Le port du voile, un signe de régression des droits et des libertés contre lequel il faut se révolter

Publié le 17 novembre 2007 - par
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Le voile occupe dans les débats sur le vivre ensemble dans notre société une place qui gagne en importance au fur et à mesure qu’il s’affirme. On se rappelle, pendant les manifestations contre l’interdiction du voile à l’école, des jeunes filles bien encadrées crier « un voile une voix », comme pour interpeller les politiques à l’usage d’un nouveau clientélisme intégrant les revendications communautaires à monnayer, en échange de ce nouveau territoire électoral d’essence religieuse. Une invitation à une grave dérive de notre démocratie qui ne reçoit pas qu’un écho défavorable de la classe politique.

Port du voile, réveil de l’islam et retour aux origines archaïques de la religion

La récente décision de la HALDE entérinant de façon inique les accompagnements de sorties scolaires par des femmes voilées, dans le cadre donc d’une mission de service public, rend très bien compte de la place que le voile tient dans l’actualité des enjeux de la laïcité.

Une concession au voile qui abonde dans le sens d’une autorisation à la communautarisation de notre société, car nulle décideur politique n’ignore le fait que, dans ce que les propagandiste du voile appellent « le réveil de l’islam » dont le voile est le porte drapeau, il y a derrière un projet, un dogme, celui inscrit au cœur de la religion musulmane elle-même, qui appliquée à la lettre, est en contradiction profonde avec toute idée d’intégration, avec les valeurs républicaines, fondamentalement en contradiction avec la démocratie.

Effectivement, la façon dont on présente ce réveil de l’islam comme un retour aux vraies valeurs de cette religion est très inquiétant, car il renvoie à une conception où sont inséparables la religion du culte, de la tradition, de règles de vie et d’un projet communautaire. L’islam est à la fois un nouveau prophétisme inscrit dans le coran représentant la Parole de Dieu, ainsi par essence incontestable, destinée à l’humanité entière, c’est donc une religion de conquête.

C’est aussi un code strict d’observance rituelles et surtout, un projet de société, la république islamique, qui est l’envers de notre modernité parce qu’elle trouve sa source directement dans la charia, seule loi divine reconnue. Cette religion dans sa définition même, al-islam, se définit comme un abandon intégral de la personne à Dieu, que l’on traduit par soumission. Autant d’archaïsmes dont on voit bien les dégâts qu’ils pourraient faire, si cette religion se trouvait appliquée sur un mode intégral.

Une religion qui instrumentalise la politique avant de la tuer

L’extension du voile est directement une façon de marquer l’emprise de l’islam sur la société française, le poids qu’il entend prendre sur les décisions politiques. Dans une école maternelle de ma ville, des mères qui portent le voile avaient été élues l’année passée sur la liste de la FCPE, de sensibilité de gauche, où l’on rencontre beaucoup de militants du PCF. Mais en cours d’année, devant l’usage qu’elles faisaient de leur mandat d’élues pour tenter d’imposer des revendications communautaires, des résistances se sont fait jour.

Mises ainsi en difficulté dans cette démarche, elles ont décidé de ne pas se représenter sur la liste de cette association. On les a retrouvées, tout simplement, lors des dernières élections de parents d’élèves, sur la liste de la PEEP, association de sensibilité droitière. Voilà comment par entrisme, sans conviction autre que la religion, on voit le voile s’insérer dans la société civile, dans la vie associative, mais aussi dans la vie politique, selon des buts qui visent à la destruction de la laïcité, en particulier en s’attaquant à la séparation entre le politique et le religieux.

Après avoir réclamé que leur voile ne soit pas perçu comme un signe religieux mais un droit personnel à leur tradition, sur le thème de la lutte contre les discriminations, elles en font un instrument de conquête religieuse de tous les espaces possibles à travers des revendications à visée communautaire.

Il y a une sorte de provocation dans cette façon de faire, qui prend de plus en plus chaire à travers la multiplication, dans les quartiers de certaines banlieues populaires, de la burka et du voile total, ces abjections, de fillettes portant le voile traditionnel cachant tous leurs cheveux, tombant sous le coup de la protection de l’enfance, de jeunes filles l’affichant à l’université, allant jusque dans les salles de cours contredire, au nom de leur droit à la différence, le contenu de certains enseignements qui n’entrent pas dans les préceptes de leur religion, qui se regroupent même dans des syndicats étudiants communautaires, alors que tous les lieux de transmission des savoirs, où s’élabore le libre-arbitre, l’autonomie de la pensée, devraient voir interdit tous les signes religieux. Une situation qui semble ne pouvoir être endiguée sans un nouveau cadre de loi régulant la place des signes religieux dans notre vivre ensemble, ainsi gravement mis à mal.

C’est un avenir d’oppression qui attend les femmes qui revendiquent le voile

Ceci étant, celles qui revendiquent le voile aujourd’hui, le droit de vivre dans la tradition, risquent demain de gravement le regretter, car elles contribuent ainsi à établir de façon sûr le pouvoir des hommes de leur religion sur leur vie, avec le risque un jour de devoir répondre de leurs actes devant un tribunal islamique remplaçant les tribunaux réguliers, comme cela est encore en projet au Canada, après avoir été une première fois repoussé sous la pression des laïques mobilisés à l’échelle internationale.

