Le progressisme de Macron : fantastique arnaque

L’équipe de Macron se targue d’incarner le progressisme contre la réaction et le conservatisme. Sauf que cela reste de l’incantation lorsque n’est pas défini et surtout démontré ce concept. Car Macron peut fort bien être taxé d’anti-progressiste lorsqu’il met par exemple à mal la Nation en militant peu ou prou pour la laïcité « inclusive » c’est-à-dire le communautarisme soit le retour à un âge pré-national, l’âge des clans, des bandes, des intérêts particuliers.

On peut certes contester le fait que Macron milite pour « le » communautarisme en général ; sauf que sa façon par exemple de défendre le port du burkini ou du voile en entreprise à l’Université en dit déjà assez long sur le fait que s’instaure non pas une liberté de se vêtir mais de s’imposer dans la société nationale comme identité se posant telle quelle c’est-à-dire s’imposant à la vue d’autrui a contrario de toute l’avancée progressiste de la Nation qui a libéré peu à peu les individus d’une inféodation à des signes discriminants, dépravants.

Car le fait de ne pas montrer les cheveux féminins parce qu’ils seraient considérés comme faisant partie d’une intimité ne pouvant être vue par définition que par les intimes n’est en réalité que la partie immergée de l’iceberg : en effet, non seulement cela écarte déjà toute possibilité de fraternité de complicité, tel ce regard échangé un instant au creux d’un sourire parce qu’un rayon de soleil porté par un alizé est venu auréoler envelopper une chevelure, tout ce qui fait la magie de la ville, la force séculaire d’une esthétique qui donne de l’énergie également spirituelle, non seulement cette mise à l’écart ampute la fraternité d’une grande part de sa sympathie qui forge aussi la concitoyenneté depuis des siècles, mais  souligne également et sans doute surtout qu’un autre code vient nouer les relations possibles dans une toute autre direction, celle non pas d’un plus grand respect envers la femme, respect supposé perdu à la suite de la libéralisation occidentale des mœurs, mais l’acceptation de son infériorité d’emblée qu’il s’agit également d’assumer jusqu’au bout, jusqu’à se soustraire à tout regard tant que la clé du code ou plutôt du cadenas n’a pas été montrée, celui d’accepter sa signification de s’y soumettre.

Où est le progressisme là-dedans ? Peu à peu s’instaure même l’idée opposée à savoir que ce serait cet effacement même, cette suppression de l’image féminine chatoyante annonçant la vie et sa joie dans chaque pli, ce serait cette amputation qui serait progressiste si l’on en croit les nouvelles versions, d’aucuns parlant même de néo-féminisme, ne touchant donc que les femmes, certains hommes aussi avec leur tunique, alors que l’habit n’a jamais fait le moine, et que l’individualité a précisément gagné en puissance durant les siècles, l’ayant effacé au nom d’une esthétique supposée sacrée alors que rien ne justifiait cet effacement du corps dans sa singularité au profit d’une Idée que s’en fait un groupe, une Idée qu’il prétend imposer au reste de l’Humanité de manière douce ou agressive selon les rapports de force, mais qui ne correspond en rien à un quelconque progressisme, plutôt le contraire.

Il y a là un fantastique malentendu. Qui se répand aussi sur d’autres aspects comme il sera vu au fur et à mesure.

Lucien Samir Oulahbib

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1 Commentaire

  1. Le voile est une terrible régression du droit des femmes, il est une prison portative ou pour celles qui le portent par foi sincère une auto-discrimination et même une auto-mutilation de sa liberté et donc de sa dignité. Tolérer le voile c’est tolérer l’opinion que la femme est ontologiquement inférieure. A comparer avec la tolérance zéro à l’égard de toute critique visant les minorités, ou de simples insultes proférées en état d’ivresse ou pas. D’un côté, on tolère donc que les femmes soient considérées comme des inférieures, de l’autre « bamboula » est une insulte passible des tribunaux. Bientôt peut-être, on évoquera avec nostalgie la liberté dont jouissaient nos grands-mères et leur droit garanti par l’Eglise de consentir ou non à leur mariage.

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