faire oublier les piscines lilloises pour musulmanes et compagnie, et bien sûr Martine Aubry a salué en contrepartie « ceux venus d’ailleurs ».

Les extraterrestres et les barbus en pyjama seront donc satisfaits, d’autant plus que contrairement à ce que révèle à plusieurs reprise la presse locale, Martine Aubry au micro de RMC prétendait que dans la région lilloise, « il n’y pas de burka » et « aucun problème avec l’islam ».

Donc voilà une chose réglée pour Martine Aubry : elle a dans sa poche une bonne partie de l’électorat « venu d’ailleurs ».

Mais la maire de Lille se sentait un peu faible par rapport à l’éléphant Dominique Strauss-Kahn. D’où l’accord dit « de Marrakech » : Dame Brochen et DSK ne se présenteront pas l’un contre l’autre. Autrement dit, le poste de premier ministre avait déjà été négocié. Et comme DSK caracolait en tête des sondages, les rôles semblaient évidents.

Mais voilà : l’affaire du Sofitel de New-York a fichu en l’air ces arrangements entre amis, et a bouleversé la primaire socialiste qui ne devait être qu’un « vote de confirmation ».

Et maintenant passons au pacte Aubry-Guérini.

J’ai déjà eu l’occasion de vous expliquer en long et en large les drôles de pratiques au sein de la « fédé » socialiste des Bouches-du-Rhône alors dirigée par le fameux Jean-Noël Guérini, alias « Nono ».

Le chevalier blanc Arnaud Montebourg en avait fait un rapport accablant : « le système de pression féodal reposant sur l’intimidation et la peur », « les dérives les plus graves dans l’usage de l’argent public », « les pressions et les menaces sur les camarades », les finances publiques utilisées « pour faire pression sur les élus socialistes afin de s’assurer de leur soutien sans faille – pour ne pas dire leur docilité – quand il ne s’agit pas de leur silence », « l’utilisation des moyens publics retirés ou attribués au gré des humeurs arbitraires du président », etc.

Martine Aubry a nié avoir reçu ce rapport… pour ensuite dire qu’il est vide ! Et Nono Guérini a traîné en justice Arnaud Montebourg pour diffamation, lequel a communiqué alors à la justice tous les justificatifs de son rapport. Le procès vient d’être reporté, puisqu’il faut bien que la justice traite les autres affaires des Guérini afin de pouvoir établir la vérité sur les accusations d’Arnaud Montebourg.

Mais comme ça commençait à jaser, Martine Aubry a été obligée de nommer une « commission d’enquête interne » dirigé par Alain Richard (ancien ministre de la Défense de Lionel Jospin) pour enquêter sur la « fédé » des Bouches-du-Rhône. Le rapport de la commission Richard (seulement 27 pages !) est d’une timidité remarquable : il n’y aurait rien de grave, juste quelques légers dysfonctionnements au sein de la « fédé » du 13, invitée à une simple « rénovation ». Aucune accusation précise, et aucune remise en cause de la gestion de Nono Guérini.

Et le Bureau national du Parti socialiste vote ce rapport béni-oui-oui par 26 voix sur 27 ! Le seul opposant est tout naturellement Arnaud Montebourg qui a déclaré : « Je m’inquiète que le Parti socialiste soit solidaire d’élus dont les liens avec le grand banditisme apparaissent ». Ce qui lui vaut une nouvelle menace de procès pour diffamation de la part de Nono Guérini qui, quant à lui, affirme à propos de ce rapport Richard qui l’épargne totalement : « Je suis d’accord à 1000 pour cent » !

C’était couru d’avance : dans un article qui expliquait l’art de l’euphémisme au PS marseillais, je traduisais en bon français une déclaration de Jean-David Ciot, premier secrétaire fédéral par intérim et grand soutien (pour le moment…) de Nono Guérini : « Nous sommes prêts à expérimenter pour que cette fédération devienne un modèle, mais il faudra penser à mettre cela en place dans les autres fédérations organisées elles aussi autour de grands élus. » Ce qui voulait dire en bon français : Martine, si tu nous saques, tu pourras aller te faire voir pour les primaires, parce qu’on est une grosse « fédé » qui pèse lourd dans le scrutin, et on pourrait tout balancer ce qu’on sait sur tes fédérations du Nord et du Pas-de-Calais.

