1

Le tsar Poutine au pouvoir jusqu’en 2036

Russie : "sous Vladimir Poutine, le laboratoire des poisons a repris du service"

Poutine, maître du Kremlin jusqu’en 2036 ? Voilà une nouvelle qui va ravir les patriotes et les nationalistes russes.

En effet, une loi autorise le tsar de Russie, dont le mandat s’achève en 2024, à postuler pour deux mandats supplémentaires, une option qui le maintiendrait au pouvoir jusqu’en 2036. Poutine aura alors 84 ans.

Élu une première fois en 2000, il pourrait ainsi régner sur la Russie pendant 34 ans, si on fait abstraction de la courte parenthèse durant laquelle Dmitri Medvedev a présidé entre 2008 et 2012. Seul Pierre le Grand a fait mieux en régnant durant 42 ans.

Une perspective qui ne réjouit  guère les Occidentaux, lesquels n’ont jamais compris Poutine, ni le peuple russe.

Il faut se souvenir qu’en 2000, l’ex-URSS est au fond du gouffre, après dix années d’anarchie. Le PIB est divisé par deux, le chômage est à 15 %, le rouble ne vaut plus rien et on mendie dans les rues.

https://www.lefigaro.fr/international/2018/03/16/01003-20180316ARTFIG00291-de-poutine-i-a-poutine-iii-retour-sur-20-ans-d-un-pouvoir-de-plus-en-plus-muscle.php

Élu dès le premier tour, Poutine n’a qu’un objectif : reconstruire un État délabré, livré aux groupes mafieux.

Cet ex-colonel du KGB a la réputation d’être un homme à poigne. En se lançant dans la deuxième guerre de Tchétchénie, contre les séparatistes islamistes du Caucase, Poutine déclare : « On ira buter les terroristes jusque dans les chiottes ». Le ton est donné.

Poutine ne fera pas dans la dentelle et écrasera les Tchétchènes.

Il met au pas les oligarques, ces milliardaires qui ont fait fortune en dépeçant l’État. Pour ces derniers, le choix est simple. Allégeance à Poutine, ou bien prison ou exil.

Les Occidentaux ont beau brailler aux atteintes aux droits de l’homme, force reste à l’État.

Poutine bénéficie alors d’une envolée des prix du pétrole et des matières premières, ce qui permet à la riche Russie de redresser son économie et de constituer une confortable réserve de devises.

Il instaure un impôt sur le revenu à taux fixe de 13 %, il diminue la TVA et l’impôt sur les sociétés, la croissance s’envole à 5 ou 8 %.

Poutine stimule la natalité et développe une politique familiale.

Comme la plupart des pays, la Russie subit le choc de la crise de 2008. Mais on ne mendie plus dans les rues et la classe moyenne est satisfaite.

Pour les Russes, Poutine est le sauveur de la patrie après la désintégration de l’URSS et les dix années d’anarchie qui ont suivi.

Et au plan diplomatique, c’est le grand retour de Moscou sur l’échiquier international. Car pendant que les Occidentaux arment stupidement les islamistes pour éliminer Assad, Poutine débarque en 2015 avec ses MIG et ses Sukhoï pour remettre les pendules à l’heure. La Russie rafle la mise au Moyen-Orient.

Le réchauffement avec les Occidentaux initié dans les années 2000 ne dure malheureusement pas.

Conflit de Géorgie en 2008, guerre du Donbass en Ukraine qui dure depuis sept ans et annexion de la Crimée en 2014 ont refroidi les relations Est/Ouest.

Ce qui a valu à Poutine d’être exclu du G8.

Mais ce qu’oublient les Occidentaux, c’est que les Russes veulent à tout prix éviter un encerclement et refusent de voir des régimes pro-occidentaux s’installer dans leur sphère d’influence.

Ils se méfient et ils ont raison. En ouvrant les portes de l’Otan à 7 pays de l’Est, les Américains ont trahi leur promesse faite à Gorbatchev de ne pas resserrer l’étau de l’Alliance atlantique autour de la Russie.

Par ailleurs, les Occidentaux n’ont-ils pas profité de la faiblesse de la Russie post-soviétique pour dépecer la Serbie alliée de Moscou et déclarer de façon unilatérale l’indépendance du Kosovo ?

Pour tout ce qui est reproché à Poutine, les Occidentaux ont fait pire.

Et qu’on ne nous parle pas de sondages ou d’élections truquées en Russie, après la gigantesque fraude électorale qui a porté Biden au pouvoir, avec la complicité des juges et des médias.

L’Occident, plus pourri que jamais, ferait mieux de se taire.

Qu’il ne nous parle pas de démocratie et de droits de l’homme après une telle machination électorale pour voler la victoire à Trump.

Avec 50 % d’opinions favorables après 20 ans de pouvoir, Poutine  conserve l’estime de son peuple. Quel dirigeant occidental pourrait afficher un tel score ?

À peine élu, Macron se retrouvait dans les bas-fonds et mettait des milliers de Gilets jaunes dans la rue. La colère jaune a duré un an.

Bien des peuples seraient fiers d’avoir un homme fort à leur tête. À commencer par les Français, qui voient leur pays sur la voie du déclin et qui jugent que l’élection de Macron fut une erreur.

La Russie est un grand pays qu’il fallait arrimer à l’Europe dès 1989, au lieu de la diaboliser, de la mépriser comme au temps de la guerre froide.

Mais l’UE  a préféré faire les yeux doux à la Turquie musulmane qui ne cesse de nous cracher dessus. Beau bilan !

Jacques Guillemain