Le Parti socialiste nomme à la vice-présidente du Sénat une militante musulmane

Publié le 7 novembre 2011 - par - 5 356 vues
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La sénatrice socialiste Bazira Khiari vient d’être nommée vice-présidente du Sénat. Certains y verront sans doute la preuve d’une intégration réussie. Mais, outre le fait qu’elle fut militante du Mrap, quelques questions demeurent. Cette femme, née en Algérie, a-t-elle, à l’instar d’une Malika Sorel, renoncé à sa double nationalité, ou bien est-elle également algérienne ? Dans ce cas, peut-on admettre d’avoir comme vice-présidente du Sénat une personne qui n’a pas uniquement que la nationalité française ? Rappelons que la porte-parole de Ségolène Royal, elle aussi détentrice de la double nationalité, Najat Belkacem, a prêté allégeance au roi du Maroc, dans une instance appelée le Conseil de la Communauté marocaine à l’étranger (CCME). Concernant Bariza Khiari, dans le numéro 194, Jean Pavée s’étonnait de son militantisme en faveur de l’islam, de sa volonté de victimiser les musulmans, et de culpabiliser les occidentaux. Quelques semaines après, un autre lecteur, Pierre Thyde,  relevait qu’elle se prétendait musulmane de tradition soufiste, et y voyait quelques contradictions avec les idéaux de la Répubique. Hamdane Ammar, dans un autre article, s’étonnait, lui, que la sénatrice puisse parler d’un bon islam. Rappelons que la première déclaration de Martine Aubry, au soir de la victoire socialiste au Sénat, fut de réclamer le droit de vote des étrangers. Le fait d’accorder la vice-présidence du Sénat à une femme comme Bariza Khiari montre, mieux que de longs discours, la réalité de la nouvelle civilisation qu’appelle de ses voeux le Parti socialiste, et l’ensemble de la gauche.

Jeanne Bourdillon    

BAZIRA KHIARI, SENATRICE PS AU SERVICE DE L’ISLAM

La sénatrice socialiste Bariza Khiari est une des inspiratrices de la tentative d’honorabilisation de l’islam auprès de l’opinion publique française, entreprise depuis janvier par le magazine Respect Mag, avec le relais précieux du Nouvel Observateur ou du quotidien Libération et de leurs réseaux de lecteurs. Afin d’asséner aux Français l’idée que l’islam serait une religion comme les autres, une campagne de propagande a été initiée à travers trois appels lancés par le journal Respect Mag.

Cela a débuté par un appel intitulé « l’islam bafoué par les terroristes », publié le 12 janvier 2011 dans le quotidien Libération (1) ; il est suivi le 8 mars d’un appel «Musulmans citoyens pour les droits des femmes» (2) ; enfin le 23 mars apparaît l’appel « Non au débat-procès de l’islam » (3). Pour chacune de ces occasions, Respect Mag publie, en soutien aux appels, une contribution personnalisée de Bariza Khiari, sous forme d’article ou d’entretien (4).

Ses nombreuses interventions récentes à propos de l’islam visent, soit à en faire l’éloge, soit à en faciliter la propagation dans la société française, en affirmant le refus de toute critique ou débat sur l’islam. A ce titre, cette membre du PS joue de sa qualité de sénateur pour être un agent actif de l’islam.

Tout d’abord, pour empêcher le développement d’une critique du mahométisme, Mme Khiari utilise le désormais classique doublet victimisation-culpabilisation. Il s’agit de présenter le musulman comme une victime, de plus bouc-émissarisée, afin de mieux culpabiliser tous ceux qui seraient tentés d’émettre des réserves à l’égard de l’islam. Ainsi « nous assistons à la mise en place d’un véritable « racisme d’Etat ». […] Pour continuer à alimenter le climat de peur et de division de la société française, le gouvernement a lancé des fausses polémiques autour de la burqa, des minarets et de la nourriture hallal… » (4). Fausses polémiques, dormez braves gens !

VICTIMISATION DES MUSULMANS

« En France, le musulman est devenu la nouvelle figure de l’Autre. Les petits fils d’immigrés, nés français, sont désignés comme « musulmans » pour mieux les enfermer dans une identité allogène et forcément pathogène », écrivait récemment B. Khiari. (5) Par un extraordinaire renversement des responsabilités, elle accuserait des Français d’être la cause de l’enfermement de musulmans dans une identité islamique. Alors que c’est le propre désir de la très forte majorité des musulmans de s’identifier comme tels, comme l’affirme par exemple Mme Khiari, elle-même, qui évoque régulièrement l’islam comme sa culture ; ou ne fût-ce que par le choix de prénoms musulmans, marqueur si fortement identitaire.

