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Le « reductio ad hitlerum » va faire gagner Macron

Dans les livres d’histoire et dans les cours de Sciences Po, la campagne de Macron apparaîtra certainement comme celle d’un Bonaparte, non du Pont d’Arcole, mais de la mondialisation, prenant le pouvoir par un 18 Brumaire, c’est-à-dire grâce aux brumes médiatico-politicardes d’un mois de mai que sont les ignobles manipulations d’Oradour-sur-Glane, du Mémorial de la Shoah, de l’hommage à la mémoire de Brahim Bouarram, Marocain mort noyé dans la Seine un jour de défilé FN en 1995.

Philippe Bilger, en 1998 avocat général dans le procès de Michaël Freminet condamné pour le meurtre de Brahim Bouarram, dénonce aujourd’hui une démarche électoraliste. A l’époque, il avait cédé à la bien-pensance et requis contre Freminet en parlant de meurtre alors qu’il s’agissait d’une bousculade ayant provoqué la mort sans intention de la donner. Le Marocain à Paris ne savait pas nager et Freminet ne pouvait le savoir.

Mais Bilger votera Macron.

http://www.atlantico.fr/decryptage/brahim-bouraam-victime-mais-pas-fascisme-3035926.html

De même, pour ce qui concerne la visite de l’amateur de cougar au Mémorial de la Shoah. Finkielkraut, fils de déportés, dénonce la manœuvre. «On ne peut pas faire de l’extermination des juifs un argument de campagne. Les morts, et ces morts tout particulièrement, ne sont pas à disposition. Le devoir de mémoire dont on parle tant consiste à veiller sur l’indisponibilité des morts », dit le philosophe qui s’hystérise facilement.

Mais Finkielkraut votera Macron.

Il faut lire les journalistes étrangers comme Ross Douthat du New York Times pour trouver quelques vérités qu’aucun journaleux français n’osera jamais écrire.

L’éditorialiste new-yorkais note que «le politicien que Le Pen a le plus clairement tenté d’imiter n’est pas son père ou le maréchal Pétain mais Charles de Gaulle». Il écrit également: «Même les propos les plus controversés de la campagne de Le Pen, le fait qu’elle nie la complicité de la France dans la déportation des juifs français, étaient profondément gaullistes: il s’agissait d’insister que la vraie France était celle du gouvernement de De Gaulle en exil, pas celle de Pétain.»

Ce qui est une manière adroite de dénoncer les mensonges de la Firme Macron, la manipulation ignominieuse des médias, les insultes du showbiz, les simagrées des universitaires, la couardise de la droite qui se prétend gaulliste et qui n’est que la cinquième roue du carrosse macronien.

La reductio ad hitlerum permanente laisse penser que les idoles progressistes sont loin d’être finies et qu’elles régneront encore longtemps et surtout que «très peu d’hommes se [sentent] assez clairvoyants pour débrouiller les forces à l’œuvre derrière les grands débris pourrissants.» (Paul Nizan, Aden Arabie).

Il n’est plus possible de prétendre que la France est majoritairement à droite, ni à gauche.

La France est majoritairement dans la “télé-réalitude”. Un univers creux que l’amollissement de la pensée et des mœurs, la disparition du courage politique a permis de prospérer. Une France consommatrice de paillettes médiatiques, d’Hanouna et de rejet de la culture, d’ignorance crasse et de haine de soi qui ressemble à une basse-cour de poules étêtées.

Ce matin, des discours de Dupont-Aignan et Marine Le Pen la veille à Villepinte ne demeure qu’une accusation de plagiat pour la reprise par la candidate souverainiste de trois ou quatre phrases peu importantes d’un discours de Fillon (les communicants qui se contentent de copier-coller pour écrire un discours mériteraient quelques solides baffes). L’accusation tourne en boucle sur tous les médias.

En cette fin de campagne, les sondages ne bougent plus. 60-40.

«La coalition médiatico-politique et financière se porte mieux que jamais; elle s’adapte à toutes les situations, y compris à la mort d’une forme de bipartisme qui ne trompait personne, au sein de l’enfumage démocratique», écrit Richard Millet.

La coalition a gagné. Les jeux sont faits. L’ère du vide s’impose. Et son nom est Macron «parce que Macron est tout ce qu’on veut: de gauche, de droite, du centre, hétéro, homo, gendre idéal, fils rêvé, intello, pragmatique, “prodige”, marié avec sa mère, mais pas encore père, et tout dévoué pour finir d’évacuer l’idée de nation française dans un «espace France» ouvert au grand rut migratoire et à la soumission». (encore Richard Millet).

Bel-Ami sera au pouvoir. Et nous en résistance.

Marcus Graven