Le sport demeure le dernier lieu où l’élitisme est la règle

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L’Argentine prive le système macronien d’endosser les habits de la victoire et particulièrement au président d’aller faire le beau. On l’aurait bien imaginé dire ses vœux en maillot de l’équipe de France, comme un Zelensky. Nous échapperons sans doute à cela. Le général Macron n’aura pas sa troisième étoile, et c’est tant mieux. Il est assez de deux.

Pourtant à bien y réfléchir, il le pourrait faire, mais l’idéologie dominante de ‘’nos élites’’ l’en prive, et c’est tant pis, cette fois.

En effet le sport est l’un des lieux qui garde une vertu que la mode bannit depuis 1968, l’élitisme. En celui-ci l’on ne cherche pas la réussite d’une classe d’âge au Bac, l’on ne dit ‘Tous à l’université !’. On ne prétend pas que nous sommes tous égaux et que les talents sont équitablement répartis. On ne prétend pas que nous avons tous les mêmes droits, ni que ma liberté de paraître être ce que je veux – une femme alors que je suis un homme – m’ouvre les portes d’un célèbre concours de beauté diffusé sur TF1 samedi dernier. Dans le sport, un goal restera un goal, un avant-centre ne sera jamais l’élément leader de la charnière centrale de la défense. Et un noceur ne saurait être le leader d’un vestiaire.

Plus encore : Une équipe féminine aura sa propre compétition ! Voilà qui devrait faire enrager nos ‘’féministes’’, non ?

Cette Coupe du monde donne une claque à de nombreux pans de la ‘’pensée’’ politico-médiatique. De là à ce que ceux qui la commentent admettent cette défaite, il y a un pas que nous ne franchirons pas.

Pire encore : on aura observé que tous les joueurs de la brillante équipe marocaine sont nés, furent élevés et formés en Europe. Comme les joueurs de l’équipe de France ; quelle que soit leur origine ethnique et la religion qu’ils pratiquent. Ne devrions-nous pas nous féliciter de cet aspect des systèmes éducatifs européens ? Nul doute qu’un classement Pisa dans le sport offrirait à notre société de meilleurs résultats que dans les matières scientifiques ou littéraires. Mais l’admettre obligerait à reconnaître que le travail, l’opiniâtreté, la discipline, les sacrifices, le respect des règles et… la sélection sont les vecteurs de cette réussite.

Outre que donner en exemple les succès des modèles éducatifs et sportifs occidentaux ouvrirait la porte à des comparaisons avec ceux pratiqués outre Méditerranée, en leur défaveur. Inavouable !

D’autres domaines portent encore ces valeurs (et en ajoutent d’autres) : on songe immédiatement à l’armée et au système qui permit à un Thomas Pesquet ou permettra peut-être à une Sophie Adenot de voir le monde d’en-haut. Quoi de plus rétrograde que les concours des grandes écoles françaises ! On y enseigne l’excellence au milieu de la rivalité. Car la vie est ainsi, elle porte la seconde en son sein depuis le plat de lentilles et le frère du fils prodigue ; elle a besoin de la première pour susciter l’envie de se dépasser et d’embellir les rêves et les pensées d’autrui.

Las, le pouvoir politique comme le pouvoir médiatique, tenus par la rage du ‘moi d’abord’, qui que je sois et quels que soient mes valeurs et mes mérites, tenus également par une idéologie destructrice anti occidentale – monde face auquel ils n’ont rien à proposer sinon le vide – ne saurait l’admettre. Leur égoïsme les pousse à museler toute pensée contrariante des systèmes éducatifs, jusque l’université.

Sortez vos enfants des écoles !

Bertrand du Boullay

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