De plus « la figure de l’Autre » est une expression qui renvoie à tous ceux, qui dans l’histoire de l’humanité, ont été victimes de racisme. Il est inacceptable d’utiliser ce genre de phrase si générale et sans nuance, qui laisse entendre que la France serait peuplée majoritairement de racistes. Procédé d’autant plus surprenant de la part de quelqu’un qui a la prétention de dénoncer des amalgames dont seraient victimes les musulmans ! Mais procédé qui se comprend mieux si on perçoit que l’objectif est de culpabiliser tous ceux qui pourraient faire preuve d’esprit critique ; rien de mieux que de lancer un soupçon de racisme, pour réduire au silence un éventuel contradicteur.

D’ailleurs pour cette simplificatrice, et toujours dans la même logique culpabilisatrice, les opposants actuels à l’islam ne sont que les successeurs des racistes d’hier. Mme Khiari, ne comprend pas visiblement, que les laïcards n’en veulent pas aux musulmans qui pratiquent leur culte dans la discrétion et dans le domaine privé ; ils s’opposent aux musulmans qui voudraient exhiber leur culte et leurs idées religieuses au vu de tous les autres citoyens dans le domaine public.

C’est pourquoi les sympathisants de Riposte Laïque ne comprennent pas ce genre d’affirmation telle « [avec] des polémiques autour de la burqa, des minarets et de la nourriture halal. C’était faire injure à ces millions de citoyens qui vivent leur foi en toute discrétion et tranquillité, en parfaite cohérence avec la laïcité. » (5) Car justement si ces millions de citoyens vivent leur foi en toute discrétion, ils ne devraient pas se sentir concernés par la burqa, ils ne devraient pas être attachés à l’existence de minarets alors dépourvus de toutes fonctions.

Or, Bariza Khiari dénonce encore en d’autres occasions, les « fausses polémiques autour de la burqa, des minarets et de la nourriture hallal » (4),(7). Faire le coup de l’injure ou du manque de respect aux musulmans relève d’un raisonnement quelque peu sommaire et semble avoir davantage sa place dans des sociétés qui placent l’honneur au sommet de leurs valeurs, que dans une société comme la nôtre qui privilégie plutôt la rationalité. Cette tentative pour empêcher un débat sur ces légitimes préoccupations ne relèverait-elle donc pas plutôt d’une volonté de permettre à l’islam de s’inscrire dans le paysage français ? En effet la propagation dans les rues de burqas, de niqabs et plus largement de foulards islamiques, de minarets et de publicités vantant le halal servirait de redoutables marqueurs visuels qui seraient donc autant d’instruments de propagande, destinés à habituer les Français à l’emprise de l’islam.

Il est d’ailleurs troublant de constater que même opposés au port de la burqa, ou favorables à ce qu’il n’y ait pas un appel à la prière dans les rues, on trouve extrêmement peu de musulmans favorables à une loi sur la burqa, ou sur l’interdiction des minarets. Aussi Bariza Khiari semble ne pas vouloir gêner l’expansion visuelle de l’islam en France.

CULPABILISATION

Elle débute en prêtant à l’initiateur « du ministère de l’identité nationale et du funeste débat du même nom », le président Sarkozy, un esprit de croisade ; et comme elle précise que ce débat s’est décliné « dans des polémiques autour de la burqa, des minarets et de la nourriture halal », nous pouvons penser qu’elle perçoit en les « polémiqueurs », des croisés. Curieuse analogie, car à l’accoutumée elle est plutôt tenue par des Moyen-Orientaux, qui voient dans chaque intervention occidentale une croisade, tout obsédés qu’ils sont encore par la nostalgie de leur « âge d’or » interrompu par les croisades.