Le jeu du « je te tiens, tu me tiens par la barbichette » entre Martine Aubry et Nono Guérini était donc inévitable : aucune « sanction » pour les pratiques maffieuses au sein de la fédération des Bouches-du-Rhône, et dès le lendemain du vote du rapport mielleux par le Bureau national, Jean-Noël Guérini apporte son soutien à la candidature de Martine Aubry pour la primaire socialiste.

Bref, Aubry « tient » le Bureau national, Guérini « tient » sa « fédé », et Guérini « tient » Aubry qui « tient » les grosses fédérations socialistes. Pour cette primaire, on sent qu’il va y avoir encore de nombreux votants « spontanés » dans les quartiers nord de Marseille…

Toute cette tempête dans un verre de pastis a tout de même laissé des traces à la « fédé » du 13. Patrick Mennucci et Jean-Noël Guérini, « concurrents » pour la mairie de Marseille en, 2014, se sont mutuellement menacés de « balancer » des infos l’un sur l’autre via des interviews à France 3 régional, LCM et La Provence. Et finalement ils n’ont rien « balancé » du tout puisque ça aurait été un jeu à somme nulle.

Plus cocasse encore, on apprend que deux élus socialistes, la sénatrice Samia Ghali et le député Henri Jibrayel viennent de déposer plainte l’un contre l’autre à cause de propos échangés lors de la « gay pride »marseillaise, comme le rapporte par exemple le quotidien « 20 Minutes ».

Cela paraît bien anecdotique, mais ces échanges amers sont la conséquence directe de querelles de clans au sein du PS marseillais.

En effet, Henri Jibrayel est accusé par les « guérinistes » d’être la taupe qui aurait « balancé » des infos à Arnaud Montebourg et à la presse, alors que Samia Ghali (dont le mari est mis en examen pour les affaires de subventions bidon par la Région) et Sylvie Andrieux (également mise en examen dans la même affaire et reniée par le président de région Michel Vauzelle) soutiennent à fond Nono Guérini.

Il faut aussi dire qu’Henri Jibrayel est le père de Sébastien Jibrayel, et le papa essaie de caser le fiston pour les élections à venir… dans le fief de Samia Ghali, dans les quartiers nord. Il est d’ailleurs curieux de constater que Sébastien Jibrayel dirige une « section » socialiste marseillaise à 20 km de chez lui…

En effet, rappelons comme nous l’avions déjà signalé que tout ce beau monde (Samia Ghali, son mari, Sylvie Andrieux et les Jibrayel) habitent dans des quartiers luxueux du sud de Marseille, et sont élus ou prétendants à l’élection dans les circonscriptions dans les quartiers nord islamisés, à des kilomètres de leurs domiciles !

Pour les connaisseurs de Marseille, et comme l’a révélé le quotidien « La Provence », Samia Ghali et son mari habitent entre Périer et le Roucas Blanc, les Jibrayel père et fils à Bonneveille, et Sylvie Andrieux dans la superbe « villa Andrieux » sur la corniche d’Endoume, dont elle dit pudiquement : « De ma maison à Malmousque, je vois la mer, ce qui répond à mon besoin d’infini. »

« Besoin d’infini », querelles de clans qui se réconcilient à la moindre menace externe, et résidences luxueuses bien loin de leurs électeurs des « quartiers populaires », que c’est beau le « vivre-ensemble » à Marseille, surtout chez les socialistes… Et ça n’a pas l’air de gêner Martine Aubry et ses « valeurs », du moment que tout ce bon monde fera voter pour elle à la primaire socialiste.

Sinon que les enquêtes judiciaires sur les pratiques des frères Guérini et du Conseil général à Marseille pourraient faire du soutien de Nono à Martine un beau cadeau empoisonné. Wait and see…

Roger Heurtebise

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