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Le projet de Callac met en œuvre les méthodes du GeneralPlan Ost des Nazis

 

Il faut se rappeler ce que les nazis programmaient

Le Generalplan Ost a été élaboré entre 1939 et 1943 dans le but d’organiser les terres conquises à l’Est de l’Europe, en particulier la Pologne. Cette planification en faveur d’une Nouvelle Europe a pour objectif de conduire un programme de dépopulation-repopulation en vertu d’une science des races et des espaces. L’expression utilisée : « réorganiser les relations ethniques en Europe » mobilise les instances en charge de l’immigration. Pour chaque territoire, il s’agit de créer les conditions de sa « germanisation ». Plusieurs aspects sont étudiés attentivement dont celui de la dépopulation qu’il faut obtenir par déplacement, refoulement, déportation, voire extermination en organisant des famines et condamnant aux travaux forcés. L’idée maîtresse est le déplacement des populations. Il s’agit d’évacuer. Le plan prévoit d’expulser massivement des millions de personnes de la Pologne à l’Ukraine et la Biélorussie. C’est la doctrine du refoulement spatial.

Ces populations sont expulsées en vertu de critères ethniques et religieux. Il s’agit aussi d’exterminer sur place par des mesures de décimation et de famine. Le projet vise à exterminer quelques autres millions de personnes. Pendant toute une première période, l’utopie raciale n’est pas encore atteignable, faute de pouvoir exterminer et déporter simultanément l’intégralité des populations indésirables. Les Slaves en particulier seront des travailleurs maltraités mais utiles pour la conduite de grands travaux, leur disparition se réalisant progressivement. A cette étape de dépopulation, succède une étape de repopulation, planifiées elle aussi sous la forme d’une colonisation par transplantation de quelques millions d’Allemands.

Les Volkdeutsche sont à déplacer, eux aussi, de camps de transit en camps de transit, prenant des Allemands de régions peuplées de l’Ouest – Bade par exemple – à transférer à mille ou deux mille kilomètres à l’Est. Et chaque population de départ est affectée à une destination la plus ressemblante possible pour profiter de la connaissance des terrains : plaines, montagnes, villes etc. Le projet comporte aussi une exigence de croissance démographique rapide de ces colons, afin de rendre le remplacement irréversible. Il s’agit d’inciter ces familles à avoir au moins quatre enfants pour occuper ces immenses espaces, d’assurer leur domination et leur exploitation. Le plan vise la réalisation d’une société pacifiée exprimant toute la puissance de la supériorité d’une occupation aryenne des territoires. Meyer-Hetling recommande une organisation sociale s’appuyant sur un équilibre entre les populations paysannes, les artisans, les ouvriers et les employés des services. Mais l’appropriation du territoire passe par sa transformation radicale, supprimant les traces du passé au profit d’une architecture nouvelle et d’un dessin rénové des paysages agraires.

Afin de lutter contre l’effet de déracinement des colons, les nazis souhaitent modifier la structure même du paysage pour qu’il ressemble au plus vite aux régions d’origine. Himmler demande dès décembre 1942 de planifier cette transformation des paysages pour que les colons s’acclimatent au mieux. A cet égard, le projet de la nouvelle Varsovie est symptomatique d’une intention de destruction des traces de la mémoire, pour lui substituer la banalité d’une ville moyenne, ôtant les témoignages d’une puissance nationale antérieure.