Ces individus critiques de l’islam seraient donc de méchants croisés. D’ailleurs « cette diabolisation de l’islam, ces éructations répétées contre une foi et une spiritualité sont contraires à notre conception de la laïcité et constituent autant d’humiliations. » (5) Outre qu’avec ces « humiliations », Mme Khiari nous refait le coup de l’honneur, elle nous stipule que la laïcité ne permet pas les critiques de la religion. On se demande bien pourquoi les critiques des religions ne seraient pas autorisées dans une société de libre expression. Ne doutons pas qu’elle trouvera à ses côtés tous les partisans de la « laïcité ouverte ». Nous noterons également qu’elle assimile les critiques de l’islam à des rots, ce qui laisse sceptique sur sa conception du débat démocratique.

Un bon moyen de disqualifier les anti-islams consiste à les assimiler sur certains points à des intégristes islamistes, ou tout au moins à les associer dans certaines de ses assertions. Ainsi le débat sur l’identité nationale « alimente l’islamophobie comme l’islamisme. » (7) Ainsi « trop longtemps, les musulmans ont laissé d’autres qu’eux parler en leur nom. Islamophobes et intégristes se sont arrangés pour monopoliser le débat tant ils avaient compris que l’un sans l’autre, ils étaient voués au silence médiatique. » (4) Islamophobes et intégristes se sont arrangés !!?? Oui bien sûr, c’est notoire.

Dans la même veine, lors d’un colloque en 2009, Mme Khiari déclare que « parallèlement à la montée de l’islamisme radical, nous assistons à la montée de l’islamophobie et du racisme. Ces deux mouvements se rejoignent dans nos sociétés […] ôtant à l’islam toute sa composante humaniste » (8). Suit la description d’une France en état de siège : « Dans un contexte où l’on vous arrête au poste-frontière de votre ville, quand ce n’est pas au poste-frontière de votre cité ? Les jeunes des quartiers racontent cette assignation à résidence avec talent. »

Sa pensée victimaire l’amène alors à se demander « comment être tout simplement citoyen dans un contexte où les uns prétendent incarner les Lumières et le principe de la raison sur la foi, et où les autres sont renvoyés aux ténèbres et à l’aveuglement religieux ? » (8) Pourquoi dire que les uns prétendent ? Barza Khiari ne serait-t-elle donc pas sûre que les Français non musulmans incarnent les Lumières ?

Quand elle n’associe pas islamophobie et islamisme, elle joint islamophobie et antisémitisme. Dans une intervention au Sénat, elle déclare que « sur le terrain de la République, islamophobie et antisémitisme sont les deux faces d’une même médaille. Frantz Fanon disait : « Quand vous entendez dire du mal des juifs, dressez l’oreille : on parle de vous. » » (9) ; et nous voilà ramenés à la bonne vieille reductio ad hitlerum.

POUR MAINTENIR LA DIVERSITE, PAS D’INTEGRATION

Nous ne serons pas surpris qu’en tant que membre du PS, Bariza Khiari nous prêche les vertus de la diversité ; elle rend compte avec satisfaction que « ces filières [comme Sciences Po] ont pris conscience que l’endogamie était mortifère et que la diversité représentait un atout » (9). Elle constate ainsi une évolution « où la suspicion porterait moins sur les individus qui seraient, de nature, plus difficiles à intégrer que d’autres, mais sur le système, qui serait, dans son fonctionnement même, discriminant » (9).

Du coup, dans ce souhait de conserver la diversité, l’intégration devient un concept dépassé ; effectivement, si tous les individus s’intégraient, il n’y aurait plus de diversité ; de plus en présentant la République comme un système discriminant, donc non honorable, les nouveaux arrivants n’auront guère d’empressement à adhérer à un système aussi injuste : « Il a fallu plusieurs années de combat politique pour imposer le terme de « diversité » dans l’agenda politique. Autrefois, pour les populations d’origine étrangère, c’était le mot « intégration » qui était d’usage. Ce mot avait, […], quelque chose d’infâmant car il supposait que les personnes visées étaient inégales par rapport aux autres et qu’il relevait de leur responsabilité de prouver, plus que d’autres, qu’elles méritaient leur place dans la société. C’était ramener sur elles seules le possible échec de leur insertion dans la société. » (9). Si l’intégration est infâmante, elle ne peut se conserver ! Comment un sénateur de la République une et indivisible peut-il tenir un tel discours irresponsable ?

