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Le Ramadan, coutume délétère d’une religion hypocrite

Le Ramadan, l’un des cinq piliers de l’Islam, est un non-sens sociétal qui ne trouve sa justification que dans les préceptes archaïques de la religion musulmane et le besoin constant existant dans l’islam de soumettre ses adeptes.

Les plus hypocrites des pratiquants se trouvent dans les hautes sphères des sociétés musulmanes. On pourrait penser que leur intelligence, leur érudition et leur raisonnement – réels ou supposés – éloigneraient toute velléité d’abrutissement, pourtant dans cette population, celle qui aspire à emprunter une partie des habitudes de vie occidentales, il n’en est rien. Quant aux populations les plus fragiles, la religion occupe une place dominante, essentielle à tous pour se sentir en paix et être reconnu au sein de la collectivité, au travers d’une relation soumise à un dieu un prophète et un livre, qui s’imposent dans tous les actes de leur vie quotidienne, jusqu’à l’hygiène intime.
La cette caste des dirigeants et l’intelligentsia dont ils sont issus, offrent à longueur d’années à leurs sujets un pitoyable exercice d’hypocrisie religieuse pour asseoir et conserver leur pouvoir. Je ne suis pas sûr que le roi du Maroc, Mohamed VI, plus coincé que son père Hassan II, mais notablement érudit, soit véritablement convaincu – pas plus que son père, réputé pour sa conduite quelque peu « débridée », notamment à Paris, jusque vers 1960, avant d’être proclamé roi du Maroc en 1961. (source Emile Duhon, son architecte-conseil, mort en 1983, qui le “cornaquait” à Paris). Son statut de « descendant du prophète » (comme tous ses ascendants), depuis le VIème siècle, lui confère une aura devant le peuple qui, lui baisant la main à chaque occasion, croit dur comme fer à cette fable ! Ça a d’la gueule, c’est chié, non ? dirait jack Lang, Président de l’Institut du monde arabe et grand habitué de “Kech” (Marrakech pour les Bobos) ! Un prophète en djellaba de velours ! « Touche pas à mon roi » incantent-ils à tout bout de champ pour lui prouver cet attachement aveugle !

Ce peuple pauvre, souvent à l’excès, se complait dans cet univers religieux faute d’avoir d’autres références universelles. Tout ce qu’il fait, comme les terroristes qui se réclament de la même religion, se fait dans le dessein sublime d’atteindre à la perfection près d’Allah. Toutes leurs modestes économies sont destinées à encenser le royaume d’Allah et de son prophète. Rien ne compte autrement plus que cet abandon de tout jugement cohérent pour se complaire dans cette adoration sans borne devenu leur seul mode d’existence ! Bien sûr, les musulmans “intelligents”, ceux qui ont reçu de l’Occident la faculté de raisonner, se gardent bien de les détromper.

Dans les hautes sphères de la société, en revanche, on fait souvent semblant d’y croire. Mais on s’affiche bien volontiers, car tout le monde surveille tout le monde, plus encore durant ce « Long mois sacré du ramadan ». Ces bons musulmans, eux, pratiquent “ce jeûne terrible” au frais dans leur maison de 400 mètres carrés avec climatisation, en attendant le “F’tour”, (rupture du jeûne au coucher du soleil), pour commencer leurs agapes. Toute la famille est là, les cousins, les frères, les sœurs, les tantes, les oncles, bref, la smala. Au Maroc, on commence généralement par des pâtisseries, accompagnées de thé ou de café pour « se mettre en tripes » et tenter d’oublier les longues heures de supplice. Une fois stabilisés, on attaque le lourd ! On commence par la soupe traditionnelle, la “Harira”, puis viennent les pastillas, le couscous et autres mets légers que – même chez les gens “civilisés” – on racle avec les doigts. Pas une goutte d’alcool, bien sûr ! Dans la plus parfaite hypocrisie, car la plupart des gens de cette caste ne rate jamais l’occasion, plusieurs fois pas an, d’aller s’encanailler à l’étranger, si possible dans les pays non musulmans. À Paris, ont les aperçoit dans le Triangle d’Or, leur territoire de prédilection, où ils viennent s’hydrater au champagne au “Fouquet’s”, se régaler d’une bonne choucroute à “L’Alsace” ou bien d’un jambon aux truffes noires et aux morilles au “Cinq”, le restaurant du “Four Seasons Georges V”. Ils paradent dans ce quartier huppé surtout pour être sûr d’avoir une chance d’être vus par les nombreux cousins, frères, amis, et autres relations qui grenouillent dans ce triangle huppé où, bien souvent, ils possèdent un pied-à-terre !