Aussi, celles qui ont choisi le voile en pensant ainsi trouver une façon d’affirmer une origine en guise de révolte contre la société, en se trompant de colère et de combat, verront leurs enfant eux, n’avoir pas ce choix. Ils devront se plier à la tradition et à une mise à part désastreuse. La liberté que leur donne la société française utilisée par elles pour s’affirmer à travers le port du voile dans l’espace public risque d’être un jour perdu par ce mouvement, une fois que leurs droits individuels compteront moins que la tradition, que le poids de la religion. On sait par exemple ce que pèse le mariage forcé dans les pratiques des pays d’immigration d’origine arabe, l’obligation de la virginité avant le mariage, le rejet d’une libre sexualité pour la femme, jusqu’à l’excision qui concerne par exemple 97 % des femmes en Egypte, l’ex-pays de Nasser qui voulait instaurer le socialisme arabe, en ces temps de retour à l’islam.

Qui pourra donc demain aller défendre par exemple celles touchées par les violences conjugales que le Coran n’hésite pas a inciter, Sourate IV verset 38, « Les hommes sont supérieurs aux femmes à cause des qualités par lesquelles Dieu a élevé ceux-là au-dessus de celles-ci » et « Les femmes vertueuses sont obéissantes (…) Vous réprimanderez celles dont vous aurez à craindre l’inobéissance, vous les relèguerez dans des lits à part, vous les battrez » Qui aura pouvoir d’empêcher une autorité religieuse de les juger, à leur façon moyenâgeuse, dans le secret de leur ghetto, selon des lois de Dieu qui font des hommes des êtres, par nature, supérieurs aux femmes?

Le port du voile au service de la marchandisation capitaliste

On pourra faire des tas de commissions pour traiter les difficultés de ces femmes, comme le Canada qui, selon le modèle anglo-saxon fonctionne sur le mode du communautarisme et du multiculturalisme, en fait, tout en encourageant le phénomène des minorités. Les responsables de l’Europe actuelle, ceux qui veulent l’adoption du mini-traité qui doit remplacer la Constitution européenne défunte, militent depuis de nombreuses années, pour la reconnaissance du droit des minorités mis au compte des droits de l’homme que ce droit en réalité télescope, car en contradiction avec une logique des droits et libertés individuelles, ainsi remis en cause.

Il n’y a ici pas de hasard, ceux -là rêvent de faire jouer à la religion chrétienne un nouveau rôle d’encadrement des sociétés, en le justifiant d’autant mieux en regard d’une montée de l’islam qui y fait concurrence, mais aussi en se servant des brèches que ce dernier crée dans l’édifice républicain pour s’y engouffrer. On sait combien une Europe de la marchandisation et de la concurrence comme fin en soi économique, dans le cadre de la mondialisation capitaliste, a besoin pour compenser l’atomisation des individus et la démoralisation qu’elle produit, de la religion comme moyen de cohésion et de domination des sociétés, à n’importe quel prix, y compris en encourageant l’islamisme comme instrument de régulation, de contrôle de certaines populations en difficulté. Le développement du voile est aussi le signe de cette évolution.

Révoltez-vous au lieu de porter le voile !

La démoralisation à laquelle donne lieu l’argent-roi, encourage à une recherche erronée dans la religion d’une morale à laquelle la société semble renoncer. Le voile marque ainsi les femmes pures, celle que la religion purifie en regard de celles qui sont impures. Ces femmes qui choisissent le voile, ou qui l’acceptent en renonçant à leur liberté, à leur libre-arbitre en se soumettant à l’esprit d’infériorité dans lequel les met leur religion, ne se rendent pas compte derrière cette sorte d’arrogance que porte en lui ce fameux réveil de l’islam, ce qu’elle se prépare pour demain pour elle-même et pour leurs enfants, un monde d’oppression, une régression incroyable de l’histoire.

C’est une forme de racisme bon teint qui guide ceux qui encouragent cette dynamique, car elle fonde les futures mises à part qui créeront les cadres dans lesquelles l’oppression du dogme religieux et de ses archaïsmes pourra s’appliquer à une population mise dans la marge. A ce compte là, certains peuvent se réjouir de n’avoir pas à craindre de mélange, et de l’avènement avec une laïcité ruinée, d’une race blanche qui de toute façon sera celle qui tirera à la fin les gains de ces exclusions bien ordonnées et de haut main, en toute complicité avec les pires rétrogrades religieux. Se révolter contre le port du voile, c’est se révolter contre ces dangers là, c’est une vraie grande cause dont doivent s’emparer en premier lieu toutes ces femmes qui le portent. Leur intérêt n’est pas ailleurs que dans une société qui puisse toujours gouverner en sachant séparer le politique du religieux, c’est la voie pour qu’elles soient cet avenir si attendu de l’homme, toutes origines confondues.

Guylain Chevrier

Historien

Signez et faites signer la pétition Appel au président de la République : limiter le voile, atteinte à la dignité des femmes sur [www.halteauvoile.fr->www.halteauvoile.fr]

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