MENSONGES OU IGNORANCES

Concernant l’islam, des erreurs sont énoncées ; à moins que nous n’évoquions pas le même islam ; ce que suggère au préalable Bariza Khiari : « « J’ai envie de vous parler d’un islam que vous ne connaissez pas. D’un islam familial, tranquille, plus attaché à l’essence des choses qu’à l’observance des dogmes, un islam fait d’amour, de culture, de poésie, de musique, d’enchantements. » (7) Cet islam familial ne semble pas coïncider avec l’islam de Mahomet ; c’est bien sûr ce dernier que nous évoquons à Riposte Laïque, et il est loin de la vision enchanteresse de B.Khiari, car il repose avant tout sur la soumission aux dogmes.

Aussi lorsque celle-ci nous avance qu’ « aucun acte de violence ne peut être commis au nom de cette religion », que « lorsque nous parlons d’un islam d’amour, d’un islam profond, de paix, là personne ne nous écoute, aucun micro n’est tendu vers nous. Or, le vrai, le véritable islam, c’est cela. Il s’agit avant tout d’une spiritualité » (4), elle n’est pas crédible pour quiconque a été informé de la vie de Mahomet. Elle récidive à un autre moment : « l’islam est devenu un sujet politique, alors que c’est une spiritualité. » (8). Elle ne voit pas qu’elle se contredit lorsqu’à propos d’Abdelkader, le résistant algérien opposé à la conquête française au XI° siècle, elle évoque sa « pensée novatrice [qui] est le ferment de la prise de conscience par l’élite du monde arabe de son arabité et de son islamité comme creuset culturel et politique » (10). Alors islam, spiritualité ou creuset culturel et politique ? Il est vrai que dans le 2° cas, elle s’adresse à un auditoire algérien.

Elle nous affirme la compatibilité de l’islam avec les valeurs de la République en nous rappelant le philosophe Averroes qui affirma la séparation entre foi et rationalité, en omettant de rappeler qu’il fut toujours très minoritaire dans la civilisation islamique, et que sa pensée s’est construite indépendamment de la religion islamique.

Rappeler d’autre part que « l’islam fait partie de la tradition d’Abraham, l’islam n’est pas en rupture avec le judaïsme et le christianisme, il en est le continuum. Mais on ne parle que des choses qui divisent, jamais de ce qui rassemble. » (7),(4) est impudent quand on sait à quel point chrétiens et juifs ont pu être maltraités et méprisés par des paroles ou des actes de Mahomet. Cet islam, prolongement du judaïsme et du christianisme relève de la plus traditionnelle propagande mahométane. Il est plus qu’inquiétant qu’une élue de la République s’en fasse l’agent de façon publique.

Ces affirmations manquent de sérieux ; n’importe quelle personne qui a lu le nouveau testament et le coran a pu constater que le Jésus dépeint par le NT ne correspond pas au Jésus (Isa) du coran. Les musulmans se posent en adversaires du judaïsme et du christianisme dans les sourates médinoises. Pour eux, les chrétiens sont dans l’erreur avec, ne fût-ce que, le dogme de la trinité. Pour ce motif, ils les assimilent même à des polythéistes. Alors dire que l’islam n’est pas en rupture avec les deux autres monothéismes relève de l’ignorance ; ce qui ne manque pas de sel de la part de cette sénatrice qui met en avant une soi-disant méconnaissance et ignorance des critiques de l’islam.

Notons aussi cette pathétique tentative de réviser l’histoire en faisant d’Abdelkader « précurseur des droits humains, concept préfigurant celui des droits de l’homme » (10), quelques décennies après la Déclaration des Droits de l’Homme et des Citoyens de 1789.

DES INTERVENTIONS TRES COMMUNAUTARISTES

Si certains de ses actes relèvent de ceux attribués au commun des sénateurs, Bariza Khiari se réserve tout de même de nombreuses interventions qui relèvent une sensibilité particulière aux citoyens de culture musulmane. Ainsi la consultation de son blog (9) nous montre son intérêt pour la question de la diversité, pour la question de la Palestine, ou la question de l’immigration sur laquelle elle refuse de s’opposer aux mariages gris (11). La laïcité, si elle est ouverte, permettant ainsi une progression de l’islam, l’intéresse également. Elle a émis des regrets quant à la prochaine suppression de la Halde.

« Dans un monde globalisé, nos identités tendent à devenir transfrontalières. Parce que l’identité moderne est complexe, il faudra désormais admettre et faire comprendre qu’on peut aimer la France, être citoyen français et assumer la plénitude d’une identité plurielle. » (La France est en nous, contribution au congrès de Reims) (9) ; à la lire pourtant, Bariza Khiari n’affiche que sa culture musulmane, et non pas une culture plurielle. Bien qu’attachée aux Lumières, elle ne dit pas que sa culture est la culture française.

