Le petit malin Bidar demande aux musulmans de faire moins de vagues

Publié le 13 août 2014 - par - 1 608 vues
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bidarCe cher Abdennour poursuit sa petite idée de mélanger les crayons. Mais ici, il s’adresse un peu plus aux musulmans pour dire qu’ils devraient mettre un peu d’eau dans leur vin pour ne pas faire trop de vagues…

Premier paragraphe : – « pas seulement l’islam »… (En fait : il n’y a que l’islam que l’on entend… On ne peut quand même pas dire que les Catholiques, les Protestants, les Juifs, les Bouddhistes, les Hindous, et autres… se remarquent par leurs nouvelles revendications dans la société…), – « Est-ce qu’elle veut encore dire la même chose »… (Elle veut dire la même chose pour toutes les religions citées précédemment. Il n’y a que l’islam qui trouve que la Laïcité l’empêche de tourner en rond…), – « la confusion règne »… (La confusion ne règne pour personne, sauf pour ceux qui ont envie de la remettre en question…), – « également, les autres religions »… (Rebelote : il y mêle les autres religions dans son argumentation pour noyer le poisson…), – « nous ne savons plus très bien ce que cette laïcité signifie »… (Il n’y a que lui qui fait exprès de ne pas savoir ce qu’elle signifie pour faire passer les revendications islamiques comme acceptables…).

Paragraphe suivant : C’est un paragraphe de description qui en général n’est pas mauvais, sauf qu’il utilise la contradiction pour dire que la Laïcité doit s’opposer à toute revendication –histoire de reconnaître quand même qu’elle sert à quelque chose–, alors qu’il argumentait précédemment en sens inverse en disant que celle-ci allait trop loin… – « et non pas de division »… (Voici la confirmation de ce qu’il disait précédemment… : évidemment totalement nul…).

Paragraphe suivant : Ici, finalement, le seul argument trouvé de la division est celui : « du voile dans la rue… » – « c’est typiquement une perversion de la Laïcité »… (Utiliser le mot de perversion est plutôt exagéré et sans-gêne… L’utilisation d’un signe religieux dans la rue n’a jamais été une coutume française pour les citoyens ordinaires, …et doit le rester…).

Paragraphe suivant : Paragraphe qui n’est pas trop mauvais en s’adressant plus spécifiquement aux musulmans, mais il n’oublie quand même pas au passage d’envoyer une petite pique, à l’instar de la phrase suivante : – « lui laissent des espaces d’expression dans la société »… (Il n’y avait normalement –et toujours pas aujourd’hui– pas d’espace d’expression dans la société –en dehors du lieu de culte– pour les religions qui étaient là avant lui… Donc il n’y a aucune raison pour que l’islam en ait…). Il termine sur un vœu pieu qui a très peu de chances de se matérialiser…

 

Clarifier le sens de la laïcité : N°8 du dimanche 20 juillet 2014

http://www.franceinter.fr/emission-france-islam-questions-croisees-clarifier-le-sens-de-la-laicite

 

(Voix africaine) Interdire un voile ? Sincèrement je trouve ça stupide : ça change absolument rien… Les mamans qui sont voilées intégralement ; elles n’accepteront pas de se dévoiler pour rentrer dans l’établissement : ça on l’a déjà vécu les années précédentes, et donc le risque qu’on court, c’est que les familles ne viennent plus à l’école… Ça servira à rien : ça ne sera pas respecté ! Celui qui peut pas manger du cochon : eh bien, il en a pas, mais à d’autres le choix : poulet de dinde ou je sais pas quoi là : tourne autour de dinde ; c’est tout dans la dinde… La théorie a son importance, et il faut la rappeler plusieurs fois par an s’il faut. Après, la mise en pratique : c’est toujours compliqué ; c’est même très compliqué… (Musique)

 

