Le retour du Franc et de la souveraineté monétaire du peuple

Plus de cinquante ans que les politiques de droite comme de gauche nous annoncent la réforme du système monétaire et financier. Tous ces pères la morale de l’économie nous vendent la régulation ou son corollaire, la dérégulation, comme politiques sacrées pour lutter contre les excès ou un « retour aux sources » d’un capitalisme qui n’en a plus que le nom. Les méchants de Black rock and co seront mis aux pas, nous disent-ils. L’État et les instances de régulation vont agir pour mettre un terme aux pratiques de tous ces escrocs de la finance. Le peuple se sentant compris se dit : ENFIN ! Nous allons voir le bout du tunnel et notre condition va soudainement devenir rose…ou bleue, selon le parti.
Pourtant, élections après élections, politiques de régulation après politiques de régulation, les seules mesures de contrôle que le citoyen honnête voit surgir sont toutes les taxes, lois et normes coercitives imposées par cet État « régulateur » et « bienveillant ».

Et pendant que vous trimez pour vous en sortir, les bourses du monde entier atteignent des sommets jour après jour.
Le constat s’impose. Ce ne sont pas la finance et les escrocs en tout genre qui peuplent cet univers que l’État veut réguler, mais le citoyen honnête, qu’il cherche à soumettre un peu plus.

Mais alors comment sortir de ce calvaire au quotidien ? Comment ne plus dépendre de ce petit monde de pervers malfaisants ? Ils veulent vivre ainsi, très bien, mais nous ne voulons plus dépendre de leurs lois financières et de ce système monétaire qui corrompt plus qu’il ne permet de vivre librement.
Les théories économiques de plus 700 pages ne manquent pas pour justifier, après de longues démonstrations verbeuses et soporifiques, la nécessité de changer de modèle financier. Intentions louables, oui, mais concrètement ? Tous se gardent bien de le dire ou s’ils le font, l’État reste, dans la majorité des cas, le seul acteur pouvant apporter ces évolutions favorables aux citoyens honnêtes.
Mais qu’attendre d’un État et d’une classe politique qui, au mieux font semblant, au pis veulent vous asservir ? Je vous laisse répondre par vous-même à cette question.
Personnellement, je vois une autre voie qui ne nécessite pas l’assentiment de l’État, du monde politique, du monde financier et du monde universitaire pour vivre dignement de son travail et envisager l’activité économique comme une réelle source de réalisation personnelle et d’échanges constructifs.

En effet, chaque activité humaine peut se penser comme un projet. Pour réaliser un projet, il faut des capitaux, ne serait-ce que pour payer les prestataires, les matières premières et son travail. Mais pourquoi passer par un crédit pour ce faire ? Pourquoi encore dépendre d’un système monétaire étatique qui ne permet aucune marge de manœuvre pour entreprendre et ne prête qu’aux riches ?
Imaginez un peu la chose suivante. Vous êtes entrepreneur, vous avez une idée de projet. Muni d’un calepin, vous notez sur celui-ci tous les coûts engendrés pour mener à bien votre entreprise. Vous faites des devis ici et là. Vous évaluez les matières premières et matériels qu’il vous faudrait acheter et puis, sur la base de la bonne foi, vous évaluez le coût horaire de votre travail personnel au temps passé. Vous notez tout cela dans votre petit calepin, dans la colonne crédit de celui-ci. Oui, plus besoin d’aller chez le banquier, vous devenez votre propre banquier et la monnaie créée ex nihilo, c’est vous qui en devenez le créateur. Idée séduisante !

Ainsi, vous allez trouver votre fournisseur qui, lui aussi, est muni de son petit calepin. Et après vous être entendus sur un prix et une prestation, vous créditez son calepin dans sa colonne crédit du montant de sa prestation, qu’il s’engage à vous fournir. En retour, lui, vous déduit de votre crédit monétaire le montant de sa prestation dans votre colonne débit. L’affaire étant conclue, le travail peut commencer pour lui comme pour vous. Et puis pour rassurer tout le monde, vous pourrez établir une facture comme à l’accoutumée.

Ensuite, vous me direz, et pour acheter mon pain tous les jours ? Votre solde créditeur sur votre calepin pourra remplacer votre porte-monnaie et votre commerçant pourra vous proposer ses produits à des prix plus attractifs, « investissements déduits » de son prix de revient.

Le principe peut paraître simple et enfantin, mais une monnaie n’est qu’une convention d’échange. Elle n’est viable que si elle est reconnue librement comme telle par ses usagers. Pour ce faire, nullement besoin d’un État, d’instances de régulation, de comités Théodule, de sachants, juste d’avoir envie de faire les choses et, par un moyen simple et accessible pour tous, de les mener à bien. Car au final, la souveraineté monétaire est une affaire qui nous concerne personnellement en premier lieu. L’accessibilité à l’argent pour agir et faire ce que l’on souhaite entreprendre ne devrait nullement être un problème pour qui que ce soit.

Étienne Darcourt Lézat
Entrepreneur dans le cinéma et les arts, économiste

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2 Commentaires

  1. Je vous recommande la vidéo de Mme Sylvie Charles sur YouTube …. Elle vous donne les raisons qui font que plus rien en France ne peut fonctionner et que notre constituions et bafouée en permanence. Sidérant ! ( cette vidéo est incluse dans la lettr de Michel Dogma de ce jour )

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