Le paganisme sauvera l’Europe

Publié le 2 janvier 2018 - par - 5 commentaires - 1 090 vues
Share

Né dans une famille russo-géorgienne mi-orthodoxe mi-protestante, élevé en France dans l’école catholique jusqu’au bac, j’ai récemment décidé de suivre la voie de l’empereur Julien et de revenir à la Tradition (la seule qui mérite un « T » majuscule). Après bien des années de recherche et de cheminement, je suis amené à voir dans le paganisme non plus un tissu de vieilleries superstitieuses heureusement vaincues par le génie du christianisme (comme on a pu me l’inculquer dans la très sainte et onéreuse école privée) mais une authentique voie spirituelle capable non seulement de nous reconnecter au sacré mais aussi, par conséquent, de rendre son éclat à l’Europe. Dans mon précédent billet, j’ai tenté de démontré en quoi le christianisme était incompatible avec le patriotisme.

Ce qui m’a occasionné le plus de questionnements dans le judéo-christianisme, c’est les conséquences politiques d’une telle idéologie : l’idée d’une religion dominatrice, exclusive et universelle, seule vraie voie qui devrait rayonner parmi toutes les Nations. Si tous les peuples ont la même âme, où est dès lors leur particularité? Et quelle pertinence aurions-nous à défendre des traditions qui se sont imposées par la force sur les ruines d’autres traditions?

Le christianisme a façonné l’Europe durant quinze siècles. Cette religion aura donc toujours une place particulière dans nos cœurs, nos esprits et notre culture. J’assume avec fierté ma culture et mon éducation chrétiennes. Cependant, culture et spiritualité sont deux. Si la bannière de la croix fut jadis l’étendard de notre grandeur, elle est aujourd’hui en berne et ses zélateurs (Pape, cardinaux, chrétiens de gauche et autres) apparaissent moins comme des chevaliers servants de l’Europe que comme ses fossoyeurs. « Vous oubliez qu’il y a aussi des chrétiens tradis« , me dira-t-on. Certes, ils sont là. Mais quel est leur poids politique, médiatique ou même religieux? Leur nombre ne dépasse pas quelques milliers et leur influence est proche du néant sidéral, quand ils ne sont pas moqués et assimilés à de la bigoterie, ce qui les discrédite davantage. En outre, on peut se demander si le traditionalisme (rêvant de Croisades et de monarchie) est bien meilleure que les cathos de gauche. Si l’on combat l’islamisme et ses fatwas, ce n’est pas pour les remplacer par l’index et les imprimaturs d’une société où l’on devrait s’abstenir de consommer de la viande le vendredi et saluer d’une révérence chaque militaire ou ecclésiastique croisé dans la rue. Et puis, confier le pouvoir absolu à l’arrière-petit-fils de Franco, non merci.

Alors, que faire? Il nous reste l’athéisme. Une personne peut être athée, pas un peuple. Aucune civilisation ne s’est bâtie sur le vide spirituel. L’être humain a besoin de croire, de rêver et d’être transcendé par quelque chose ou quelqu’un de supérieur qui, s’il s’efface, laisse place à la médiocrité routinière.

Le paganisme antique offrait à chaque peuple une religion poliade, nationale, exclusive à un peuple donné. Loin des fantasmes universalistes et messianiques qui ressemblent à s’y méprendre au mondialisme. C’est le génie païen qui a façonné le Parthénon, les pyramides et tant d’autres merveilles de l’art ainsi que le théâtre, la philosophie et le sport.

Le retour à l’ancestrale voie païenne semble dès lors un moteur spirituel plus viable que celui – lassé et suranné – d’un christianisme ethnomasochiste à bout de souffle ou d’un nihilisme athée. Lorsque l’on évoque le paganisme, nos amis chrétiens et athées rient sous cape : les premiers y voient l’expression d’un satanisme dont leur dogme (seule Vérité au monde) aurait débarrassé l’Europe au Vème siècle. Les seconds considèrent le paganisme comme une méprisable superstition folklorique aussi arriérée que les autres religions.

Qu’on se le dise : il ne s’agit pas de se déguiser en druides et de prier Toutatis ou Wotan en mangeant du sanglier. Le paganisme européen doit être celui auquel croyaient Evola et Venner. Une spiritualité naturelle accordant sa juste place à l’Homme et aux éléments naturels. Le monothéisme a séparé l’homme de la nature. L’athéisme les a opposés. Le paganisme doit les réconcilier.

Singer les anciens cultes gréco-romains ou celto-germains n’est pas le but. Cela nous enfermerait dans le même carcan traditionnel que nous dénonçons chez les monothéistes. Il s’agit avant tout d’imiter l’esprit de ces temps antiques sans en reprendre nécessairement les rituels et le panthéon.

Or, qu’est-ce que l’esprit païen?

L’adogmatisme. En effet, le paganisme n’est pas une religion immuable et rigide mais un ensemble de spiritualités (non-révélées) qui sont là pour maintenir l’unité du tissu socio-ethnique et qui peuvent par conséquent évoluer au fil du temps. On reprocha aux païens l’extrême ritualité de leur culte qui serait dénué de spiritualité. Rien n’est plus faux. Même la religion romaine, ritualiste s’il en est, accordait un sens philosophique à ces gestes rituels qui semblaient mécaniques et irréfléchis aux monothéistes. Les anciens cultes furent biens moins dogmatiques que ne le sont le christianisme et l’islam.

