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Le prix sanitaire de la politique sanitaire : un désastre

 

L’Assurance Maladie a communiqué des chiffres en date du 27 mai 2021 pour faire le bilan de la première année de la politique sanitaire. De mars 2020 à avril 2021, il est intéressant de noter si les Français se portent mieux ? Ce serait l’espoir d’une politique sanitaire efficace et attentive qui préserve la santé des Français. Au passage, les médias ne les ont pas repris…

Qu’apprenons-nous ? La délivrance d’anxiolytiques a augmenté de 3,4 millions. La délivrance d’antidépresseurs de 1,9 million, celle des hypnotiques de 1,4 million et celle des antipsychotiques de 440.000. Les traitements pour dépendance à l’alcool ont augmenté de près de 20.000. L’enquête sur panel montre que 1 français sur 4 se déclare anxieux et 10% des sondés confient avoir des pensées suicidaires, près du double par rapport à 2017. Ce ne sont pas mes chiffres, je le rappelle, mais ceux de l’Assurance Maladie.

N’y ajoutons pas ceux de la psychiatrie concernant la multiplication des consultations et la saturation en pédo-psychiatrie.

Une population maltraitée en très grande souffrance

Il était déjà connu que les professeurs en médecine n’étaient pas nécessairement de grands psychologues, oubliant la somatisation et les effets délétères de la santé mentale sur la santé physique. Le bilan est simplement catastrophique.

Les progressistes de la macronie vont devoir affronter un bilan exceptionnel dans sa nullité. Il fallait vacciner à tout va, mais cela ne fonctionne pas, il fallait confiner, isoler, enfermer, interdire de sortie, détruire la vie sociale, mais tout cela n’a rien produit. Ou plutôt, cela ajoute de la misère sociale et économique, de la détresse, du désarroi, des échecs estudiantins et scolaires, de la violence, des divorces, des faillites, etc. Les violences conjugales ont augmenté de 10%, etc. Il n’y pas un indicateur de santé publique en progrès.

Bref, la maltraitance est générale, sans oublier les exclus et les fonctionnaires épuisés. Qui peut nier l’état de santé des Français ? La photographie fait mal. Alors que notre système immunitaire a besoin d’une saine alimentation, de sommeil et d’activité physique, la politique sanitaire a bizarrement détruit les fondements de la santé générale. Le confinement par exemple a perturbé le régime alimentaire avec des effets de surpoids et d’alcoolisme, la distanciation sociale a dissuadé de l’activité physique et sportive, et le stress anxiogène des médias a perturbé le sommeil des Français. Incompétence, voire maltraitance intentionnelle et répétée ?

Une expérimentation en cours

La multiplication des myocardites par exemple est à documenter encore, mais les chiffres en provenance des USA sont perturbants. Une étude de l’Université du Maryland montre un risque d’inflammation cardiaque élevé. L’examen des jeunes athlètes universitaires par IRM cardiaque confirme une inflammation dangereuse du muscle cardiaque. Le dépistage standard est jugé insuffisant, l’IRM multipliant par 7 le dénombrement des cas. La source est indubitable (source : 107th Scientific Assembly and Annual Meeting of the Radiological Society of North America (RSNA) 29-Nov-2021)

En étudiant les rapports successifs de la Haute Autorité de Santé, c’est édifiant. Ils apprennent en marchant, puisque rien n’a été étudié dans une vraie phase 3. J’attire l’attention du lecteur sur la nature des rapports produit dans notre pays. La HAS écrit :

« Les premières données d’efficacité en vie réelle de ces vaccins, obtenues lors des campagnes de vaccination en Israël, au Royaume-Uni et aux États-Unis suggèrent une efficacité des vaccins chez l’adulte sur la transmission, qui nécessite d’être confirmée mais semble notable avec les vaccins ARNm. »

(Haute Autorité de Santé – Stratégie de vaccination contre la Covid -19 Place du vaccin à ARNm Spikevax® de Moderna chez les 12 à 17 ans Validé par le Collège le 27 juillet 2021)

Le lecteur notera le verbe « suggérer » qui dénote une belle assurance. Il notera dans la même phrase « nécessite d’être confirmée ». Le lecteur comprendra qu’avec une suggestion et un besoin de confirmation, nos éminents savants ont la capacité de conclure « semble notable », le semble autorisant une réserve au cas où ? Cela signifie que la HAS est incapable de démontrer en juillet 2021 l’efficacité du vaccin sur les jeunes. Nous attendons avec impatience leur conclusion, après relecture des rapports de Pfizer et des résultats sur le terrain, déjà sur les adultes.

Cette même HAS écrit encore :

« Les études les plus récentes confirment une baisse au cours du temps de l’efficacité vaccinale observée en vie réelle contre les infections liées au variant Delta (efficacité entre 30 et 80 %) » (Haute Autorité de Santé – Stratégie de vaccination contre la Covid-19 Place du vaccin à ARNm SPIKEVAX Validé par le Collège le 5 novembre 2021)

Pfizer le reconnait publiquement dès le 17 septembre dans son rapport à la FDA. Il faut donc deux mois à la HAS pour l’écrire sans en tirer aucune conclusion économique et de santé publique. Et dans ce même rapport, concernant la dose de rappel :

« Ces résultats sont à interpréter avec prudence du fait des faibles effectifs pour lesquels ces analyses ont été menées. Il faut noter que le laboratoire n’a pas fourni le rationnel du choix du dosage, qui ne correspond pas à celui pour lequel la variation de l’AMM a été octroyée. »

Tout est à l’avenant. A leur décharge, le politique décide et ils essayent d’expliquer au fil de l’eau. Alors que nous avons un ministre de la santé péremptoire et agressif contre ceux qui s’interrogent, la lecture attentive de ces rapports est troublantes, inquiétantes même. On y voit graduellement apparaître la question des effets indésirables graves, au début dénié, maintenant nommé et minoré, mais avec les mêmes réserves.

Le prix sanitaire de la politique sanitaire est déjà un désastre sur le plan économique, social et humain. Il est à redouter les effets dans la durée : retard scolaire, développement altéré de la petite enfance, épuisement général des adultes, désengagement professionnel et effets indésirables. Il est urgentissime d’exposer et d’adopter une autre politique sanitaire inspirée des pays qui réussissent : soins, thérapeutiques, réorganisation du système de santé, place de la médecine de ville, etc. et de dire avec force à ce gouvernement prétentieux qu’il a lamentablement échoué avec obstination.

Pierre-Antoine Pontoizeau