Le petit débat de Macron avec des intellectuels triés sur le volet

Publié le 20 mars 2019 - par - 7 commentaires
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Un grand débat avec les intellectuels ? Un tout petit débat ! Dans l’entre-soi. Ils auraient été dix-mille que ça n’aurait rien changé. Car, chut ! Pas de vraies questions qui fâchent. Triés sur le volet, les intellectuels. Le seul qui ait soulevé un problème – de taille – est un physicien, qui a suggéré – seulement suggéré – que si la France n’est pas une grande pollueuse, merci, c’est que son électricité est à 80 % nucléaire, et que nos centrales sont d’une très grande fiabilité. Que pèsera son intervention face à la vague écologique passionnelle qui, elle, détermine l’orientation d’une part importante des votes et fait fléchir les politiques ?

Macron, Président, se définit sans cesse par : « ce que je veux pour la France… ». Bien. Un peu immature dans la conjoncture présente… Il parle d’islam et de laïcité, « Il » exige. Il brandit son intransigeance. Mais les principaux protagonistes sont absents. Puisque l’islam est une fatalité française « en même temps » inéluctable et désirable, c’est avec les « savants » de l’islam, avec les oulémas, avec les imams, avec la frange islamique la plus active de la population musulmane qu’il faut débattre, publiquement, avec les plus activistes qu’il faut parler de projet démocratique, « d’adaptation de l’islam à la démocratie », de la modernisation de l’islam. Eux ont des réponses, assurément, moins évasives que nos intellectuels triés sur le volet. Croyez-vous vraiment, sachant ce qu’il en est, que ces principaux intéressés vont accepter qu’on fasse sans eux l’avenir de l’islam français ? Peut-on envisager cet avenir sans tenir compte des postulats fondamentaux de l’islam ? Et s’ils ne sont pas d’accord, ce n’est pas « nos » intellectuels qui définiront l’avenir de la « démocratie inclusive ». Et ils ne peuvent pas être d’accord, leur système est incompatible. Un islam non politique ? L’islam est fondamentalement politique. On se voile la face. On refuse de « paramétrer notre logiciel » sur le réel. C’est comme si on voulait faire voler un avion sans tenir compte de la résistance de l’air…

Certains intellectuels français l’ont bien compris, et l’expriment depuis bien longtemps, ils sont au rebut de la sphère médiatiques, stigmatisés, diabolisés. Ils étaient évidemment absents hier soir. Des chercheurs, des philosophes, des écrivains. On pense à Renaud Camus, à Michel Houellebecq, à Boualem Sansal, à Waleed al Husseini, à Laurent Obertone, à Alexandre del Valle, à Georges Bensoussan, à Michèle Tribalat mise à l’écart avec la bénédiction de François Héran, qui lui a sa place au Collège de France pour faire l’apologie de l’immigration du haut d’une chaire respectable. Et bien d’autres. Mais je pense que dans la belle et sage assemblée d’hier soir, bien homogène, ceux-ci ne sont pas considérés comme tels. Mais surtout, ce sont les musulmans eux-mêmes qui sont inexistants, non seulement dans la salle, mais dans le débat. Les savants de l’islam, les oulémas, les imams qui eux, des conférences publiques, en font des milliers chaque semaine devant leurs ouailles pour qui il ne s’agit pas de réfléchir, mais de recueillir la seule parole de vérité.

On parle d’eux comme d’une pâte à modeler, une matière qui se laissera docilement mettre en forme selon les desiderata d’une république et d’une laïcité malades et à bout de force. Qui se résoudra à accepter notre bon vouloir. Monsieur Macron, ce n’est pas à cet aréopage de scientifiques qu’il faut dire que nous ne soumettrons pas la réalité scientifique au relativisme des idées les plus abracadabrantes. C’est aux jeunes de quartiers, aux populations qui fréquentent les mosquées, aux patrons de kebabs, aux « No borders » qui saccagent le pays, aux élèves endoctrinés des « quartiers » qu’il faut le dire. Et le faire admettre, ce qui est beaucoup plus délicat. Allons ! N’avons-nous pas déjà fait très amplement l’expérience d’une démocratie lâche qui se met à genoux au moindre signe de refus ? Qui se laissera à ce rythme submerger jusqu’à la noyade par la marée islamiste ? Qui trouve toutes les excuses aux actes les plus barbares ? Et comment peut-on prétendre poser le problème en ignorant le paramètre essentiel : l’évolution démographique ? Comment peut-on parler de ce qui implique les relations que nous prétendons avoir avec des gens dont on refuse de prendre en compte comment ils se voient eux-mêmes ? Kamel Daoud : « l’histoire fonctionne au sang, et on va en payer le prix, on le paye déjà, d’autres pays payent beaucoup plus cher que la France, l’Algérie notamment. Si on ne fait rien, on peut perdre beaucoup ».

