Le sublime Herbert von Karajan n’a jamais été nazi… contrairement à l’homme de gôche Günther Grass

Publié le 23 juin 2013 - par - 11 376 vues
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Sept ans ont déjà passé. Ce n’est que le 11 août 2006, soixante et un an après la fin de la guerre que, « pétri de remords », Günther Grass, auteur du Tambour et Prix Nobel de Littérature, avoua à la Frankfurter Allgemeine Zeitung : « J’étais dans la Waffen SS ». Fait jusqu’alors soigneusement caché dans les biographies de l’écrivain, né en 1927. Et, il ajouta : « Ca devait sortir. » Avouer une telle honte ne l’exonère pas de la faute.

http://www.faz.net/aktuell/gesellschaft/menschen/guenter-grass-enthuellt-ich-war-mitglied-der-waffen-ss-1354882.html

En voilà un, qui a adhéré, en conscience, au national socialisme et qui est resté socialiste. Homme de « gôche », une référence pour l’Allemagne et en particulier sa jeunesse ! Il n’était pas un simple « suiveur », comme l’étaient des millions d’Allemands, qui avaient l’obligation d’être dans la Hitlerjugend.  Mais un homme, qui consciemment avait intégré l’idéologie nazie. Alors que d’autres, devenus célèbres furent frappés injustement du sceau de l’infâmie, comme Benoit XVI, un simple suivant, ou encore Herbert von Karajan, sur lequel est toujours colporté bêtement, par ignorance, une appartenance, sinon, une proximité avec le régime nazi. J’accuse ici, en particulier les médias français. Je voudrai démontrer ici, comme sont funestes les manipulations des médias mainstream. Ce fut d’ailleurs le cas pour Pie XII, réhabilité dans le livre du Rabbin Dalin : Pie XII et les juifs. Dans lequel témoignent des personnalités comme Golda Meir, Albert Einstein et tant d’autres en faveur de ce Pape que les médias ont mis à sac. Ce Pape qui a sauvé jusqu’à 800.000 juifs.  Mais, c’est la réputation de Herbert von Karajan que je veux rectifier une fois pour toute ici, pour les lecteurs de Riposte Laïque.

herbertvonkarajanJe vois d’ores et déjà la bien pensance me lancer « l’historien » Rathkolb à la figure, mentionné dans le Point et die Welt, réputés de gôche et qui nous raconte que Karajan se serait inscrit par deux fois au parti NSDAP. J’aimerai en avoir les preuves formelles, puisque ce Rathkolb est le seul à avancer cette thèse. Et je dirai, qu’une inscription ne vaut pas adhésion, puisque chacun sait que Karajan n’était motivé que par ses ambitions professionnelles. Ce qui n’a pas fait de lui un Waffen SS, comme Günther Grass. Alors que Shostakovitch, musicien préféré de Staline, on sait ce que cela signifiait. Une vraie proximité avec le dictateur sanguinaire.  Faut-il pour autant vouer Shostakovitch aux gémonies ? L’artiste qu’il était allait à la soupe, comme tous les artistes en général, en dictature en particulier. Revenons à Karajan, l’objet de ma réhabilitation. Et à tous les sceptiques, je recommande d’aller chercher dans le rapport d’enquête Américain, s’il y eut proximité entre Karajan et les nazis. Karajan dit que l’enquête a conclue n’avoir rien trouvé de tel.

Je découvre une très intéressante interview réalisée dans les années 80 par la ZDF, télévision publique allemande, dans la série : Témoins du Siècle, sur Herbert von Karajan, Autrichien, au titre de noblesse Allemand. C’est la raison pour laquelle, sa famille et lui, ont toujours été autorisés à utiliser la particule « von » en Autriche, alors que toute appartenance aristocratique y a été proscrite.

http://www.youtube.com/watch?v=1WF5HtGwWds&feature=player_embedded

Une interview frustrante, par la caméra statique. Lui, qui prenait tant de soins à vérifier constamment tous les angles de la caméra, depuis qu’il découvrit les charmes de l’image, qu’il sut si bien mettre à son profit, mais aussi pour le grand public. En effet son héritage universel fut la musique, accompagnée de l’image. D’où son exceptionnelle célébrité. Son « rival » et ami, Leonard Bernstein, l’avait comprit peu avant lui ! La ZDF, ne s’honore pas par ce travail rigide, surtout sur la légende mondiale qu’est le plus grand chef d’orchestre du 20ème siècle.

