Le rejet massif de Sarkozy prépare la victoire de Hollande… et celle de Marine Le Pen en 2017

Publié le 23 avril 2012 - par - 4 004 vues
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Le 22 avril 2012, les Français ont choisi de sanctionner sévèrement le président sortant Nicolas Sarkozy.

Les Français se sont déplacés massivement  aux urnes le 22 avril 2012 et ont indiqué aux médias et aux  commentateurs politiques, qu’ils s’intéressaient toujours à la politique. La participation aura été très élevée  80 % bien qu’inférieur à 2007 et une abstention de 19,44% des électeurs inscrits.

Voici les premières réactions des candidats à l’issue du résultat des premières estimations sorties des urnes.

Jean-Luc Mélenchon :

« Je vous appelle à vous retrouver le 6 mai sans rien demander en échange pour battre Sarkozy »

« Je vous demande de ne pas traîner les pieds, je vous demande de mobiliser comme s’il s’agissait de me faire gagner moi-même l’élection présidentielle. Ne demandez rien en échange, seulement l’acte de votre conscience ».

« Nous aurons été la force politique nouvelle, la seule qui ait percé et qui soit née dans cette élection. C’est nous, dès lors, qui avons les clés du résultat ».

Éva Joly :

« J’appelle dès à présent toutes celles et ceux qui ont voté pour moi, et au-delà toutes celles et ceux qui sont attachés aux valeurs de la République à tout faire pour que notre pays sorte enfin du sarkozysme en se rassemblant autour de la candidature de François Hollande qui doit désormais porter toutes les couleurs de la gauche et des écologistes ».

« Je vous appelle à faire des 15 jours qui viennent, 15 jours de mobilisation permanente. La belle date du 1er mai doit être un symbole de justice et de fraternité contre l’extrême droite et ses idées marquant notre volonté de reconquête républicaine ».

Marine Le Pen :

« Nous sommes la seule opposition à la gauche libérale, laxiste et libertaire. »

« Ce n’est qu’un début, continuons le combat. »

« La bataille de France ne fait que commencer. »

François Bayrou :

« Je vais m’adresser aux deux candidats (…) leur dire ce qui est pour nous essentiel. »

« J’écouterai leur réponse et je prendrai mes responsabilités. »

« Je pense ce soir en premier lieu aux trois millions de Français qui m’ont apporté leur suffrage » mais « ce n’est pas le score que nous espérions ».

« Mais il suffit de regarder ce paysage éclaté, le trouble du pays, les difficultés économiques et financières pour comprendre que ce qu’il faut pour l’avenir, ce qu’il faut construire d’urgence, c’est une force d’équilibre au centre qui résiste aux extrêmes et aux démagogies ».

François Hollande : 

François Hollande a estimé être « le mieux placé pour devenir le prochain président ».

Les résultats sont pour lui « un désaveu du candidat sortant, dont le discours tout au long de ces derniers mois a fait le jeu de l’extrême droite ».

Le 1er tour est une « sanction du quinquennat qui s’achève ».
« Je suis ce soir en tête du premier tour. Je veux remercier chaleureusement les électrices et les électeurs qui, par leur suffrage, m’ont placé dans cette position qui m’honore ».
« Au terme de ce premier tour, je suis le candidat du rassemblement pour le changement ».
« Le 6 mai, je veux une victoire, une belle victoire, à la hauteur de la France, de son Histoire et de son avenir ».

Philippe Poutou : 

Philippe Poutou appelle à « dégager Sarkozy le 6 mai ».

« Nous n’apportons aucun soutien à la politique de François Hollande ».

Appelant à « préparer la riposte unitaire » il déclare qu’ « il va falloir s’organiser » en demandant « à la population de prendre les affaires en main ».

Nicolas Sarkozy :

Nicolas Sarkozy a proposé trois débats avant le second tour, estimant que « tout doit être débattu sans hypocrisie ».

Il appelle à s’unir autour de lui au nom de « l’amour de la patrie ».

Le candidat socialiste  François Hollande arrive en tête de ce premier tour avec  28,63% des suffrages exprimés.

Le président sortant Nicolas Sarkozy recueille 27,08 % des suffrages exprimés. C’est la première fois sous la 5éme République qu’un Président en exercice n’aborde pas le deuxième tour devant son challenger pour le sprint final.

La grande surprise de ce premier tour, c’est la percée spectaculaire  de Marine le Pen  candidate du Front National qui obtient  18, 1 %  des voix exprimées dans une telle élection.

L’on s’aperçoit que les thèmes qu’elle a portés lors de cette campagne électorale ont rencontré l’adhésion d’un nombre important de nos compatriotes.

Marine Le Pen  a marqué des points sur  des thématiques que les partis du système ont tenté d’éluder tels que la crise de la zone euro, la spoliation par les banques des deniers du Peuple, le désastre  de l’Europe libérale  qui est responsable de la paupérisation  des Français.

Marine Le Pen a également mis au centre du débat présidentiel  les problèmes sociétaux tels que l’immigration, l’islam radical, l’insécurité,  qui seront pour l’avenir des thèmes sur lesquels les autres partis politiques ne pourront plus faire l’impasse.

Le vote Marine Le Pen n’est plus un vote de protestation, mais un vote d’adhésion.

