Le Paon recasé au CESE : la lutte paie, camarade !

Publié le 3 mai 2015 - par - 8 023 vues
Share

LePaonDire que certaines mauvaises langues reprochent à ce régime de ne pas s’occuper efficacement du chômage ! On ne pourra plus dire cela, à présent, quand on apprend qu’un cas social grave, celui de l’ancien secrétaire général de la CGT, Thierry Le Paon, vient d’être résolu avec succès : il est nommé au Conseil Economique et Social, ce machin qui sert à pondre des rapports inutiles et surtout à payer avec nos sous des inutiles qui deviendront des obligés du pouvoir.

La valeureux Le Paon touchera donc, avec l’argent de nos impôts, la modeste somme de 3.787 euros par mois, ce qui, avec l’indemnité de 30.000 euros qu’il a touchée, de la part du Comité régional de Normandie, à l’occasion de son départ et de sa nomination à la tête de la confédération, devrait l’aider à vivre.

Pourtant, aussi scandaleuse soit cette nomination, Le Paon est un petit joueur, à côté de certains de ses prédecesseurs. Faut-il rappeler que le camarade Chérèque a été recyclé inspecteur général des Affaires sociales, en récompense de ses bons et loyaux services, par ses amis socialistes (ses potes de l’UMP auraient fait de même) pour la modeste somme de 7.257 euros nets par mois, en 2013. Naturellement, cette somme, c’est du net, le malheureux n’aura pas de loyer spécial à débourser, et il pourra disposer de notes de frais conséquentes, à l’image de celles de cette caste qui demande des efforts aux Français, tout en se servant bien sur la Bête.

La charge de travail ne doit pas être accablante, pour Chérèque, puisque le brave homme a le temps, en outre, de présider la fondation Terra Nova, laboratoire d’idées qui explique à la gauche qu’elle doit abandonner les travailleurs et les remplacer par les immigrés, ce qu’elle fait parfaitement bien.

Mais Le Paon pourrait également s’estimer lésé, s’il compare sa situation à celle de l’ancien numéro deux de la CGT, Jean-Christophe Le Duigou, en charge des retraites et des questions économiques jusqu’en 2008. A cette date, avec la bénédiction de Bernard Thibault et de Sarkozy, ce vaillant syndicaliste moderne a réintégré son corps d’origine, le ministère des Finances, avec un titre qui en fera grincer plus d’un : conservateur des hypothèques à Corbeil, avec un salaire de 9.000 euros par mois, et la retraite conséquente qui va avec. Inutile de dire que le patronat adorait ce camarade, qui représentait la CGT dont les employeurs rêvaient…

Que dire de Nicole Notat, ancienne cheftaine de la CFDT, qui s’est rendue célèbre en poignardant l’unité syndicale, en 2003, lors du conflit sur les retraites ? Après son départ de la CFDT précédé d’un discours visant à combattre l’extrême droite, Notat fonde Vigeo, une entreprise de notation sociale et environnementale. Elle a aussi d’autres casquettes : membre du conseil d’orientation du cercle de réflexion En temps réel, ancienne membre de la HALDE, présidente depuis 2011 du club Le Siècle, membre du groupe de réflexion sur l’avenir de l’Europe, médiatrice au sein de la SNCF, membre du conseil d’administration de la Coface, membre du conseil de surveillance du Monde et membre du groupe de travail « Promouvoir et valoriser l’entrepreneuriat responsable ». Elle ne devrait pas avoir trop de mal à finir ses fins de mois, avec autant de jetons de présence, et manifestement, il ne pose aucun problème à cette femme de présider un organisme comme Le Siècle, où se réunissent, tous les mois, les principaux décideurs économiques du pays et les faiseurs d’opinion.

Et après cela, nous avons entendu, ce 1er mai, tous ces bureaucrates syndicaux, qui pour la plupart d’entre eux ne retourneront jamais au boulot, gémir sur la faible participation à leurs manifestations, par ailleurs divisées. Mais le système a raison de choyer ses chefs syndicaux : ils sont favorables à l’Union européenne (Bernard Thibault serait le prochain président de la Confédération Européenne des Syndicats) et à l’immigration, et, bien que les ouvriers votent majoritairement FN, ils passent leur temps, comme on l’a vu pour Fabien Engelmann à la CGT, à traquer les militants patriotes, et à leur faire des procès de Moscou… pour la plus grande joie de Laurence Parisot, ancienne présidente du Medef, qui, elle aussi, réclame davantage d’immigration.

Bien évidemment, pour le plus grand bonheur du régime, ils ont trahi tous les principes laïques, acceptant de porter des revendications musulmanes pour le halal dans les cantines d’entreprise, les salles de prières dans les usines automobiles, et des revendications d’aménagement d’horaires pour le ramadan. Cela rapporte des voix aux élections professionnelles.

Puisque nous évoquions Fabien, il serait injuste de ne pas saluer la remarquable promotion du syndicaliste CFDT d’Arcelor-Mittal Edouard Martin. Ce dernier ne peut plus mettre les pieds dans une usine, depuis qu’il est devenu député européen socialiste, mangeant dans la main de ceux qui ont accepté la fermeture du site de Florange, après avoir promis le contraire aux travailleurs… Mais 12.000 euros par mois net, plus toutes les indemnités qui s’y ajoutent, cela ne se refuse pas.

Je n’aurai pas la cruauté de parler de toutes les délégations de nombre de syndicalistes enseignants, qui profitent de leurs vacations pour ne pas être trop souvent confrontés aux élèves, et aux conséquences de la casse de l’Ecole publique qu’ils ont orchestrée.

A une époque où le chômage de masse atteint des niveaux records, en France, ils osent, ces prétendus syndicalistes qui n’ont travaillé, peu de temps, que dans la fonction publique, se battre pour la régularisation de clandestins et pour une immigration qui balancera des travailleurs concurrentiels aux chômeurs français du secteur privé. Il est donc bien normal que le système, à travers Hollande aujourd’hui, et Sarkozy hier, récompense ses chiens de garde du salariat que furent successivement Notat, Le Duigou, Chérèque et Le Paon, aujourd’hui.

La lutte paie, camarade… surtout pour les bureaucrates syndicaux du système !

Lucette Jeanpierre

Print Friendly, PDF & Email
Share

Les commentaires sont fermés.