Le peuple a mal voté ? Changeons le peuple !

Publié le 2 décembre 2009 - par

La parole brechtienne est d’actualité criante…

Les dirigeants de tous bords (presque tous…) comme les média – tous- « bien-pensants » , les écolos-bobos comme les « autorités morales » (sic !), les représentants des religions comme ceux de « l’intelligentsia salonarde », tous – oui tous- avaient demandé aux électeurs suisses de rejeter la demande d’interdiction de construction des minarets, sujet d’une « votation citoyenne »….

Et les sondages d’avant scrutin avaient été convoqués en renfort pour dire, par anticipation, comment devait « bien » penser « le peuple suisse »…

Patatrasss….

Le peuple suisse s’est exprimé librement : très majoritairement, il a refusé que de nouveaux minarets viennent imposer dans son paysage national la marque de la domination d’une religion dont la faculté à conquérir l’espace des sociétés et des hommes fonde l’histoire.

Qu’on ne s’y trompe pas : la liberté religieuse n’est pas menacée en Suisse, on pourra même y construire de nouvelles mosquées, et l’islam continuera à y être pratiqué (plus librement d’ailleurs que n’importe quelle autre religion en Algérie, en Lybie, au Soudan, en Iran, en Iraq ….. j’en passe, et de plus obscurantistes !).

Alors ?

Pourquoi ce tollé indécent dans le landerneau de nos « politiquement corrects » français, adeptes forcenés de la pensée unique : la leur…

Pourquoi cette levée de boucliers contre l’expression libre et raisonnée du peuple suisse ?

Pourquoi ces protestations, cette mise en cause de la parole d’un peuple qui, pour n’être pas « celle d’un dieu », est celle de la démocratie vivante ?

C’est que tous ces dirigeants politiques, ces « élites pensantes » accapareuses de média et de prébendes, ces tenanciers des fonds du commerce « multiculturel, humanitariste, communautariste », ces chantres du libéralisme économique et ces apôtres de la pensée unique mondialisée ont bien compris ce qui venait de se passer.

Le peuple suisse leur a envoyé un message fort : non aux velléités conquérantes de l’islam, non à l’imposition d’une religion qui refuse de reconnaître les lois, valeurs et principes des pays qui l’accueillent, non à l’instrumentalisation d’une religion rétrograde chargée de dénaturer les valeurs qui fondent l’espace public des sociétés occidentales marqué par la liberté de conscience et la séparation du temporel et du spirituel.

Tout en leur montrant que leur propagande éhontée sur « la mixité à sens unique », le « multiculturalisme à géométrie variable », le « tout se vaut culturel » n’avait que peu de prise sur lui…

Et en leur permettant de vérifier qu’en dehors de « salonards » de bonne compagnie qui se gargarisent de discours compassionnels et hypocritement humanistes tout en s’isolant des maux de la société, il y a des citoyens qui souffrent, subissent, ne s’en laissent pas conter et ne prennent pas pour argent comptant la propagande éhontée des moyens de communication de masse au service des « élites »…

On comprend d’autant mieux les cris et les injures de tous ces milieux « bien pensants » de la politique, des média, de ceux qui se prennent pour les seuls détenteurs de « la vérité » que l’enjeu est de taille…

Déjà, dans notre Europe libérale, les dirigeants avaient nié les résultats des référendums des Pays-Bas et de France à propos du TCE. Ils avaient bassement manœuvré pour imposer un traité reprenant le précédent mais non soumis à un quelconque référendum …sauf pour le seul pays d’Irlande que l’on a fait voter jusqu’à satisfaction des besoins des « puissants ».Il fallait alors brider l’expression populaire, la dénaturer, la dissoudre de toutes les façons possibles. Il ne faudrait pas aujourd’hui que le vote suisse apparaisse aux yeux des citoyens des pays européens comme un exemple !

