Le PS est devenu le Parti sociétal

Le-jour-du-slip1Plus besoin de modifier les rapports sociaux de production et d’échange ; plus besoin de développer la richesse sociale, en vue de réaliser l’égalité sociale ; plus besoin d’appropriation collective de la richesse produite mise à la disposition de toute la société humaine grâce au développement  des forces productives, mettant ainsi fin à la pauvreté et à la non-disposition par tous de tous les biens que l’humanité est capable de concevoir et produire.

En lieu et place de l’égalité sociale, dans le bien-être généralisé : la décroissance, la pauvreté (pour le plus grand nombre)… mais, en contrepartie : l’égalité absolue. Et quelle égalité absolue ? Pas l’égalité des conditions dans le procès de production et d’échange, non, l’égalité sociétale, en la personne de l’égalité homme-femme ; parce que désormais, de par la loi et l’éducation mises en œuvre dès l’école maternelle, nous ne serons plus : ni garçon, ni fille, ni homme ni femme. Nous redeviendrons, comme l’Adam primordial de la Genèse, à la fois homme et femme, selon les périodes ou les moments, selon notre bon vouloir, selon nos caprices et les circonstances.

C’est plutôt sympa, non ?

Au passage, le parti dit « socialiste » – qui avait absorbé à Epinay la vieille maison socialiste SFIO, défendue et maintenue par Léon Blum au congrès de Tours- réalise son « congrès de Bad Godesberg », à la façon parisienne du quartier du marais. Il abandonne tout lien de continuité avec le programme politique du mouvement ouvrier. Il devient un parti…sociétal. Vous me direz, Parti Sociétal ou Paris Socialiste, le sigle, c’est toujours PS. Effectivement, c’est encore PS.

Depuis lundi matin, le PS n’est pas content

Et cela peut se comprendre : Son chef, en sa qualité de guide de Parti Godillot (PG), vient de reculer en débandade devant 100000 manifestants dans la rue, à Paris et à Lyon. Cent mille qui devaient d’ailleurs être beaucoup plus que cela, en réalité.

L’ex trotskiste, de la sous nuance « varguiste », de « droite », devenu sénateur de Paris, fulmine. Il est fu-rieux !!! Pensez, son idole élyséenne a reculé en désordre. Elle a cédé devant la « rue de droite » ; une rue de droite éructant la « pire réaction ».

Enragé, l’ex bolchevique léniniste, forcément, Normal-1er a cédé à la rue rétrograde, il a différé le vote de la loi « famille ». Ses souvenirs de jeunesse remontent en tourbillons impétueux. Alors, il pointe d’un doigt vengeur, à la manière de Robespierre, cette noire réaction qui occupe massivement ces rues parisiennes et lyonnaises que le PS est bien incapable de remplir avec ceux qui croient encore qu’il a quelque chose de valable à apporter à la société des Hommes (au sens générique, « des Hommes »).

Et il nous promet quoi, notre ancien révolutionnaire prolétarien en deuil de la révolution prolétarienne mondiale ?

Selon la presse de ce matin, le « socialisme » de l’ex bolchevique varguiste consistera à donner un statut légal, – vis-à-vis de l’enfant de son conjoint-, au beau-parent.

Pour dire les choses autrement, effectivement, il faut bien le reconnaître, c’était un drame social terrible cette situation de nouveau venu précarisé, dernier ou dernière épousé(e) en date d’un père ou d’une mère biologique se mariant ou divorçant, quel que soit le sexe de la nouvelle passion rencontrée, comme on fait ses courses chaque week-end.

En d’autres termes, on va lâcher la bride

L’imagination va enfin venir au pouvoir ! Il va pouvoir être interdit d’interdire !! Ah mais. Tout cela, bien évidemment, se fera grâce, et dans la continuité, du « mariage pour tous ».

Regardons qu’est-ce que l’imagination sociétale peut bien nous servir comme nouveau succulent plat, familial :

–          Papa et Maman sont « bi », pas bicolores, bisexuels. Papa et Maman se sont séparés. La garde de Petitpierre est alternée.

