Le Parti de gauche (PG): un espoir pour faire enfin triompher une République sociale laïque

J’ai été de ceux qui, depuis 2004, espéraient la constitution de ce Parti de Gauche, à l’exemple du Die Linke allemand, regroupant tous les militants de la gauche républicaine laïque, issus du PC, du PS, et des organisations syndicales et autres mouvements associatifs, ayant en commun la volonté de faire échec aux capitalisme mondialisé en vue d’instaurer à terme une société fondée sur la liberté individuelle, l’égalité en droit et la fraternité sociale, donc portant les plus hautes valeurs morales humanistes du concept de laïcité.
C’était en 2004 la volonté clairement exprimée de Jean-Luc Mélenchon, je puis en témoigner, mais il a attendu ( à ma grande impatience) le moment qui lui a paru le plus propice pour sa rupture avec le PS, notamment (et cela se comprend) pour entraîner le plus grand nombre possible de militants du PS dans cette aventure, après que ceux-ci aient enfin compris qu’il n’y avait plus rien à faire avec ce parti pour porter leurs idéaux. C’est donc désormais chose faite, avec le concours enthousiaste de tous ceux qui, comme moi (et ils sont nombreux), avaient quitté le PS depuis les années 90 et d’autres tout au long des décennies suivantes, ayant déjà fait le constat qu’il n’y avait plus rien à tirer de ce parti de supporters à idéologie social-libérale abandonnant les valeurs laïques.
Il était temps.. La décomposition idéologique du PS, mais aussi du PC, permettait une déferlante de cette bien-pensance social-libérale mais aussi celle de la bien-pensance gauchiste antilaïque et antirépublicaine. Les deux participaient à la désagrégation de nos valeurs laïques, républicaines et sociales dans la population.

II y a certainement dans le processus de la constitution de ce Parti de Gauche des aléas inhérents à ce processus. Cela ne se fait pas justement à partir de la fusion d’organisations structurées qui décident d’élaborer une synthèse de leurs objectifs idéologiques et des moyens pour y parvenir, à l’exemple du Die Linke allemand, mais aussi de la SFIO en1905, du PSU en 1960, voire du PS en 1971.
Le seule socle servant à cette constitution est l’association de formation et de débats politiques « Pour une République Sociale » (PRS) crée par Jean-Luc Mélenchon en 2004, très éclectique et qui ne fournit apparemment que moins du tiers des premiers adhérents du PG.
Il s’agit bien véritablement du «surgissement » d’ une organisation politique nouvelle du à un besoin immense ressenti et trop longtemps contenu pour des militants nourris d’idéaux socialistes et républicains, orphelins jusqu-à maintenant de l’organisation politique qui puisse traduire leurs aspirations dans l’action politique. On peut parler ainsi d’une authentique « résurrection virtuelle » d’un parti qui n’existait pas auparavant, mais qui existait justement virtuellement dans la pensée de ces militants. C’est la raison de l’adhésion spontanée de milliers de militants en moins d’un mois et qui continue en ce moment à une vitesse incroyable.
Le corpus idéologique, si il peut être appréhendé assez facilement d’une manière globale, a donc des frontières encore indécises. Pour reprendre une image, ce n’est qu’une pierre brute qu’il sera nécessaire de ciseler et de polir pour obtenir une ligne politique crédible, audible et surtout fiable
C’est pourquoi la constitution de ce PG dans l’année 2009 va être primordiale pour définir les objectifs idéologiques à partir de l’implication de ceux qui vont adhérer, notamment avant le congrès programmatique de l’automne 2009.
Or, justement, en ce qui concerne les valeurs laïques, abandonnées par le PS (rappeler-vous les discours de Ségolène sur le fait qu’elle ne permettra pas d’insulter Dieu et ses références continuelles aux paroles des évangiles, les actions contre la laïcité à Lille de Martine Aubry, et celles de Jack Lang depuis des années en faveur des écoles catholiques), abandonnées également par le PC, au moins de nombre de ses responsables (la collusion de Braouezec et Mouloud Aounit avec Tarik Ramadan n’est plus à rappeler), et valeurs carrément honnies par Besancenot et ses comparses de la LCR , et par de soit-disants alternatifs et écologistes (comme Noël Mamère), sans compter le rejet ou la mise à l’écart partielle de ces valeurs par différentes associations dites laïques (hier MRAP, LDH, aujourd’hui l’UFAL qui défend le voile à l’université, ou la Libre Pensée qui pense qu’il est raciste de s’opposer au voile à l’école), tout au moins par leurs principaux dirigeants en mal de reconnaissance par nos islamo-gauchistes (c’est tellement « tendance » pour eux).
Ces valeurs laïques ne peuvent donc trouver refuge que dans ce PG, mené par Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez depuis le 29 octobre 2008. Ils ont en effet toujours manifesté publiquement et à plusieurs reprises leur attachement à ces valeurs laïques, et ce sont les seuls leaders à gauche qui l’ont fait jusqu’à maintenant avec force. Les militants de la gauche laïques ne peuvent donc se retrouver que dans ce Parti de Gauche.
L’espoir est immense en effet pour beaucoup, et il ne s’agit donc pas de faire la fine bouche, parce que l’un est suspecté ne pas se rendre compte totalement du danger de l’offensive islamiste, et l’autre d’accepter sans cesse des compromis avec les cathos qui se disent faussement de gauche, et encore moins de rester ainsi au bord de la route en regardant passer au loin cette opportunité sans réagir et s’engager.
Ce qui est en train de se passer actuellement est d’ailleurs très éclairant. La compassion de toute la gauche envers les victimes civiles de Gaza a fait et fait descendre dans la rue des milliers de militants de gauche, dont ceux du PG en gestation. Mais beaucoup de ceux-ci se sont vus soudain avec effarement aux cotés d’islamistes pro-Hamas, criant leur haine des juifs (en tant que juifs) et allant jusqu’à faire des prières musulmanes sur la voie publique. Il n’y avait rien eu de mieux pour faire comprendre à beaucoup le danger des islamistes et islamogauchistes dans notre société.
Cela a déclenché dans les réunions du PG, cette semaine, dans de nombreuses villes de France, des prises de positions d’une majorité de militants refusant de se retrouver dans les cortèges, amalgamés avec ce genre d’individus et de cautionner les slogans en faveur du Hamas. Certains refusent de participer désormais à des manifestations qui ne condamnent pas aussi le Hamas, qui est une organisation de nature authentiquement islamonazi, ce que beaucoup ignoraient et continuent d’ignorer, d’où l’effort à faire d’éducation populaire. Cette réaction spontanée chez de nombreux militants du PG en construction est grandement significative et porteuse d’avenir pour prendre en main le combat pour la laïcité. Il ne faut pas décevoir ces militants par une attitude attentiste et chichiteuse qui se retournerait contre les puristes de la laïcité que certains d’entre nous voudraient être.
La laïcité émancipatrice ne peut donc être promue à gauche que par le Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez, et il nous faut porter ce débat au sein du PG, c’est notre devoir.
Le débat qui en découlera sur les critères républicains de la nation (voire article 13 sur la nation sur le site http:// laicite.republique.free.fr) qui ne peut accepter les immigrés qu’à condition qu’ils fasse allégeance officiellement à la République française et à ses valeurs laïques et républicaines et prennent obligatoirement la nationalité française si ils veulent continuer à y vivre, suivra alors naturellement.
Hommes et femmes de gauche en tant que républicains laïques, pour le triomphe des valeurs laïques en son sein et dans la société, rejoignons en masse au plus tot le Parti de Gauche (PG).
Hubert SAGE
Président du Cercle Laïcité et République sociale

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