Or on ne fait rien, cette nième grand-messe de la bien-pensance en est une nième démonstration. Démonstration d’impuissance. Boualem Sansal : « L’écrivain que je suis, hyperattaqué dans son pays, sait depuis son premier roman l’intelligence et la ténacité des assassins de la liberté et de la pensée ». Waleed al-Husseini. « Si les islamistes parvenaient à islamiser le monde entier, cela ne tiendrait pas à leur force intellectuelle, ni à leur foi, et encore moins à leur puissance militaire mais à la lâcheté de leurs adversaires. « La tolérance illimitée ne peut que déboucher sur la disparition de la tolérance. Si nous étendons de façon illimitée la tolérance, y compris en faveur de ceux qui sont intolérants, si nous ne sommes pas préparés à défendre une société tolérante contre les assauts des intolérants, alors les tolérants seront détruits, et la tolérance avec eux. Karl Popper. Cette conférence est la dernière en date des expressions de cette lâcheté. 

Pierre-André Taguieff, dans son ouvrage sur Julien Freund [Julien Freund: Au cœur du politique] rapporte un dialogue entre Jean Hippolyte et Julien Freund lors de la soutenance de thèse en 1965 de ce dernier. Hippolyte dit : Sur la question de la catégorie de l’ami-ennemi, si vous avez vraiment raison, il ne me reste plus qu’à aller cultiver mon jardin.

Freund répliqua : Écoutez, Monsieur Hippolyte, vous avez dit […] que vous aviez commis une erreur à propos de Kelsen. Je crois que vous êtes en train de commettre une autre erreur, car vous pensez que c’est vous qui désignez l’ennemi, comme tous les pacifistes.

Du moment que nous ne voulons pas d’ennemis, nous n’en aurons pas, raisonnez-vous. Or c’est l’ennemi qui vous désigne. Et s’il veut que vous soyez son ennemi, vous pouvez lui faire les plus belles protestations d’amitiés. Du moment qu’il veut que vous soyez son ennemi, vous l’êtes. Et il vous empêchera même de cultiver votre jardin.

Yves Queyroux

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2018/12/21/01016-20181221ARTFIG00235-ces-intellectuels-victimes-du-politiquement-correct-a-l-universite.php

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Notifiez de
DUFAITREZ

4 censures ce jour ? Ca fait bcp ! Je dirais même un peu trop !

La Hire

Excellent article.La trahison des clercs n’est pas une nouveauté.J’ai connu un temps où il valait mieux avoir tort avec Sartre que raison avec Aron,ce qui m’a coûté assez cher.Aujourd’hui,Renaud Camus,Boualem Sensal,Zemmour,et quelques autres courageux ont la noble tâche de convaincre une opinion lessivée au Behachel,lobotomisee par le Dr Minc,essorée par les Askolovitch, Mouchard,Bourdin ,Goupil et la légion des « Bien Pensant ». Berezina intellectuelle,lâcheté,veulerie,ou pure forfaiture?

Marnie

« Dans l’entre-soi »… c’est cela même. Il peaufine ses mesquineries envers les français. Il a montré son mépris envers les gilets jaunes et il continue son cirque. Il a toujours été indigne d’être Chef de l’Etat mais il continue de plus belle. Macron démission !

André Léo

Un sénégalais, nationalisé italien de papier a tenté de brûler vifs 50 écoliers italiens dans le bus qu’il conduisait. Le carabiniers sont arrivés à temps pour sauver les enfants, tous ligotés avec du fil de fer, et l’essence répandue dans le bus.

Le vvr’ensembl’ avance à grands pas.

Dupond

André Léo
On ne pourra pas dire qu’il n’y avait pas préméditation !!! Il serait bon aussi que Salvini s’occupe aussi de l’employeur de cet assassin de notre peuple afin de savoir sous quels criteres il a été embauché

Dupond

Je ne vois pas BHL mais ou est BHL ??

kabout

pour macron la France s’arrete au coutour de Paris,c’est bien pour cela qu’il chie sur les francais,mais il va avoir le retour de manivelle en pleine gueule le 26 mai,dans la vie tout se paie.