Le rappeur Abd al Malik nous fait le coup de l’islam au secours de la République !

Publié le 28 octobre 2013 - par - 2 752 vues
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Le rappeur, slameur, compositeur et écrivain français Abd al Malik vient de publier un livre intitulé L’islam au secours de la République (1). L’idée est simple : il s’agit de démontrer que, loin de poser des problèmes de violence ou de mettre en cause la laïcité, l’islam – dont l’auteur rappelle le message de paix, de tolérance et d’amour – peut régénérer les principes de la République française, notamment en matière de spiritualité, la France étant, au dire de notre rappeur,  particulièrement déficitaire en ce domaine.

Hélas, l’idée a beau être simple, elle n’en est pas moins fausse ! Pire : c’est le contraire qui est vrai ! C’est justement parce que l’islam a fait son apparition en France que la France a besoin qu’on vole au secours de la République !

Qu’on en juge ! Avant l’arrivée de l’islam, aucune banlieue, aussi pauvre soit-elle, ne pouvait être pensée comme un « territoire perdu » de la République. Avant l’arrivée de l’islam, le monde carcéral n’était pas islamisé. Avant l’arrivée de l’islam, qui donc parlait de laïcité ? Abd al Malik a-t-il seulement compris les concepts de « religion » et de « République » ? A-t-il saisi l’antinomie de ces deux termes ?

La République n’est pas une religion : l’islam en est une. Cette religion ne peut pas être française : aucune religion n’est une nationalité. Pour l’islam, la spiritualité, c’est l’islam. Pour la République, la spiritualité n’est pas nécessairement religieuse : un athée peut être riche de spiritualité. Il n’est qu’à lire, entre autres, Alain ou Comte-Sponville pour s’en apercevoir.

La République condamne la violence. L’islam la légitime au nom d’Allah. La République a aboli la peine de mort : l’islam l’applique. La République permet l’apostasie : l’islam exécute les apostats. La République accepte les homosexuels : l’islam les condamne à mort. La République égalise l’homme et la femme : l’islam pose l’homme supérieur, par décret divin.

La République réprouve l’égorgement des animaux sans étourdissement préalable : l’islam passe outre ce principe de bienveillance élémentaire à l’égard du monde animal. L’islam considère que le cochon et le chien sont  « impurs » : a-t-on jamais vu pareil principe dans notre République ?

La République admet toutes les religions : l’islam n’admet que la sienne. La République est laïque : l’islam est anti-laïque, au point de demander la suppression de la loi de 1905. La République est démocratique : l’islam est théocratique. La République se fonde sur la liberté individuelle, qui confère à chaque être humain – s’il le souhaite – le droit de s’émanciper de sa communauté comme du divin : l’islam vomit ce droit-là. La République ne saurait vivre sans la liberté d’expression : l’islam la dénonce. La République permet le blasphème : l’islam l’abhorre. La République lutte contre le sexisme : l’islam le justifie. La République soutient le féminisme : l’islam le combat. La République garantit l’habeas corpus (2) : cette disposition existe-t-elle dans l’islam ?

Il faut être sérieux ! L’islam ne peut porter secours à la République qu’en faisant table rase de son propre passé, c’est-à-dire en abolissant chez lui tout facteur de servitude ! La tâche est immense : Abd al Malik devrait s’y atteler tout de suite !

Maurice Vidal

(1) Flammarion, 23-10-2013.

(2) «Habeas corpus» («Que tu aies ton corps à toi») ! Cette formule désigne la liberté de disposer de sa personne.

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