Le SNES de Nice appelle au boycott d’Israël !

Publié le 23 mars 2009 - par
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Permettez-nous d’exprimer notre étonnement quant à cette prise de position qui ne devrait pas avoir cours dans le monde syndical dont la vocation première est d’être le porte-parole vigilant du monde du travail ; cela n’empêche pas ses membres d’adhérer à un mouvement politique ou associatif,mais cela est du ressort du privé. Demander à la direction nationale du SNES une intervention publique politique est une entorse à la pratique syndicale.

Notre deuxième interrogation vient du choix de la « cause » que vous prétendez défendre, d’autant plus que nous ne vous avons pas du tout ou très peu entendu sur les 300000 morts du Darfour, sur les 250000 morts lors de la guerre civile algérienne ; nous ne vous avons pas davantage entendu protester contre les autorités du Zimbawe dont la population est touchée de plein fouet par l’épidémie de choléra :plusieurs milliers de morts. La liste serait trop longue ;votre sollicitude à géométrie variable ne concerne qu’Israël et les palestiniens !

Nous sommes également surpris par le fait qu’un syndicat d’enseignants comme le vôtre n’alerte pas l’opinion publique sur l’analphabétisme galopant dans de nombreux pays arabes .Non, seule semble vous préoccuper le sort des Palestiniens et en regard la monstruosité des Israëliens !

Parler de massacre pour évoquer la guerre qui selon des observateurs palestiniens a fait beaucoup moins de morts que ceux annoncés mais pas vérifiés par des partis proches du Hamas, est au mieux une faute au pire un dévoiement du vocabulaire inadmissible de la part d’enseignants.

Parler de ghetto, de blocus qui affame, des exploiteurs et des oppresseurs sans jamais dénoncer la situation des femmes, des homosexuels, des trop nombreux chômeurs dans ces pays arabes, est un mensonge par omission.

Soutenir la manifestation à laquelle certains d’entre vous ont participé en acceptant que des manifestants appellent à la mort des juifs, hurlent le nom d’Allah dans les rues parisiennes, déversent une haine digne des pires discours des années noires, demandent le boycott d’Israël « dans les transports, la distribution les universités…. », ne vous posent pas de problème.

Vous dévoyez, par vos propos et votre soutien sans condition à des mouvements antisémites qui déversent la haine, votre fonction d’enseignant.

Nous espérons que le SNES national ne donnera pas à votre demande l’accord que vous réclamez !!!

Mireille Kukawka

Texte du Snes de Nice

« Pour venir en aide au peuple palestinien, le SNES doit s’engager dans le boycott d’Israël »

Du 27 décembre au 20 janvier, l’Etat d’Israël s’est livré à un massacre sans précédent depuis 1967. Dès lors, pas un jour ne s’est écoulé sans une incursion, un raid, une menace contre Gaza ou la Cisjordanie. Le blocus qui affame un million et demi d’êtres humains, parqués dans un ghetto grand comme l’Andorre, perdure.

Qui viendra au secours des palestiniens ? Pas Sarkozy, qui a dépêché une frégate pour renforcer le blocus. Pas Obama, ni aucun des Etats de l’Union Européenne qui constituent, aux dires mêmes d’Olmert, un « front uni (…) sans compromis en ce qui concerne la sécurité d’Israël » (discours du 18/1 à Jérusalem). A ce front uni des exploiteurs et des oppresseurs, le mouvement ouvrier doit opposer celui des exploités et des opprimés.

Le 17 janvier, à Paris, 20 000 manifestants ont répondu à l’appel d’associations stipulant : « Il faut que notre principal mot d’ordre soit le boycott de toutes les relations et collaborations avec Israël. Il faut que les partis et syndicats organisent le gel de toutes les importations et exportations concernant Israël et notamment les ventes et achats d’armes ».

Un appel signé par les mêmes associations, adressé aux « syndicats, partis et organisations du mouvement ouvrier, associations et élus locaux », leur demande de s’associer à une campagne pour « organiser le boycott effectif d’Israël dans les transports, la distribution et le commerce, les universités, les laboratoires… et contre toute initiative de soutien et de propagande en faveur d’Israël ». Le congrès du SNES doit répondre favorablement à cet appel.

Il est possible d’infliger des coups sévères à Israël : 34% de ses exportations s’écoulent en Europe, une part considérable transite par Marseille. La France est le premier fournisseur d’armes européen de l’armée israélienne. Des firmes comme Alsthom, Veolia, Thales sont aux premières loges des chantiers coloniaux.

Et l’éducation ? Darcos a signé le 14 décembre dernier un accord de coopération éducative avec Israël (prévoyant notamment la mise en place d’un bac franco-israélien, ou encore un contrat sur la biométrie entre l’université de Lille et la ville de Haïfa). Or, le système israélien promeut tout ce à quoi s’oppose le syndicalisme enseignant : endoctrinement, militarisation, révisionnisme, obscurantisme. C’est l’antichambre de l’armée israélienne.

Le congrès académique du SNES de Nice réuni à La Londe-les-Maures les 12-13 mars 2009 reprend à son compte l’appel initié par Europalestine et demande au congrès national du SNES de le cosigner également afin d’appeler à l’organisation du boycott d’Israël. »
Résultats :

POUR : 40

CONTRE : 11

ABSTENTIONS : 25

REFUS DE VOTE : 0

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