Car, pour ces dirigeants de tous bords et de tous milieux, il s’agit de construire l’Europe libérale de la libre circulation des biens, des services, de la main d’œuvre…de l’effacement des Nations en concentrant les pouvoirs essentiels dans des structures non élues et en remplaçant l’unité de chaque Nation par des espaces régionaux, transfrontaliers ou non, gérant le quotidien…. du délitement de l’unité des espaces publics nationaux en les remplaçant par des entités communautarisées, notamment autour des différentes religions.

Et pour tout cela, est indispensable le développement des flux migratoires apportant une main d’œuvre malléable pour tout ce qui n’est pas délocalisable, et des populations de religions, de traditions, de coutumes différentes, ne connaissant rien de la pratique démocratique et de culture primitive, notamment en matière d’accès au savoir.

On comprend bien alors en quoi l’implantation et le développement de l’islam sont utiles, cette religion politique présentant l’avantage d’isoler l’individu de l’espace sociétal démocratique et laïque, de l’enfermer dans sa tradition obsolète, de le laisser sous l’emprise d’une parole supposée « divine » qu’il faut avaler sans rechigner.

Une preuve ?

Mais la réaction véhémente du recteur de la mosquée de Lyon suite « à la votation helvétique » : http://www.la-croix.com/afp.static/pages/091129202034.mzjh9hwc.htm

Voilà un bonhomme qui refuse de reconnaître le vote démocratique et libre d’un peuple majeur capable de réflexion…Logique : il ne connaît que la parole prétendument divine transmise à un chef de guerre et de tribu qu’il appelle prophète et transcrite dans un livre qu’il sacralise et où chacun trouve ce qu’il y apporte. On comprend que, quand un homme ou une femme, nommé (e) citoyen ou citoyenne (sait-il, ce recteur, ce que cela signifie ?) agit pour construire sa destinée ou son environnement, il se sente d’humeur à le vilipender, et, peut-être même, à le châtier…

Qui prétend aussi s’immiscer dans le libre choix de citoyens étrangers au pays qui l’a accueilli (et dont il a, peut-être, la nationalité) au point de vouloir leur dicter sa propre conviction (par la force ?) en appelant au rassemblement international des tenants de sa religion : c’est vrai qu’il ne connaît que « l’ouma », les concepts de Nation et de République lui étant étrangers…

Et qui ose s’adresser aux « démocrates » pour faire effacer ce que la démocratie a décidé librement! Un ennemi de la démocratie qui veut que les démocrates l’aident à assassiner la démocratie…C’est vrai que dans son esprit de conquête, tous les autres ne sont que des « dhimmis » !

Cette parenthèse refermée, rappelons que la « Mondialisation » galopante initiée par le système économique dominant impose, pour triompher, d’affaiblir les espaces politiques et sociétaux qui ont élaboré, à travers leur Histoire, des concepts, des valeurs, des principes qui donnent à chacun sa liberté, son libre arbitre. Changer les peuples construits par des Histoires spécifiques qui les ont amenés à construire la laïcité de l’espace politico-sociétal et la pratique démocratique dans la gestion du politique leur est indispensable.

C’est ce à quoi ils s’emploient par des politiques migratoires démesurées, par le discours permanent et pervers du « multiculturalisme », par les tentatives de communautarisation de l’espace social, par –ici et maintenant- l’instrumentalisation de l’islam (tout heureux de l’aubaine) pour déliter le socle laïque de notre République.

Et, ici et maintenant, tous agissent de conserve, chacun à sa place, pour faire triompher ces projets économiques, politiques, sociétaux : les dirigeants de l’UMP majoritaire, ceux du PS et du MODEM de la pseudo-opposition, les écolos et altermondialistes européistes et communautaristes, le PCF et le NPA en quête d’un nouveau prolétariat à manipuler…

Que reste-t-il au peuple de France pour faire entendre sa vraie voix ?

Robert Albarèdes

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