En tant que socialiste française, on aurait pu penser que son admiration s’orienterait vers un grand socialiste comme Jaurès ou Blum ; pourtant son personnage historique de référence est Abdelkader, un aristocrate, qui, s’il est indéniablement pourvu d’authentiques qualités, semble tout de même éloigné des références du socialisme. « C’est en cela aussi que l’Emir Abdelkader reste un exemple et qu’il le restera pour les générations futures. Il est pour moi un modèle positif d’identification. Vous l’aurez compris, il est très important de trouver un référent de ce niveau dans sa propre culture. » « L’Emir Abdelkader a su être homme d’Etat et stratège, résistant et guerrier, humaniste et mystique, poète et administrateur, financier et logisticien, négociateur et fin diplomate, et surtout précurseur des droits humains. » (10) A défaut d’être socialiste, c’était un soufi, comme l’est Bariza Khiari.

A défaut de trouver un modèle d’identification dans sa ( ?) culture française, Mme Khiari participera le 17 avril prochain au festival de Fès de la Culture Soufie, sa conférence portant sur les « archétypes du féminin chez l’Emir Abdelkader » (13).

« Ma spiritualité, mon histoire et ma tradition », dit-elle de l’islam ; « On peut bien évidemment ne pas se positionner comme musulman ; mais peut-on renier sans risques ses origines ? », rajoute-t-elle dans le même texte (4). Est-ce cette façon de voir l’histoire, du côté algérien qui l’amène à dire que le président de la République française, Sarkozy, « n’est pas allé assez loin dans la reconnaissance des faits historiques qui doivent amener des excuses de l’Etat français » (12), tout en reconnaissant que « pour autant, les Français d’aujourd’hui ne sont pas comptables des exactions qui ont été faites par leur père ou grand-père. L’Etat, lui, doit faire un geste. »

Ce portrait à charge ne doit pas occulter que Bariza Khiari énonce parfois des remarques intéressantes et judicieuses, particulièrement lors du colloque de la fédération Mosaïc (8). Mais l’objet de cet article était de souligner en quoi la plupart de ses interventions et paroles sont guidées par une culture islamique, qui quoiqu’elle en dise, est particulièrement rétrograde et étrangère à nos valeurs démocratiques et républicaines. Est-il normal qu’une élue de la République émette un avis négatif sur l’association féministe Ni Putes Ni Soumises, au seul titre que « le message subliminal de ce projet associatif était de montrer l’incompatibilité de l’Islam avec la modernité ».

Il est vraiment inconcevable qu’un sénateur de la République soit avant tout au service de l’islam.

Jean Pavée

(1) http://www.respectmag.com/2011/01/12/signez-lappel-lislam-bafoue-par-les-terroristes-4758

(2) http://www.respectmag.com/2011/03/07/appel-musulmans-citoyens-pour-les-droits-des-femmes-4974

(3) http://www.respectmag.com/2011/03/23/signez-lappel-%C2%ABnon-au-debat-proces-de-lislam%C2%BB-5050

(4) http://www.respectmag.com/2011/01/12/bariza-khiari-%C2%AB-le-terrorisme-n%E2%80%99-pas-de-religion-%C2%BB-4759
http://www.respectmag.com/2011/03/07/bariza-khiari-%C2%ABlislam-est-devenu-un-enjeu-politique%C2%BB-4988

(5) http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/04/08/la-diabolisation-de-l-islam-est-une-impasse_1504918_3232.html ; c’est un article traitant au départ de l’Union Pour la Méditerranée, qui laisse vite place aux préoccupations islamiques de B.Khiari.