Clarifier le sens de la laïcité. « France, Islam : Questions croisées ». Abdennour Bidar : Bonjour à tous. Hier, nous avons commencé à parler ensemble de Laïcité en essayant de clarifier au maximum sa signification. Je voudrais y insister un peu encore aujourd’hui, parce que c’est un thème décisif pour éclairer le débat entre France et islam. Comme le dit la Charte de la Laïcité à l’École élaborée par le ministère de l’Éducation Nationale : « La Laïcité est ce principe qui concilie la liberté de chacun avec l’égalité et la fraternité de tous dans le souci de l’intérêt général ». Cette Laïcité est un principe fondateur de notre société, de notre contrat social sur lequel l’islam –pas seulement l’islam, mais surtout l’islam– nous conduit aujourd’hui à nous interroger à nouveau : où en sommes-nous avec notre laïcité ? Est-ce qu’elle veut encore dire la même chose pour nous tous ? Est-ce qu’elle veut encore dire quelque chose aux jeunes générations ? Partageons-nous toujours les uns et les autres à la fois une compréhension et une conviction commune de cette laïcité : rien n’est moins sûr. Au contraire, la confusion règne, et à ce propos j’ai souvent en tête une phrase de Paul Valéry qui se trouve dans ses « Regards sur le monde actuel » –un texte publié en 1931–. Valéry parlait alors de la liberté, en disant qu’elle faisait partie de ces mots qui –je le cite– : « finissent par avoir plus de valeur que de sens ». Je crois qu’aujourd’hui c’est le cas de la Laïcité. C’est un principe auquel nous voulons toujours donner de la valeur, mais dont nous avons trop laissé filer le sens. C’est à cette incertitude que nous renvoie actuellement l’islam, mais également : également, les autres religions, car elles aussi, comme l’islam, se sont mises à parler beaucoup plus fort dans notre société depuis le début des années 2000. Toutes sont entrées dans une logique de revendications : cela est légitime –mais dans une certaine mesure et dans une certaine limite–. Or, c’est bien là que le bât blesse : où fixer cette limite ? Nous avons le plus grand mal à le dire parce que c’est la Laïcité qui doit fixer cette limite, et comme on vient de le dire, nous ne savons plus très bien ce que cette laïcité signifie. (Musique)

 

J’ai un regard partagé sur cette montée du religieux que l’on observe actuellement dans notre société, et je dirais que les religions font leur réapparition pour le meilleur et pour le pire. Pour le meilleur, lorsque ces religions contribuent au débat de société, par exemple en apportant leur avis sur des questions d’éthique, comme celles de l’euthanasie ou encore de la gestation pour autrui. Pour le meilleur aussi, lorsqu’elles contribuent à donner à un individu des valeurs morales et sociales de tolérance, de respect d’autrui, de solidarité, de droiture ou d’honnêteté. Mais, ces religions –force est de le constater– reviennent aussi pour le pire, lorsqu’elles partent du principe que leurs croyances sont des vérités indiscutables, des vérités éternelles, et lorsque leurs revendications se font entendre dans nos espaces sociaux de façon intransigeante présentées comme non négociables. Face à cela, notre laïcité française doit saisir l’occasion de se retrouver elle-même. De deux façons : d’une part, elle doit réaffirmer nettement, clairement qu’elle n’est pas l’ennemie de la religion, mais qu’elle s’oppose, et qu’elle s’opposera toujours à toute tentative qui serait faite par une religion, quelle qu’elle soit, pour imposer à la société des revendications particulières, des droits particuliers, qui briseraient l’égalité entre tous, ou qui empiéteraient sur la liberté d’autrui. Et d’autre part, cette laïcité doit réaffirmer : se réaffirmer, comme un principe de rassemblement et non pas de division. Ce second point est décisif, car c’est lui qui doit nous permettre aujourd’hui d’y voir clair entre tous les discours que l’on entend sur la Laïcité. Quels sont les discours qui font de la Laïcité un outil de division ? Quels sont au contraire les discours qui en font un outil de rassemblement. (Musique)

 

