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Le Papillon hongrois : film dédié à Viktor Orban

Paris, le 29 Novembre 2018, à 7h30.

Monsieur le Président,

Il y a un an à peine, je découvrais pour la toute première fois, émerveillé, votre somptueuse capitale logée dans le cœur de votre merveilleux pays, la Hongrie. Dans lequel, sans aucune autorisation, j’eus l’immense bonheur de tourner le film « The Hungarian Butterfly » que je vous dédie et confie chaleureusement aujourd’hui.

Comme vous l’avez parfaitement résumé et circonscrit lors de vos nombreux discours, la censure qui s’abat sur l’Europe de l’ouest est sans précédent.
La propagande insidieuse s’est glissée telle une ombre féroce qui sévit dans toutes les sphères et contre-pouvoirs, qui étaient censés jusque-là, nous préserver et nous défendre.

Nos médias sont sous le joug du pouvoir en place, aucune indépendance de la Justice, instrumentalisée à des fins politiques, ni de liberté pour les artistes dissidents.
Ce monde « progressiste » et la modernité maintes fois vantée n’étaient qu’un vulgaire mirage qui a vu naître l’effondrement de la pensée européenne.
En outre, la décadence est officialisée et se voit quotidiennement célébrée, sans que nous puissions désormais la critiquer, au pire la contester, à moins de risquer de très lourdes poursuites judiciaires.
Nombreux sont les intellectuels, penseurs, philosophes et autres artistes qui sont aujourd’hui condamnés par la justice française.

Par ailleurs, notre « Intelligentzia soixante-huitarde fascisante », sentant le vent de la colère tourner et la fin de son règne s’accélérer, prend un soin particulier à vouloir balayer, pour ne pas dire intimider, toute opposition idéologique et ainsi retarder cette échéance pourtant inéluctable…
Celle ci ne cesse de vous diffamer auprès de l’opinion publique française, pour mieux vous salir afin de discréditer votre projet ainsi que votre vision, ô combien légitime en ces temps troubles où l’imposture règne.

Monsieur le Président, je ne suis pas un homme politique, loin de là. Je ne suis qu’un modeste et marginal cinéaste français, fils d’immigrés d’Arménie, dont les grands-parents ont fui le génocide turc en 1915 et dont les parents ont échappé au rideau de fer de l’ex-Union soviétique dans les années 70, afin d’offrir à leurs enfants un avenir plus radieux dans la France, mon pays, qu’on appelait jadis, « Pays des Lumières ».
Toutes ces raisons qui ont amené mes ancêtres à venir en France se détruisent aujourd’hui sous mes yeux.
La FRANCE est devenue méconnaissable.

Lors de votre formidable discours du 28 juillet 2018 à Tusnádfürdő (Băile Tuşnad, en Roumanie), vous affirmiez :
« Les civilisations sont des phénomènes de nature spirituelle. Leurs piliers sont la religion, la création artistique, la recherche et l’esprit d’entreprise. C’est de cela que se nourrit une civilisation. »

Nos « élites françaises » ont consciencieusement détruit la « Chrétienté », méticuleusement démoli « la création artistique », laborieusement abandonné « la recherche » et pernicieusement subordonné « l’esprit d’entreprise ».

Ils ont trahi leur peuple et osent désormais le démantèlement minutieux de l’Histoire, de l’Esprit, de la Race, de l’âme FRANCE.

Rien que je puisse écrire à travers ces modestes lignes ne saurait exposer ce que vous avez incontestablement et si brillamment dévoilé à travers vos nombreuses allocutions.
À l’instar de beaucoup de Français qui souffrent, agonisent et se meurent de voir ce que notre beau pays est devenu dans l’indifférence… Nous voyons, d’ici et à travers votre voix, non pas un retour, mais cet espoir qui dessine un nouvel horizon de valeurs fortes, d’esprit vaillant… et d’âme résolument européenne.

Comme disait un certain Robert Capa :
« Il ne suffit pas d’être doué, il faut aussi… être hongrois ».

Pour d’innombrables raisons, ce film ne sera jamais distribué en France, mais avant tout parce qu’il vous est dédié, à vous Monsieur le Président Viktor Orbán, à votre peuple, à votre magnifique pays et à votre Histoire.

Avec mon plus profond respect.

Gérard Boyadjian (Un Français en exil)