Cette caste en constante dissonance identitaire, dont est notamment issu le “Makhzen”, l’appareil étatique marocain, est la plus dangereuse. Comme je l’écrivais par le passé, elle pratique en toute conscience une « Charia douce » qui peut induire, chez les occidentaux, comme on le voit en Europe et ailleurs, le sentiment que l’islam serait une religion tolérante. Elle exporte de façon insidieuse l’idée que les musulmans pratiquent leur religion « dans la paix et l’amour ».

L’extrait du roman « Il pleut à Venise, Hamdullah ! » que je vous invite à lire ci-dessous dévoile quelques aspects de cette hypocrisie. Il met en scène les deux personnages principaux du roman, Alyssa et Loomi, au cours du ramadan.

Je vous laisse découvrir.

Le pilier de sable

« Le Ramadan, l’un des cinq piliers de l’Islam, vient tout juste de commencer. Pour moi, ce n’est pas même un piquet de tente. Je termine une longue journée de travail avec Jean-Pierre, un ami de longue date qui habite Nice et qui vient d’arriver à Tunis. Nous collaborons à la mise au point de son nouveau projet d’études et de construction de maisons à ossature bois. Il est venu pour rencontrer des fabricants tunisiens. Journée un peu épuisante – quarante-cinq degrés minimum – mais supportable car, nous, on a le droit de boire. De boire de l’eau, mais on trouve aussi des restos, le soir, où l’on peut vider une ou deux bouteilles de bon vin tunisien, ce dont nous ne nous privons pas.
Je regrette un peu qu’il soit venu à cette période ; dans la journée, les rues sont vides, tristes et cela donne une image tronquée de ce pays qu’il ne connaît pas. Tout le monde fait la fête jusqu’à trois ou quatre heures du matin et reste dans les brumes du sommeil jusqu’au milieu de l’après-midi. Inutile de préciser que le rendement au travail n’est pas au rendez-vous. Deux mois perdus ! La plupart des musulmans préfèrent prendre leurs vacances en dehors du Ramadan pour profiter de leur temps libre car, durant le mois sacré, ils jeûnent toute la journée et ils ne peuvent pas profiter au maximum de leurs jours de congé. Sur ce point, la Tunisie est très proche du Maroc !
Le résultat est désastreux. Un mois de productivité quasi nulle du fait de la fatigue accumulée au cours de la nuit qui empêche d’être vaillant au travail le jour, sans parler de la recrudescence des pathologies qui suit, dues principalement au dérèglement des rythmes physiologiques. Un non-sens !