–          Petitpierre aura : 1 Papa biologique + son amant devenu son époux ou son épouse, une Maman biologique + son amante devenue son épouse ou son époux. Grace à la révolution sociétale familiale, Petitpierre possèdera ainsi : 1° Un père bio, 2° un père (ou « mère ») non- bio (beau-parent disposant d’un statut), 3° une mère bio et 4° une seconde mère/ou père non-bio (beau-parent). Soit quatre parents. Les non-bio auront-ils les mêmes pouvoirs que les « bio » ?

En résumé, avec le socialisme assoulinien, Petitpierre aura Deux pères + deux mères. C’est beau l’imagination sociétale au pouvoir. Remarquez, – pour autant que le Parti sociétal n’abolisse pas la fête de Noël et son Père Noël que certains professeurs des écoles de la mouvance assoulinienne estiment injurieux et irrespectueux pour les enfants de nos braves voisins musulmans- Petitpierre sera gagnant : le Papa Noël lui apportera deux fois plus de cadeaux.

Et ces horribles grincheux réactionnaires anti réforme sociétale dirons encore que le PS n’aime pas les enfants. La preuve qu’il les aime…

–          Autre cas de figure : Marie-Paule a deux parents strictement hétérosexuels. Elle possèdera donc, grâce à la réforme-révolution sociétale assoulinienne : 1 Papa bio + I maman non-bio (beau-parent), 1 maman bio + 1 papa non-bio (beau parent). Là aussi, résultat : quatre parents légaux au lieu de deux. En cas de désaccord, qui arbitre ?

–          Nouvelle situation et nouveaux cas, Papa bio ou papa non-bio (beau parent) se sépare de maman non-bio ou de maman bio. Résultat : Marie-Paule aura toujours Papa Bio sans pour autant avoir avec maman-non-bio + maman bio avec ou sans papa non-bio (devenu ou pas ex beau-parent). On a encore un enfant avec quatre parents de deux sexes par paire. Question : le statut sociétal de « beau-parent tombe-t-il avec la séparation ? L’amour qui a cristallisé entre un conjoint ayant acquis un statut légal auprès de l’enfant, disparaît-il avec ce statut ?

Les mêmes questions, les mêmes incertitudes, les mêmes problèmes créés de toute pièce par une volonté idéologique de détruire la famille monogamique « bourgeoise », se retrouveront. Nous aurions pu pousser le raisonnement plus loin, avec l’établissement de nouveaux liens matrimoniaux hétéro ou homosexuels. On multipliera ainsi le nombre d’autorités légales auprès de l’enfant. On imagine le désordre, le chaos qu’il peut résulter. L’assoulinisme se nourrit de bribes mal digérées du marxisme d’Engels, expliquant l’évolution des formes de la famille, en relation avec les transformations des relations sociales et des modes de production. L’ex bolchevique conserve, semble-t-il, le souvenir obscur de la dénonciation du mariage bourgeois en tant que, souvent, « sauf dans la classe ouvrière » (Engels), forme de prostitution et d’oppression de la femme. Résultat de ces confus souvenirs marxistes : « haro ! Sus à la famille monogamique bourgeoise », et à ce qui entoure le mariage spécifique qu’elle produit.

Le parti solfériniste confond tout

Je me disais qu’après tout, peut-être que le chaos assoulinien sera créateur de formes originales et intéressantes de relations humaines. Avec notre ex terrible révolutionnaire, nous pourrions relire avec intérêt le vieil Engels. Nous redécouvririons la famille punaluenne avec son mariage par groupe. Un groupe d’hommes épouse un groupe de femmes, ou l’inverse. Tous les enfants sont frères et sœurs. Chacun sera époux ou épouse de chacun, selon ses choix et ses inclinaisons du moment.

Si la famille punaluenne peut évoluer en incluant le bisexualisme, un nouvel âge audacieux assoulinien fera enfin entrer l’humanité dans l’ère de la liberté personnelle absolue permettant enfin le « jouir sans entrave » réclamé si bruyamment en 1968 et depuis par tout le petit monde du cohenbendisme.

Ici, « l’utopie au pouvoir », n’est rien d’autre qu’un pseudonyme, un faux nez, pour un chaos qui n’est pas créatif. Ce n’est pas un « Big Bang » intellectuel, mais un affaissement moral ou l’idiotisme devient paradigmatique, se retrouvant érigé en sagesse et en intelligence suprême.

Alon Gilad

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