Les six ressorts d’une substitution programmée des populations

Les ressorts de ce programme sont les suivants qui peuvent se résumer en six points qui fonctionnent deux à deux, l’un portant sur les autochtones, l’autre portant sur les migrants, chaque binôme traduisant une asymétrie très marquée, soit une inégalité manifeste de traitement en matière juridique, démographique et culturelle, les autochtones étant ici les Polonais et les migrants, les Allemands transférés :

a) Il est d’abord fondé sur la contestation des droits des autochtones au nom d’une alternative qui dénonce les droits des propriétaires en place. Les colons anglais faisaient de même face aux Indiens, et les colons en général adoptaient cette attitude de non-reconnaissance des populations présentes sur un territoire comme les Espagnols en Amérique ou les Français en Afrique. Le Polonais, par exemple, n’a pas de droit sur ce territoire qu’il cultive depuis parfois une ou deux dizaines de générations.

b) Cette contestation est bien évidemment fondée par le droit des migrants-colons, qui conteste, exproprie, déporte, voire extermine s’il y a résistance. En cas de co-existence temporaire, ce qui fut envisagé dans le plan de Meyer-Hetling par pragmatisme, le nouvel occupant a des droits supérieurs à l’ancien occupant. Immédiatement, s’installe une asymétrie de traitement dissuasive. Ces différences ont été quasi-systématiques dans les processus de colonisation pour faire valoir les droits nouveaux contre les occupants anciens jusqu’à entretenir des modèles discriminatoires entre citoyens et indigènes par exemple dans les colonies françaises. Nous le montrerons par la suite dans le cas de l’Algérie.

c) En application des isolats pensés par Meyer-Hetling, il s’agit de réussir des implantations en écartant les autochtones afin d’occuper des espaces avec des populations homogènes et d’y installer rapidement le nouveau mode de vie des migrants, en cherchant le point critique estimé par les nazis à 50 % de la population sur un territoire donné ; et ce en isolant, repoussant, expulsant, créant les conditions de renoncement à rester là. La colonisation ne vise pas la co-existence, même si elle la gère temporairement. Ce cap sera déterminant des succès comme des échecs coloniaux.

d) la pression migratoire est indispensable, et c’est un des points de vigilance du projet de l’Est que de soutenir la natalité des régions germaniques dont sont originaires les migrants, pour entretenir un flux de déplacement nécessaire à l’achèvement d’un processus de repeuplement. La doctrine de la famille nombreuse a toujours été pratiquée dans les colonies, les Canadiens étant sans doute les plus emblématiques de cette apologie de la très grande famille, dans le but d’occuper les espaces disponibles au détriment des Amérindiens.

e) l’appauvrissement des populations autochtones est ensuite savamment organisé pour en réduire l’influence et les capacités de résistances, voire chez les nazis, en accélérer l’extermination ou la déportation dans des contrées lointaines et de préférence hostiles. A l’instar des colonisations américaines en particulier, le cantonnement, la marginalisation, la déculturation, l’abandon social et économique conduit à l’aliénation et à la destruction des populations indésirables.

f) la déconstruction-reconstruction de l’environnement est à soutenir en vertu de la prééminence des modèles culturels des nouveaux occupants-migrants instaurant leurs mœurs, pour éviter toute acculturation à des traditions locales jugées indésirables et inférieures.

Le parallèle avec Callac

Or, tout cela est bien présent dans le programme de repopulation de Callac en Bretagne avec le transfert forcé de 100 migrants dans une commune de 2.200 habitants. Au lieu d’aider les populations locales, on accorde des droits indus à des « migrants-colons », en appliquant point après point la doctrine de Meyer-Hetling. Bienvenu chez les nazis, même si les types de populations varient, le mode opératoire demeure le même. L’enjeu, produire le déracinement généralisé et l’arrachement de toutes les traditions autochtones, partout dans le monde. A Callac, la génération suivante, c’est immédiatement 500 ou 600 personnes, soit un tiers de la population. Le basculement est fait. Et toute personne raisonnable verra dans l’acharnement de la très GERMANIQUE présidente Ursula Von der Leyen en Ukraine une répétition étonnante d’une dépopulation programmée de l’Ukraine et des migrations forcées de toute part par millions. Le but, à Callac comme en Ukraine, personne ne doit demeurer un autochtone : nomade de luxe, nomade de misère nous dit Jacques Attali et obligation d’un grand mélange généralisé. (cf. mon article d’hier). Le projet racialiste des mondialiste est bien là.

Pierre-Antoine Pontoizeau