Le peuple a compris que Macron ne le comprenait pas

Publié le 26 novembre 2018 - par - 8 commentaires - 591 vues

Un chef d’État insensible aux souffrances de son peuple. Cela est, malheureusement, le fait des dictatures, des pays totalitaires, où la caste dirigeante se goberge tandis que la population vit dans la misère. Qui aurait imaginé qu’un jour la France connaîtrait pareille situation ?

Le fossé qui sépare les élites du peuple n’a jamais été aussi profond qu’aujourd’hui. En France, 9 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté. Si l’on y ajoute les salariés payés au smic au nombre de 1 650 000, on dépasse le chiffre de 10 millions soit 1/6e de la population française.

C’est cette « sous-France » qui relève la tête aujourd’hui. Cette France des oubliés qui se révolte contre un pouvoir qui ne cesse de l’accabler d’impôts, de taxes et de prélèvements. Certes, Macron n’est pas responsable de toutes les augmentations. Elles ont commencé en 2011 avec Sarkozy et se sont poursuivies avec Hollande. Mais, tout comme Louis XVI, c’est lui qui paye pour ses prédécesseurs dispendieux.

Il a suffit d’un petit rien. L’annonce d’une augmentation des taxes sur le prix du diesel et de l’essence pour allumer la mèche et mettre le feu au pays tout entier. Dans toute la France et en même temps, les « Gilets jaunes » sont sortis de terre. Une génération spontanée de gens exaspérés de travailler pour payer toujours plus d’impôts sans recevoir de contrepartie de l’État.
Ils attendaient une réponse de Paris face à l’ampleur de cette mobilisation inédite. Mais le gouvernement qui n’avait pas pris la mesure de la gravité de la situation a répondu de façon arrogante et en total décalage avec les attentes de ces hommes et de ces femmes poussés au désespoir. Ils réclamaient une augmentation de leur pouvoir d’achat, on leur propose des mesures d’accompagnement pour la transition énergétique. Un vrai dialogue de sourds dont l’État porte seul toute la responsabilité.

Attitude de mépris

C’est en effet à la puissance publique qu’il appartient de trouver les réponses aux problèmes que connaît le pays. Or, le pouvoir n’a rien voulu entendre en décidant de « garder le cap ». Une attitude de mépris qui n’a fait que galvaniser les « Gilets jaunes » dans leur détermination à poursuivre leur mouvement, soutenu d’ailleurs par les trois quarts des Français.

Aujourd’hui, c’est la démission de Macron que réclament ceux qui, par leurs actions de blocage, paralysent progressivement l’économie du pays. Taper au portefeuille, c’est leur dernier espoir d’être entendus par un pouvoir frappé d’autisme. Une stratégie qui aurait sans doute porté ses fruits avec un président de la République protecteur de son peuple comme cela devrait être le cas. Mais pas avec Macron dont il ne faut rien attendre tant il est déconnecté du réel.

Dans une interview à Vanity Fair, un de ses intimes, Bernard Mourad, patron de Bank of America en France, qui l’avait fait entrer chez Rothschild en 2008 et qui fut l’un de ses principaux soutiens pour l’élection présidentielle, a noté son changement d’attitude. Il « ne reconnaît plus son ami, ce dirigeant arrogant estampillé président des riches ». De son côté, Gérard Collomb, l’ex-ministre de l’Intérieur, dénonçait le « manque d’humilité » de l’exécutif et déclarait à des journalistes, une semaine avant de quitter la place Beauvau : « Nous ne sommes pas nombreux à encore pouvoir lui parler… D’ailleurs, il va finir par ne plus me supporter. Mais si tout le monde se prosterne devant lui, il finira par s’isoler car, par nature, l’Élysée isole ».

La balle est maintenant entre les mains du pouvoir. Macron doit s’exprimer. Jouera-t-il la carte de l’apaisement et de la compréhension de la colère sociale ? Cela est improbable et ne correspond pas au personnage hautain, arrogant et dédaigneux du peuple que nous connaissons. Comme l’a très justement écrit Cyrano dans son édito du 25 novembre : « Il pourra raconter tout ce qu’il voudra…. c’est à présent trop tard ». Les Gilets jaunes ne lâcheront rien. Cette avant-garde d’un peuple en colère a pris conscience de sa force. Elle se sent soutenue dans son juste combat et continuera aussi longtemps qu’il le faudra cette forme de guérilla qui, pour être pacifique, n’en est pas moins redoutable économiquement. Une guérilla qui, si elle s’accompagne d’une désobéissance civile, peut conduire à de graves troubles dans le pays.

Alain MARSAUGUY

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Notifiez de
marie louise chatel

Ils comprennent et connaissent tout comme nous, mais ils sont tellement corrompus et doivent impérativement servir ceux qui les ont placés là? qu’ils s’en contrefichent, coq hargneux est là pour cinq ans un point, une barre ! Il nous emmerde ! et nous le fait savoir chaque jour qui passe avec son petit sourire de “tête à claques”

DUFAITREZ

Gaffes sur gaffes, c’est Vincent Lagafe…
Injures et parjures, ce n’est pas de… l’or dur ! Mais…
Démission ? Coùt d’une retraite dorée de 45 ans ?
Alors ?

GAVIVA

enfin il a comprit quelque chose…mais parle-t-on bien du peuple qui a cru et voté pour macrouille? Parce que pour l’autre partie, ça ne change rien, et je me compte dans le lot, on attendait rien de macrotte que de la MERDE. Et il fait pire.

Colonel de Guerlasse

Un petit test salivaire et un examen par Gérard Fauré…

Gabriel Zallas

La suite sera plutôt dans l’attitude des forces de l’ordre ; elles sont la Garde Prétorienne de l’Empereur, mais… plus d’un empereur est tombé à cause d’eux et il n’y a plus assez d’argent pour les corrompre. Quant à faire appel à une force de gendarmerie européenne : là c’est le coup de grâce du mandat de Macron.

Vaselyne Gratos

Si la désobéissance civile n’est pas encore dans les faits, elle est déjà dans les têtes… Ce coup-ci, je le sens bien !

Colonel de Guerlasse

Exact

Verdammt

Toutes les dictatures ont très mal fini.
Les anciens dictateurs avaient de la poigne pourtant.
Mais on a des pitres aujourd’hui.
Vae victis ” malheur aux vaincus”, comme disaient les Romains.
Le Peuple de France se bouge et on va voir la suite.

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