Juillet et août, je suis en grande partie à Tunis. Il fait très chaud. Il arrive que le thermomètre frise les quarante-cinq degrés. Alyssa est à Casa où la chaleur torride s’est aussi installée depuis peu. La période du Ramadan est sacrée, pour elle et sa famille, ce que j’ai aussi du mal à comprendre car ils se fréquentent très assidûment tout au long de l’année. Ils sont tout le temps fourrés les uns chez les autres, s’appellent en général plusieurs fois par jour et se réunissent à la moindre occasion. Chez les Musulmans, le cercle familial est un périmètre protecteur qui accroît le comportement grégaire de ses membres et c’est aussi un enclos fortement liberticide. Comme je ne fais pas partie de la famille et que ne suis pas un ami au sens social du terme, il faut que je me fasse à l’idée de ne pas la voir pendant cette période.
Vers vingt heures, mon téléphone sonne.
– Salut, Loomi, tu vas bien ?
– Très bien, et toi Ryma ?
– Chaud, mais ça va. Dis, je suis avec Keisa, mon associée. On va boire
un verre à « Sidi Bou ». Tu viens avec nous ?
Je n’hésite pas une seconde.
– Avec plaisir, ma belle. J’ai vraiment besoin de me changer les idées.

Ryma et Keisa sont architectes. Nous collaborons sur un projet de site industriel tunisien. Je les rejoins dans le patio du restaurant Dar Zarrouk, à Sidi Bou Saïd. Nous passons un agréable moment au frais à siroter un ou deux verres et à discuter architecture, design, peinture… Ryma et son associée font partie de ces femmes tunisiennes libérées, musulmanes athées – et surtout pas hypocrites – qui affichent sans honte leur liberté de penser et de vivre. Elles refusent de faire le Ramadan au prétexte que c’est un dictat religieux. J’aime leur vision de l’Islam et ces longues conversations ouvertes et franches que nous avons ensemble sur un grand nombre d’autres sujets. Avec elles, j’ai vraiment l’impression qu’en Tunisie, comme au Québec dans les années quatre-vingt, la liberté et le progrès viendront principalement de ces femmes courageuses et honnêtes. Sans soumission et sans concession aux dogmes suivis, bon gré mal gré, par un grand nombre d’autres femmes musulmanes. Je me sauve vers vingt-trois heures trente car je ne veux pas rater l’appel d’Alyssa…. Elle m’appelle finalement à… Une heure trente du matin. J’ai perdu du bon temps avec mes amies…
Nous nous souhaitons une douce et belle nuit. Réflexe, habitude, je ne sais même plus si les mots sont sincères. Je dors mal cette nuit-là. Le lendemain, je rentre vers quatorze heures de mon chantier. Je n’ai pas répondu à son message du matin ni aux appels qui ont suivi.

Je l’appelle finalement vers quinze heures en prétextant une panne de batterie. Je commence, moi aussi, à dissimuler la vérité. Les journées du Ramadan se suivent et se ressemblent, longues, avec peu de contact, car il semble que pour Alyssa la diète concerne aussi les échanges amoureux. Je me souviens de ces soirées passées l’année dernière à Casa. Fausse dépendance et allégeance sélective aux principes d’une religion qu’elle affirme ne pas pratiquer mais qu’elle suit à la lettre au cours de ce mois sacré.
Sur les cinq piliers de l’Islam, si je compte bien, elle a fait le « Hajj », le pèlerinage à La Mecque ; elle fait le Ramadan ; elle donne la « Zakat », le soutien aux pauvres, car je la sais généreuse dans ce domaine. Il n’en manque finalement que deux pour qu’elle soit considérée comme une bonne croyante et une pratiquante assidue : la profession de foi « Il n’y a pas d’autre dieu qu’Allah et Mohamed est son messager » et la prière, que je ne l’ai jamais vu faire… Mais nous ne sommes ensemble qu’une infime partie du temps, alors, je peux finalement douter ! Dans tous les cas, elle a la moyenne pour être une pratiquante honorable. Mais elle affirme le contraire. Pratiquerait-elle la Taqîya, enseignée par le Coran ? C’est en tout cas la preuve qu’elle se joue de la religion comme de la vérité… avec modulation de fréquence !
Mes sentiments pour elle sont intacts, mais une lumière rouge vient de s’allumer et clignote maintenant pour m’indiquer qu’il peut y avoir un danger potentiel à continuer d’être naïf et candide à ce point. »

Jean-Louis Chollet