L’on apprend de la bouche de Karajan que sa soi-disant proximité avec les nazis est fausse. C’est un bruit qu’ont fait courir des journalistes. Tous les amis de Karajan se sont alors détourné de lui. Seul, le pianiste Suisse, Edwin Fischer, un jour, a envoyé une somme d’argent importante pour soutenir Karajan. Fischer avait exigé l’anonymat afin que Karajan ne se sente pas obligé.  » C’était un geste d’une profonde humanité » déclare ici Karajan. On peut le comprendre dans cette tourmente injuste ou tout le monde lui tourne le dos.

Une commission d’enquête, Américaine bien sûr, après la guerre, s’est rendue à Aix-la-Chapelle ou le maestro était Directeur Musical, à l’âge 26 ans. Karajan était alors le plus jeune directeur musical d’Allemagne. Karajan était devenu rapidement une célébrité par son talent exceptionnel. Cette commission d’enquête n’a trouvé aucune preuve de sa soi-disant proximité avec les nazis. Cependant, les mêmes colporteurs de fausses rumeurs n’ont jamais rétablie la vérité. Karajan s’en plaint ouvertement, impuissant. Il se trouve, qu’on a découvert que l’agent et ami de Karajan était dans la Waffen SS. De là viennent les conclusions hâtives jamais rétablies. Il semblerait que Karajan l’ait ignoré. Il est de notoriété publique, que le maestro a entièrement dédié sa vie à la musique et qu’il n’a jamais fait de politique. On imagine mal Leonard Bernstein promouvoir son ami aux Etats Unis, si ces allégations avaient été justifiées.  Déjà…, le rouleau compresseur médiatique qui fait et défait des vies.

C’est lors de la pause d’une représentation des Maîtres Chanteurs, que Karajan a parlé 3 minutes avec Hitler. Tout artiste célèbre était amené à parler, un jour ou l’autre au dictateur. C’est Karajan qui nous le révèle ici. Crime contre l’humanité ?  Refuser de parler au Führer équivalait sanction, surtout lorsque Goebbels était présent. Son ami de toujours, Helmuth Schmidt, ancien Chancelier socialiste de la République Fédérale d’Allemagne, déclare dans un documentaire important dédié à Karajan, dont le titre est :  –  Beauty as I see it  -,  en 9 épisodes, que l’on peut voir sous-titrés en anglais sur Youtube:  « Karajan n’a jamais été nazi. Il était comme des millions d’Allemands, un suiveur. L’art court après le pain, même sous une dictature ».  Ah, bien sûr, il aurait pu faire comme Marlene Dietrich, partir. Etre resté n’est toutefois pas un crime que je sache. Il faudrait alors vouer aux gémonies tout un peuple. Lorsque vous êtes frappé du sceau de l’infamie, cela reste à vie. En ce quoi, rien n’a changé et ne changera. Cela vaut pour Pie XII, Karajan, Benoit XVI et tant d’autres après eux. Les médias mainstream sont ainsi fait. Même aujourd’hui, les commentateurs ignorants perpétuent l’infâmie sur Karajan. J’espère que cela est ici rectifié en hommage à ce chef hors norme, d’un talent et d’une séduction exceptionnelle, pour lequel la musique signifiait tout et qui restera pour moi le plus grand, jusqu’à preuve du contraire. Si Karajan avait été nazi ou anti sémite, ni Leonard Bernstein, qui l’a promu aux USA, ni Edwin Fischer, seul à le soutenir dans la tempête, Sir Georg Solti, Yehudi Menuhin et tant d’autres grands musiciens juifs auraient été proches de lui.

Sylvia Bourdon

 

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