(6) « Par ailleurs, ces attaques contre l’Islam ne visent pas en premier lieu la dimension spirituelle, mais l’origine ethnique. Aujourd’hui, si l’on parle des musulmans, c’est bien parce qu’il est plus difficile de parler des « petits fils d’immigrés ». »
http://www.respectmag.com/2011/03/07/appel-musulmans-citoyens-pour-les-droits-des-femmes-4974

(7) article paru à l’origine dans le Nouvel Observateur du 17-12-09
http://mediationcite.canalblog.com/archives/2010/01/03/16373353.html

(8) http://www.federationmosaic.com/colloque31octobre09barizakhiari.html

(9) http://barizakhiari.parti-socialiste.fr/

« Nous sommes en train d’assister à une forme de révolution copernicienne où la suspicion porterait moins sur les individus qui seraient, de nature, plus difficiles à intégrer que d’autre, mais sur le système, qui serait, dans son fonctionnement même, discriminant. On renvoie la société à sa propre responsabilité dans le processus de mise à mal du lien social par la marginalisation de certains individus »

Il a fallu plusieurs années de combat politique pour imposer le terme de « diversité » dans l’agenda politique. Autrefois, pour les populations d’origine étrangère comme je l’ai précisé c’était le mot « intégration » qui était d’usage. Ce mot avait, dans l’usage qui était fait, quelque chose d’infâmant car il supposait que les personnes visées étaient inégaux par rapport aux autres et qu’il relevait de leur responsabilité de prouver, plus que d’autres, qu’ils méritaient leur place dans la société. C’était ramener sur eux seul le possible échec de leur insertion dans la société.

(10) http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2010/02/09/article.php?sid=95458&cid=41

(11) http://www.senateurs-socialistes.fr/Travaux-parlementaires/Projet-de-loi-relatif-a-l-immigration-a-l-integration-et-a-la-nationalite/Explication-de-vote-1ere-lecture/Immigration-integration-et-nationalite-intervention-de-Bariza-KHIARI

(12) http://yahoo.bondyblog.fr/200712111135/bariza-khiari-les-francais-d-aujourd-hui-ne-sont-pas-comptables-des-exactions-de-leur-pere-ou-grand-pere/

(13) http://www.villefes.net/festival/festival-de-fes-de-la-culture-soufie-du-16-au-23-avril-2011-%C2%AB-figures-feminines-du-soufisme-%C2%BB.html

COMMENT FAITES-VOUS MADAME LA SENATRICE BARIZA KHIARI POUR CONCILIER SOUFISME ET REPUBLIQUE ?

Si vous allez sur le site du journal marocain « le Matin », vous aurez l’occasion de lire un entretien fort intéressant avec une de nos sénatrices, Madame Bariza Khiari. Interrogée au sujet de sa participation au festival des musiques sacrées de Fes, ou elle vient plaider la relance de l’Union pour la Méditerranée, la sénatrice parle aussi de «son combat pour une société française plus juste. ». Elle évoque aussi son profond engagement dans le soufisme courant mystique et ésotérique de l’ Islam
http://www.lematin.ma/journal/Inerview-avec-Bariza-Khiari-senatrice-musulmane-en-France_-Pour-l-Occident-l-Islam-est-devenu-une-ideologie-a-combattre-/151765.html

Pour ce qui est du « combat » pour une « société plus juste », l’article ne nous fait rien découvrir de bien nouveau. Comme à chaque fois qu’un élu du PS parle de l’ Islam en France, nous avons droit à l’habituelle complainte « islamico-geignarde » qui se garde bien d’évoquer les comportements de la communauté musulmane, mais qui donne une large part aux clichés d’une France raciste et xénophobe.

Je cite : « …si cette dispute met en scène des personnes d’origine ou de sensibilité musulmane, certains médias, relayés par l’extrême-droite, en déduisent immédiatement que l’Islam est incompatible avec les principes d’égalité homme-femme et, par conséquent, avec la démocratie. ». Je cite encore : « Il y a peu de temps,  »la figure de l’étranger était le juif ». Aujourd’hui,  »la figure de l’étranger est le musulman ». Il est devenu l’ennemi intérieur uniquement pour un enjeu électoraliste. » Comme si, pour le PS, le vote musulman n’était pas un enjeu électoraliste. Il serait intéressant d’en parler à madame Aubry.

Depuis un certain temps déjà, nous sommes habitués à ce discours diffusé en boucle et à chaque opportunité dont se saisissent les défenseurs inconditionnels de l’ Islam. La cerise sur le makroud étant sans nul doute la phrase servant de titre à l’ article « Pour l’Occident, l’Islam est devenu une idéologie à combattre ». Bien entendu, la sénatrice n’a nullement perçu le fait que c’était l’ Islam qui combattait l’Occident. Une distraction certainement !