Le non-dualisme. Les monothéistes ont mis un point d’honneur à instaurer une barrière infranchissable et verticale entre les « pauvres créatures » d’ici-bas et le divin inaccessible. Alors que les païens pensaient faire partie d’un Tout harmonieux comprenant hommes et dieux. La Mâat égyptienne est l’exemple même de cette harmonie qui régit tout et dont l’humain et le divin sont deux expressions différentes mais complémentaires. Ainsi, l’Homme n’est pas hors mais dans la nature dont il n’est plus seulement un contemplateur craintif mais pleinement acteur.

L’ethnicisme. Pourquoi défendre la France si nous faisons tous partie d’un même royaume universel? Un païen ne se posera même pas la question et donnera volontiers sa vie pour sa terre ancestrale, loin des atermoiements universalistes. Le païen pense les dieux avant tout comme des divinités culturelles propres à son pays, contrairement à l’universalisme monothéiste. Ainsi, Grecs, Romains, Celtes et Germains avaient des religions nationales exclusives à eux. Il ne viendrait jamais à un Grec l’idée de faire la guerre aux Germains pour les inciter à adorer Zeus et à s’helléniser. Ce qui n’empêchait nullement l’idée d’une conscience humaine universelle. Ainsi, les Romaisn voyaient en Zeus l’expression hellénisée de leur Jupiter et en Balder la variante germanique de leur Apollon.

L’individualisme positif. Le paganisme considère que l’homme est là pour agir ici et maintenant, et que les dieux ne sont pas des matons ou des concierges mais des adjuvants et des enseignants. L’une des raisons de la passivité des Occidentaux se trouve dans leur conception providentialiste : on attend une Pucelle envoyée par le Ciel pour délivrer la France. Dans les spiritualités païennes, agir et s’accomplir ne sont pas des actes de défi envers le divin mais au contraire un honneur qu’on lui rend. C’est plutôt l’attentisme béat qui serait vu comme un péché. L’individu n’est pas non plus un gros mot. Si le collectif prime, c’est par les individus audacieux et prométhéens qu’il est perpétué.

L’adogmatisme, le non-dualisme, l’ethnicisme et l’individualisme positif, voilà les quatre piliers de l’esprit païen tels que le concevaient Evola et Venner qui avaient compris l’urgence spirituelle pour l’Europe de retrouver l’étincelle de son génie passé et d’allumer le flambeau du futur.

Nicolas Kirkitadze

Print Friendly, PDF & Email
Share

5 réponses à “Le paganisme sauvera l’Europe”

  1. Opus dit :

    Nicolas, je vous aime.

  2. Déséquilibré dit :

    L’ethnicisme ou la tolérance supposément inhérents au paganisme est à nuancer.
    Les légions de César tuaient les druides, comme ceux d’Agricola à Anglesey plus tard.
    Et les romains imposaient le culte impérial systématiquement.
    De plus ils absorbaient librement des cultes étrangers (grec, celte, orientaux) minant ainsi la cohésion nationale.
    2 des 3 grands cultes à la fin de l’empire, le mithraisme et le christianisme, étaient d’origine étrangère.
    Pour l’odinisme, je me contenterai de rappeler que ses pratiquants n’ont jamais rien produit de significatif, vendaient des européens en esclavage aux musulmans, et se « mélangeaient » volontiers aux écossais, britons, saxons ou irlandais, et perdaient pied assez aisément durant les batailles, préférant les cibles faciles. Ethnicisme à nuancer

  3. Ali à l\'eau dit :

    Beaucoup de bla bla pour dire des sottises, sans Dieu la France ne peut pas se relever, mais elle le fera Saint PIE X l’a annoncé il y a un siècle, plus forte que jamais,
    Le paganisme n’est que du diabolisme, les Pères de l’Eglise l’avaient bien compris, la France en est malade actuellement.

    • Nicolas KIRKITADZE dit :

      « La France en est malade [du paganisme] » dites-vous…
      J’aimerais bien savoir combien de païens il y a dans ce pays et le danger qu’ils peuvent représenter pour le christianisme. Je n’ai vu aucun païen tuer un prêtre aux cris de « Gloire à Odin ! » ni aucun païen faire irruption dans une salle de concert et mitrailler des dizaines de personnes en criant « Par Toutatis ! ». Comme souvent, les cathos ont trois coups de retard et préfèrent (par lâcheté ou par fainéantise ou par ignorance) combattre des ennemis imaginaires ou vaincus depuis longtemps plutôt que de se concentrer sur les véritables défis du temps présent.
      Ce que disait « saint » Pïe X, je n’en sais rien. Ce que je vois, c’est que la France menace de s’effondrer. Il faut agir et non attendre un miracle.

      • citrate dit :

        Est ce que monter protestants catholiques et païens les uns contre les autres, c’est « se concentrer sur les véritables défis du temps présent « ?