Le paradoxe des élections en Grande Bretagne

Publié le 10 juin 2017 - par - 5 commentaires - 848 vues
Share

Que se passe-t-il en Grande-Bretagne ?  Le pays qui a massivement voté par référendum  pour le Brexit désavoue Theresa May pourtant bien décidée à se montrer ferme dans ses négociations avec l’Union Européenne et la prive de la majorité absolue au Parlement. A l’inverse, le Parti travailliste, hostile au Brexit,  gagne lui, plus de 30 sièges.

La donna e mobile, nous dit Giuseppe Verdi. L’électeur aussi ? Il y a au revirement apparent des électeurs d’autres raisons que la simple légèreté ou inconstance.

L’électorat britannique s’est prononcé en fonction d’autres facteurs que le seul Brexit qui était, bien sûr, l’unique question du référendum.

Meurtrie par les récents attentats, la population britannique a sanctionné  Theresa May  pour les coupes qu’elle avait pratiquées au sein des forces de police, même s’il n’est pas certain que le problème de la sécurité territoriale puisse être réglé par le seul nombre d’effectifs.

Mais c’est surtout la politique d’austérité sociale de Theresa May que les électeurs ont rejetée.  Les problèmes sociaux peuvent être particulièrement aigus, surtout chez les personnes âgées,  effrayées par la politique  de recul social du Premier ministre qui prévoyait d’importantes coupes budgétaires et des suppressions d’aide.  Deux mesures en particulier l’ont rendue  impopulaire: la suppression des aides au chauffage et le projet de la loi baptisée par ses opposants la Dementia Tax – que l’on pourrait traduire par « impôt Alzheimer » –  qui prévoyait de supprimer la prise en charge et le maintien à domicile des personnes âgées. Or, la tranche d’âge qui a voté majoritairement pour le Brexit est celle des seniors. Entre le Brexit et la couverture sociale, les seniors ont choisi.

C’est pour cette même raison  que l’UKIP, champion du Brexit, mais en faveur de mesures sociales, n’a pas soutenu massivement Theresa May.

On peut établir un parallèle chez nous avec l’impopularité des mesures que prévoyait de prendre François Fillon vis-à-vis de la Sécurité Sociale et qui lui ont aussi, en plus des affaires, coûté des voix.

Faut-il y voir également la revanche des opposants au Brexit?  Sans doute. Ainsi, 60% des Londoniens étaient opposés à la sortie de l’Union européenne. C’est donc en toute logique que la ville de Londres  inflige un très  grand revers à Theresa May.  Et comme bien souvent le vote défavorable au Brexit  émane des classes favorisées,  on peut voir certains quartiers huppés comme celui de Kensington  basculer pour la première fois du côté des socialistes. Le paradoxe n’est donc qu’apparent.

Le cas  de Londres dont la majorité des circonscriptions a été remportée lors de ces élections par le Parti travailliste est représentatif de la situation électorale et démographique de la Grande Bretagne. L’une des capitales les plus chères du monde, Londres a des arrondissements très contrastés : d’un côté, des quartiers résidentiels hors d’atteinte du commun des mortels où les propriétés appartiennent à une population jet-setteuse et peu implantée; de l’autre, des quartiers populaires où vit une population qui n’est plus seulement ouvrière mais largement issue de l’immigration, surtout musulmane.  Les deux populations,  pour des raisons foncièrement différentes – mondialisation pour les uns, protection sociale pour les autres – ont rejeté la politique de Theresa May.

Corollaire : la ville de Londres a élu l’année dernière un maire issu du quartier autrefois ouvrier de Tooting,  quartier qui donne traditionnellement ses voix au Parti travailliste, le  socialiste, d’origine pakistanaise et musulman, Sadiq Khan.  Il a été remplacé dans sa circonscription  par une autre députée socialiste, Rosena Alin Khan, non apparentée avec le premier, issue des nouvelles classes défavorisées qui ne se caractérisent plus par la seule appartenance sociale mais aussi ethnique et religieuse. La députée,  fille d’une immigrée polonaise et d’un immigré pakistanais, de religion musulmane comme son père,  mariée à un Gallois converti à l’Islam et élevant ses deux filles dans cette religion, est sans doute tout à fait emblématique de la neo-population londonienne et à terme britannique.

Florence Labbé

Print Friendly, PDF & Email
Share
Notifiez de
belphebor

L’islam c’est comme la vérole si on ne le traite pas tout de suite la maladie se transmet à la descendance. Beurk !

Chantal

LEGISLATIVES : IL FAUT UN GROUPE FN INTERVIEW DE JULIEN SANCHEZ (MAIRE FN DE BAUCAIRE GARD) POUR PRESENT

— Comment va se comporter le front républicain En Marche-LR entre les deux tours ?

lire l’article dans son intégralité : http://www.prechi-precha.fr/legislatives-faut-groupe-fn/

Romanin

Eh bien ma pauvre Chantal, le retour de bâton est douloureux et nous allons boire le calice jusqu’à la lie. Mon délégué régional Dominique Bourse-Provence(3e circo), lors d’une visite pour savoir si j’étais à mon poste, m’a doucement fait rigoler en m’annonçant qu’il croyait encore à un groupe de 15/20. Par respect, je ne vous dirai pas ma pensée intérieure à ce moment-là. Marine doit être satisfaite du résultat et elle a dû entamer un jerk pour fêter ça. Elle pourra gérer la France de Hénin-Beaumont en se rassurant sur sa prestation télévisuelle. Vous allez me trouver limite ignoble, mais… lire la suite

bandemou

Les anglais, leur reine, leurs ghettos, on s’en tape. Toujours du côté des racistes et des américains pour taper sur les arabes et piller leurs ressources naturelles. Quelle différence entre Tatcher, Blair, Cameron et May, tous des défenseurs des ultra riches et justement bons à laisser la misère aux autres.
Le programme de Micron et de sa Trogneux Brigitte.

Jon-Erik Harper

La Grande Bretagne devrait tirer des leçons de leurs laxisme et de l’échec du multiculturalisme. Il faut faire un grand ménage et appliquer la laïcité. La laïcité est un vrai rempart contre toute dérive sectaire religieuse et prosélyte. On est en guerre contre ces extrémistes et paradoxalement, on continue à les accueillir. C’est comme l’état qui lutte contre le tabagisme alors que le tabac est monopole d’état. C’est vraiment n’importe quoi et trop marre de cette hypocrisie. Pour être réélu et par carriérisme, ces politiciens pourris continuent à séduire l’électorat Musulman sans se soucier des assassinats terroristes liés à l’Islam… lire la suite