Ce qui est surprenant c’est la façon dont notre sénatrice dit tout et son contraire dans le même paragraphe. « Je suis représentante de la nation et non d’une confession » affirme la Sénatrice PS.

Puis, quelques lignes après notre élue déclare : « La diabolisation de l’Islam et de l’immigration est une impasse, j’ai donc pris la parole pour ceux qui ne l’ont pas. » . Ce qui est plus surprenant encore c’est qu’une élue dont la rôle est de voter la loi et de contrôler le gouvernement dans le cadre d’une République indivisible, laïque, démocratique et sociale se fasse le porte-parole d’une religion (l’Islam) et d’une groupe d’individus appartenant à la même classification administrative (les immigrés). Est-ce bien pour cela que les grands électeurs ont porté Madame Bariza Khiari à la charge sénatoriale ?

Nous sommes bien loin du combat de Jaures contre les dogmes des croyances et des superstitions.
« Nous combattons l’Église et le christianisme parce qu’ils sont la négation du droit humain et renferment un principe d’asservissement humain. » Jean Jaurès, 3 mars 1904, (cité dans Histoire des catholiques français au XIXe siècle, paru chez Éditions du Milieu du monde, 1947, p.389, Henri Guillemin).
Mais peut-être que pour Madame la Sénatrice, l’Islam ne s’aventure pas dans la négation du droit humain ? Notre Sénatrice sait-elle que des personnes agissant au nom de l’ Islam détiennent en otage des ressortissants français ? Personne n’a donc informé cette élue qu’elle se rendait dans un pays où, récemment, des touristes (dont sept français) furent l’objet d’un attentat de la part de musulmans uniquement parce qu’ils étaient étrangers? Peut-être qu’elle n’est pas pas tenue au courant des simples négations du droit « tout court » que pratique l’ Islam en France avec l’occupation sans autorisation de l’ espace public pour des prières collectives, avec les abattages clandestins d’animaux et autres débordements ?

Je ne peux pas penser que Madame la Sénatrice ait oublié que par deux fois déjà la Nation a légiféré contre les incursions de l’ Islam dans la sphère publique (port du foulard à l’école et port du voile intégral).

Il est vrai que Madame la Sénatrice signale dans ce même article son amour et sa confiance dans le soufisme. «Je chemine avec beaucoup d’humilité dans cette voie enracinée dans la tradition prophétique. Cette voie d’initiation et d’éveil se transmet depuis le Prophète de maître en maître. », nous dit-elle. Cette franche déclaration concernant la libre pratique d’une croyance prouve à quel point la liberté de pensée est une bonne et belle chose dans notre pays. Il y a tant d’endroit où la tolérance est bannie au delà des frontières. Encore une fois, Madame la Sénatrice a été la victime d’un défaut d’information. Je suis certain que si elle avait su que le Maroc avait expulsé des personnes tentant d’évangéliser des marocains, elle se serait abstenue de se rendre dans un pays si peu tolérant.

Cependant, quand l’on se plonge dans la définition du soufisme «Le soufisme (taçawuf), qui est la tradition ésotérique ou intérieure de l’Islam, constitue l’accomplissement ultime du questionnement humain, dans le cadre, providentiellement disposé, d’une Loi divine révélée (sharî’a), rassemblée dans le Coran, recueil de la Parole divine. » on constate l’importance de la Charia. La Charia, cette loi divine que tout bon musulman doit positionner au dessus des lois des hommes. Ne trouvez-vous pas comme une sorte de discordance entre le rôle et la mission confiés à une élue du Sénat et ces affirmations concernant le soufisme et la Charia ? :
« Dans le soufisme, le respect de la Charia est incontournable »
(source : http://www.bladi.net/forum/16536-soufisme-composante-lislam/)

Je ne doute pas un instant que Madame Bariza Khiari, place les lois de la République bien au dessus des lois divines de la Charia. J’aimerai simplement savoir, compte tenu du fait que le respect de la Charia est incontournable pour un soufiste, comment elle peut concilier ses deux engagements: Être une Sénatrice de notre république et être une adepte du soufisme.

Pierre Thyde

LETTRE OUVERTE A LA SENATRICE SOCIALISTE BARIZA KHIARI QUI OSE PARLER D’UN BON ISLAM, par Hamdane Ammar

http://ripostelaique.com/lettre-ouverte-a-la-senatrice-socialiste-bariza-khiari-qui-ose-parler-dun-bon-islam.html

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