L’immigration, l’insécurité, la montée inquiétante de l’islam radical en France et le développement de revendications communautaristes portées par des groupes politico religieux qui combattent de l’intérieur notre République une et indivisible, laïque, sociale et féministe sont devenues plus qu’insupportables pour un nombre croissant de nos compatriotes.

Le candidat du Front de Gauche  s’est effondré, alors que tous les sondeurs du système le voyaient comme étant le troisième de cette Présidentielle. Il ne recueille que 11,13 % des suffrages, bien moins que ce qu’il espérait. Cela aurait été un comble que ce transfuge du PS  ressuscite un PC moribond dont l’idéologie stalinienne  a été dévastatrice  et meurtrière pour les peuples des anciens pays du bloc soviétique.

Le candidat centriste François Bayrou fait les frais de cette recomposition politique qui se dessine à l’horizon avec le score très important de Marine Le Pen à la droite de la droite. Il atteint péniblement 9,11% et ne peut plus espérer jouer un quelconque rôle significatif, dans l’entre deux tours. Ayant tapé pendant des années sur Sarkozy, ses électeurs devraient se reporter naturellement sur le candidat socialiste François Hollande.

Ce qu’il faut tirer comme enseignement de ce premier tour, c’est que l’’UMP  se retrouve dans une situation  périlleuse pour le deuxième tour.  Nicolas Sarkozy a très peu de réserve de voix pour espérer gagner le 6 mai prochain.

Ce qui arrive à Nicolas Sarkozy n’est que le juste retour d’un quinquennat catastrophique sous sa Présidence.

Les Français lui font payer  son insolence, sa désinvolture, son cynisme, son arrogance, sa vulgarité, et sa proximité avec les patrons du CAC 40.

Il a laissé la France dans un état pitoyable sur le plan financier, économique et social et il mérite amplement  la correction que viennent de lui infliger les Français.

Il a permis à la gauche de se retrouver en position de gagner depuis 1988 une élection présidentielle, après trois tentatives infructueuses.

Il a permis aussi qu’une nouvelle opposition de patriotes incarnée par Marine Le Pen se construise  face à une UMP qui devrait imploser et se retrouver dans une position des plus délicates pour les élections législatives du mois de Juin prochain.

Il faut rappeler que 30 % des électeurs se seront portés sur des candidats anti-système  (Front National et Front de Gauche) qui auront dénoncé la politique économique menée par l’Union Européenne.

Nous retrouvons la fracture qui était apparue en 2005 lors du référendum sur le traité Constitutionnel européen entre les élites de la pensée unique et ceux qui se refusaient à poursuivre l’Europe libérale, le libre échange,  la soumission aux marchés et à la mondialisation de l’économie.

François Hollande devrait être le prochain Président de la République, car, sauf accident de parcours où événement international qui pourrait changer la donne, rien ne l’empêchera de succéder à Nicolas Sarkozy que les Français veulent renvoyer à ses chères études.

La gauche sera attendue au tournant, car beaucoup de nos concitoyens n’ont pas oublié les espoirs déçus de 14 ans de mitterrandisme.

La gauche va devoir affronter les puissances d’argent, qui ne vont pas lui simplifier la tâche et feront tout pour que celle-ci ne puisse pas appliquer le programme qu’elle a présenté au Peuple de France.

Pour autant je pense, sans trop prendre de risque, que les Français choisiront malgré tout François Hollande, comme nouveau Président de la République, le 6 mai 2012, le seul qui leur parait aujourd’hui à même de réduire les inégalités et les injustices sociales  et leur redonner un petit espoir d’une vie meilleure, bien que l’environnement économique, financier et social de notre pays soit des plus sombres.

Le rejet de Sarkozy est tellement fort qu’il a contribué à faire revenir la gauche au pouvoir. Décidément Sarkozy nous aura tout fait.

Il reste à préparer pour l’avenir une alternative à cette gauche libérale, pro-européenne et mondialiste, qui ne veut pas reconnaître et admettre que ce  système capitaliste actuel détruit les États-Nation.

Après le 6 mai, nous serons toujours dans la crise économique, financière dans lequel les États sont empêtrés. L’Euro ne devrait pas survivre à l’endettement abyssal des États de l’Union européenne et de leurs déficits publics.

Nous ne pourrons pas relancer la croissance, si nos gouvernants n’ont pas le courage de prendre la décision de ne pas rembourser l’intégralité des dettes souveraines qui ont été accumulées au cours des décennies passées et qui ont  permis  aux  banquiers  de s’enrichir sur le dos des contribuables que nous sommes tous. Dois-je rappeler que sur un endettement publique de 1700 milliards d’euros la France a payé à ses créanciers depuis 1973 environ 1400 milliards d’intérêts, sans que sa dette souveraine  n’ait diminué d’un iota. Un véritable scandale qui a contribué à appauvrir la France et à fragiliser son indépendance et sa souveraineté face à ses concurrents dans le concert des nations.

Nous devons donc nous préparer à construire une nouvelle force politique autour de patriotes venant de la gauche et de la droite et qui ont à cœur de défendre l’indépendance et la souveraineté de la France qu’aucun des deux derniers finalistes à la fonction suprême de 2012  n’est capable d’offrir à nos compatriotes désenchantés.

Et comme il est à craindre que la gauche gouvernera dans le sens des marchés et des multinationales, Marine Le Pen n’aura pas de mal à accéder au Pouvoir en 2017.

Fabrice LETAILLEUR

Voir son blog

http://lebloglaicdechamps.over-blog.com/

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