Il y a aujourd’hui des courants politiques et des réseaux sociaux qui font de la Laïcité un outil de division, et plus précisément qui pervertissent cette Laïcité en voulant faire d’elle un outil d’exclusion des musulmans et de l’islam. Je pense par exemple, à la proposition de Marine Le Pen, d’interdire dans la rue tous les voiles islamiques, et pas seulement le voile intégral, comme c’est le cas depuis 2010. Vouloir interdire tous les voiles dans la rue, y compris les plus discrets : c’est typiquement une perversion de la Laïcité, parce que l’on est au-delà des limites acceptables et légitimes que l’on peut fixer à la liberté d’expression religieuse –limite que je viens de rappeler–. Résultat catastrophique de tous ces discours qui détournent la Laïcité de son sens : aujourd’hui celle-ci passe aux yeux de beaucoup de gens pour une arme anti-islam. Pourquoi ? Et bien parce que d’un côté les partisans de l’extrême droite l’utilisent comme telle, et parce que dans un autre camp –par exemple celui du Collectif contre l’islamophobie–, la Laïcité est systématiquement dénoncée comme telle. Bref, tout ce beau monde s’est laissé persuader, et veut faire croire à la France entière que la Laïcité n’a été ressortie du placard que comme moyen de viser les musulmans. Les uns s’en réjouissent, les autres s’en indignent, tous sont dans la confusion la plus totale. Lorsque je discute avec certains amis de culture musulmane, je me rends compte à quel point ce discours et cette confusion ont fait des ravages. Dès que je prononce le mot « Laïcité », ils me récitent aussitôt un discours devenu complètement automatique, selon lequel la Laïcité serait la survivance de la France coloniale qui opprime aujourd’hui ses minorités comme elle opprimait autrefois ses indigènes. (Musique)

 

Heureusement : heureusement, tout le monde ne se laisse pas prendre au piège grossier de ce mensonge. Il y a par exemple des musulmans attachés à la Laïcité, qui ont bien compris qu’elle n’est pas l’ennemie de la religion mais seulement la limite contre l’intolérance religieuse et la violence que cette intolérance prétend exprimer au nom ou au prétexte de la religion. Il y a des musulmans laïcs, ici en France, et dans le monde musulman –comme on l’a vu avec les Printemps arabes– où de nombreux manifestants luttaient pour une démocratie laïque contre ce qu’on appelle la Théocratie, c’est-à-dire : contre le pouvoir politique exercé au nom de dieu ou du Coran. En Tunisie –pour ne prendre qu’un exemple– de plus en plus de voix s’élèvent en faveur d’une laïcité qui aide la société et l’État à régler le curseur de la pratique de l’islam, pour faire reculer l’intégrisme, le fondamentalisme de ceux qui veulent imposer la loi religieuse, et pour promouvoir au contraire un islam respectueux des libertés individuelles, et de l’égalité hommes-femmes en particulier. Ici en France, il faut que les musulmans attachés à la Laïcité prennent beaucoup plus la parole ; il faut que nous entendions beaucoup plus tous ceux qui ont bien compris que si nous voulons vivre tous ensemble en paix, en bonne intelligence, en harmonie, nous avons besoin de fixer les bonnes limites à la religion : les limites qui ne l’excluent pas, qui lui laissent des espaces d’expression dans la société, mais qui lui demandent de ne pas tout envahir, de ne pas enfermer les croyants dans une logique de conflit, ni de rupture avec le reste de la société, de renoncer à toute violence. Je m’adresse directement en disant cela, à vous tous les musulmans qui en avez assez que l’islam soit montré du doigt et accusé à cause de ses intégristes. Indignez-vous ! Prenez la parole ! Manifestez-vous ! Vous tous qui êtes d’origine, de culture, ou de confession musulmane, et qui ne supportez plus que cette religion soit défigurée par ceux qui lui sont hostiles, mais aussi qui ne supportez plus qu’elle se caricature elle-même, qu’elle se couvre de honte : organisez –j’ai entendu parler de cela récemment– des états généraux de l’islam pendant lesquels, enfin… : enfin, cette religion et cette culture vont pouvoir commencer cette grande réforme dont elles ont un besoin vital. (Musique)

C’est tout pour aujourd’hui. Que la paix soit sur nous tous. À la semaine prochaine. (9’26’’)

Elie Prodhomme

 

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