Le prix Nobel Günther Grass, ancien Waffen SS, est mort

Publié le 14 avril 2015 - par - 2 112 vues
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gunter-grassComme si c’était hier, je me souviens de l’immense consternation qui se répandait sur l’Allemagne, ce 16 août 2006, lorsque le Prix Nobel de Littérature, Günther Grass, fit son « coming out » sur deux page dans la FAZ (Frankfurter Allegemeine Zeitung), avouant qu’il avait été dans la Waffen SS. Non, dans la Hitlerjugend, comme tous les jeunes de son époque, comme Benoit XVI, non, dans la Waffen SS ! Un tremblement de terre secouait la Germanie et les réactions multiples et variées ne se firent pas attendre dans la presse du monde entier. Donc voici un florilège en lien et en allemand. Ceux qui ont fait l’inventaire des réactions ne citent aucun journal français, en revanche, des journaux européens et américains… Un grand nombre estime que s’il avait fait ces révélations plus tôt, cela lui aurait coûté son Prix Nobel… Même, si d’autres prétendent, plus qu’aucun autre écrivain Allemand, il l’avait mérité, ce prix.

Je ne sortirai que deux réactions de Ralph Giordano, qui fut mon ami, disparu en décembre 2014 et qui fut rescapé de l’holocauste, dont la générosité n’a de pareille que sa grande rectitude morale, puisqu’il avait remplacé le jour même de cette révélation, le statut de « conscience de l’Allemagne » que représentait injustement Günther Grass, le « redresseur des torts » comme le fustigent certaines personnalités après ce « coming out ». Voici comment Ralph, qui avait alors 83 ans accueillit la nouvelle dans le même journal qui accueillit la confession de Grass, la FAZ (Frankfurter Allgemeine Zeitung) et le WDR (Radio d’Allemagne de l’Ouest), dont le siège est à Cologne, ou vivait Ralph.

Sur la FAZ:

Selon Ralph Giordano (83), cet aveu de Günther Grass n’arrive en aucun cas trop tard. « J’ai connu des gens qui ont reconnu leurs fautes seulement à l’âge de 80 ou 85 ans », déclare l’auteur. Pire que de faire une erreur, serait de ne jamais en tirer les conséquences et cela, Grass l’a fait depuis longtemps. Pour moi, il ne perd en rien de sa crédibilité morale par cet aveu,  certainement pas et, cela je veux le dire sans qu’il y ait un malentendu quelconque. »

Sur la WDR:

 » Si je dois faire une introspection minutieuse, en tant que survivant de l’holocauste, cela n’affectera en aucune manière la sympathie que j’ai pour Günther Grass. Il y a plus grave encore, que de commettre une erreur politique, c’est de ne pas s’en expliquer. Ouvertement ou à l’intérieur de soi.  Günther Grass a dû s’en expliquer avec lui-même durant toutes ces décénies, j’en suis convaincu. Et maintenant, il vient d’oser aller en public. A cela, je n’ai qu’une chose à dire: C’est bien Günther Grass, que vous l’ayez fait. »

J’ajouterai que les commentaires français hier, et en particulier celui d’Elise Lucet sur F2, n’a d’égal que son ignorance sur le national socialisme : « Après avoir été dans la Waffen SS, il est devenu de gauche. » (sic)

Sylvia Bourdon

Le florilège de toutes les réactions de personnalités Allemande et de la presse étrangères ici énumérées:

https://www.perlentaucher.de/link-des-tages/guenter-grass-die-s-s-das-bekenntnis.html

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