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Le SIEL appelle à une alliance incomplète des droites 

 

Il n’aura pas fallu attendre bien longtemps pour que le président de Souveraineté, identité et libertés, l’avocat Karim Ouchikh, propose un socle de discussion concret pour défaire Macron et LaREM, fort d’un programme bien charpenté.

Rappelons d’abord qu’il y a trois jours, le SIEL a été le premier à jeter les bases de cette union, mais assortie d’un préalable de quatre conditions : https://ripostelaique.com/marion-soutient-marine-pour-que-rien-ne-change.html

Hier, Karim Ouchikh s’est fendu d’une vidéo supplémentaire sur YouTube pour accélérer ses propositions.

Il y résume sa certitude de voir le président Emmanuel Macron décrocher haut la main un second quinquennat fort des voix déjà acquises et de celles du résultat du scrutin européen du 26 mai. Point n’est besoin de revenir sur le maigre écart RN/LaREM et les 13 % de l’escroquerie écologique immigrationniste à la botte de l’État Macron.

Alors le SIEL met en garde : le piège mitterrandien fonctionnera encore

Ledit piège ayant été, ce que ne dit pas Karim Ouchikh, un piège à double effet : rendre la droite de l’époque inéligible, tout en confortant le premier des Le Pen utile au système dont la famille vit encore confortablement aujourd’hui. L’affaire est donc dans le sac tant que le pouvoir pourra agiter Marine ou Marion.

Fort de constat prévisible, l’ex-corollaire du FN qu’était le SIEL avant de s’en faire virer comme un malpropre et trouver enfin toute latitude, en appelle désormais à une alliance historique du bloc des droites, sur le modèle européen qui fonctionne actuellement.

« Les vraies droites doivent se réunir ».  Mais encore ?

« les forces politiques qui accepteraient de s’ouvrir aux républicains (N.D.L.R. JC :  parle-t-on de LR car tout le monde est républicain?) lesquels devraient de leur côté consentir à se délester de leur composante centriste, partie en nombre rejoindre le camp présidentiel ».

« Cette entreprise ne réussira qu’à partir d’un projet qu’il nous faut collectivement bâtir, un projet de civilisation qui sera social, identitaire et conservateur, tourné vers les grands enjeux de l’avenir, qui ne négligera aucun défi et péril de ces temps : les grandes transhumances migratoires, l’islamisation de notre continent et les menaces climatiques ».

Notons au passage que depuis les 13 % d’Europe Écologie Les Verts aux européennes, c’est la course à l’échalote dans tous les partis pour être plus vert que vert.

« Il faudra nous ouvrir collectivement auprès du RN, lequel devra apprendre à construire des alliances et non plus compter sur des ralliement individuels ».

Moyennant quoi, le SIEL demande à Marion Maréchal, aux Ménard, à N. Dupont-Aignan, J.-F. Poisson  …  : « de se réunir très vite – avant cet été – pour préparer les conditions de l’alternance politique  en oubliant les querelles du passé, les arrière-pensées  politiciennes pour le redressement de la France en 2022, pour le bien commun et la prospérité de son peuple ».

https://youtu.be/CVJfZoe2ynI

Ce qui ne colle pas dans l’appel du SIEL : une interlocutrice déjà privilégiée et des oublis gênants 

Si l’analyse et l’engagement du SIEL montrent à l’évidence la stratégie urgente à adopter et à mettre en route, quelques points sont à éclaircir, notamment, calendrier oblige, en prévision des élections municipales.

Pourquoi Karim Ouchikh s’adresse-t-il à Marion Maréchal (ne plus dire Le Pen) alors que sa tante, Marine Le Pen, est encore présidente du RN et que sa nièce n’a, dimanche soir, pas confirmé son retour en politique ?

L’utilité de la fondatrice-directrice de l’ISSEP n’est-elle pas justement d’œuvrer à l’ISSEP, alors que le népotisme des Le Pen en fait des candidats aux responsabilités perpétuellement perdants ?

Le Rassemblement National, en rupture en surface des pratiques Marino-Mariono-Philippot, a toute sa place dans une alliance des droites, mais rien que sa place, sans hégémonie aucune.

Enfin, l’appel pressant du président du SIEL laisse planer un sérieux doute. À deux reprises, ce qui laisse à penser qu’il ne s’agit point d’un oubli, ni le Parti de la France et son président expérimenté, Carl Lang, ne sont cités, ni la Dissidence Française et son président Vincent Vauclin.

Voilà qui augure mal pour une union sacrée.

Jacques CHASSAING