Le tsunami Benalla peut balayer Macron plus vite qu’il ne le croit…

Publié le 26 juillet 2018 - par - 127 commentaires - 7 136 vues
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Les Français ont-ils vraiment réalisé l’ampleur du séisme provoqué par les révélations de l’affaire Benalla et ses conséquences dévastatrices sur les structures politiques et institutionnelles de notre pays ?

Tentons déjà d’identifier les zones les plus touchées par les secousses. Après une semaine de silence qui fut l’occasion pour certaines des plus hautes autorités de l’Etat de révéler leur vrai visage sous les traits de la lâcheté, de l’incompétence et de la médiocrité, Macron a finalement reconnu  qu’il était le seul responsable  de la situation actuelle.

Mettons pour l’instant provisoirement de côté les agressions de manifestants par des faux policiers, les logements de fonction dans de luxueux appartements et autres ports illégaux d’équipements des forces de l’ordre. En effet, la liste des infractions ou des avantages indus devrait certainement rapidement s’allonger et il ne s’agit que des conséquences d’un système plus profondément corrompu.

Nous apprenons donc qu’un individu de 26 ans, d’origine marocaine, ne pouvant se prévaloir que d’une courte expérience dans le domaine de la sécurité acquise lors des meetings du PS puis de ceux de LREM, a suivi Macron jusqu’au palais de l’Elysée où il s’est vu confier un poste de chargé de mission au cabinet du président de la République.

A la limite, si cet homme encore inconnu du grand public il y a seulement une semaine, et dépourvu de toute compétence notable, s’était contenté d’occuper ses heures de bureau à compter les mouches avant de recevoir à la fin de chaque mois un chèque d’un certain montant (Ah oui, quand même !!), il n’aurait fait que perpétuer la tradition française d’assistance aux parasites. Celle-ci autorise les copains à se nourrir sur  la bête publique en remerciement des services rendus.

Or, lors des auditions réalisées en début de semaine par la commission parlementaire, des syndicalistes policiers ont expliqué que Benalla « faisait régner la terreur » parmi les quelque 77 policiers et gendarmes du Groupe de Sécurité de la Présidence de la République (GSPR). Par quel processus digne de la meilleure des républiques bananières, un jeune homme de 26 ans est-il amené à traiter d’égal à égal, voire à donner des instructions, à des policiers et des gendarmes d’élite, triés sur le volet, et placés sous l’autorité d’un colonel, dans le sanctuaire républicain qu’est le Palais de l’Élysée ? Y-a-t-il eu des consignes rédigées par Macron ou son directeur de cabinet afin de définir le champ de compétences de Benalla, ou sa simple proximité avec la divinité présidentielle a-t-elle suffi à lui établir une sorte de blanc-seing permanent ?

Beaucoup plus grave encore, Benalla aurait constitué au sein du GSPR un groupe de barbouzes, ni policiers ni militaires, en charge dans un premier temps, si l’on en croit les débuts de l’enquête, de la surveillance du Fort de Brégançon (c’était pour eux la piscine ?) et… et après… d’ailleurs oui, une fois les parasols du fort repliés, qu’elles auraient été leurs missions  ? Comme au temps du Service d »action Civique (SAC), auraient-ils bénéficié d’un laissez passer tricolore pour effectuer, hors de tout cadre légal, des missions plus ou poins louches ?

Élément inquiétant, Benalla avait recruté dans son groupe de barbouzes, un rugbyman de 2,13 m (à cette hauteur-là ce sont les 3 derniers centimètres les plus flippants) prénommé Makao, et accessoirement grand ami de Jawad Bendaoud, le fameux « logeur » des terroristes du 13 Novembre. C’est curieux car le même Bendaoud posait déjà en mars dernier en compagnie du neveu de Bernard Cazeneuve dans un selfie que le tonton avait dû adorer. C’est marrant comme le monde est petit et que si l’on n’en prend pas garde on peut vite sombrer dans le conspirationnisme…!! De là à ce qu’on apprenne que François Hollande est un extra-terrestre qui fait du scooter dans les dunes de sable de la Zone 51…. Mais revenons à notre feuilleton tragi-comique.

Parmi les amis de Benalla, on peut également citer l’avocat Karim Achoui, connu pour ses liens supposés avec le milieu (selon Wikipedia) et avec lequel il fut en relation de 2013 à 2015, au moment où Achoui venait de créer la Ligue de défense judiciaire des musulmans.

La panoplie de travail de Benalla est à l’image de ses amis : solide. On y trouve, notamment une habilitation secret défense, une carte d’accès à l’Assemblée nationale, délivrée au comptes-gouttes, ainsi qu’une autorisation de port d’arme, un véhicule avec gyrophare…

Mais tout ça pourquoi faire ? A quel titre ? Qui est Benalla ? Un nouveau Raspoutine ?

Sans être spécialiste des questions de sécurité, on peut quand même s’interroger sur l’opportunité de laisser un individu, dont la légitimité repose sur le seul « fait du prince » Jupiter, donner des ordres aux effectifs d’un GSPR auquel ont été ajoutés des nervis qu’il a lui même choisis, avec un réseau d’amis peut-être pas très éloigné de la galaxie islamiste, des habilitations officielles tombées du ciel, et le tout dans un lieu qui constitue le cœur du réacteur de la République française. Et ce personnage, dont le parcours professionnel se réduit à un trait d’union entre le PS et LREM, a en plus l’oreille du couple Macron… et les clés de leur résidence du Touquet. Peut-être pour aller faire pisser le chien…

L’ensemble des dysfonctionnements touchant le sommet de l’Etat, évoqués plus haut et dont le point culminant est certainement la reconnaissance quasi officielle de l’existence d’une section de barbouzes au sein du GSPR, ne peuvent être balayés d’un revers de manche comme semble le croire Macron. Le président n’a peut-être pas réalisé l’extrême gravité des accusations qui pèsent sur lui lorsqu’il se permet de fanfaronner d’une manière délirante le 24 juillet « S’ils veulent un responsable, je suis devant vous. Qu’ils viennent me chercher ». Cette phrase pourrait sortir de la bouche d’un caïd de cité mais aurait-on pu imaginer François Mitterrand, dont je ne suis pas un adepte, la prononcer ?

Le tsunami Benalla, c’est à dire la révélation de pratiques s’affranchissant de toute norme de droit, pourrait balayer Macron plus vite qu’il ne semble le croire, et faire ainsi le travail que l »on attendait du débat d’entre deux tours de l’élection présidentielle avec Marine Le Pen.

Les enquêtes journalistiques et parlementaires essaient de neutraliser la bombe atomique en orientant les investigations vers les privilèges accordés à Benalla, tant au niveau de ses conditions de vie matérielles que de son ascendant sur les fonctionnaires, et vers les modalités de son intervention lors de la manifestation du 1er mai. L’objectif est de mettre en sourdine les vrais ferments de ce scandale qui sont, en substance, les suivants :

– Y a-t-il une équipe de barbouzes à l’Élysée, pudiquement nommés chargés de missions, dont l’action ne serait inscrite dans aucun cadre l’égal et qui seraient dépourvus de tout positionnement administratif ?
Quelles sont les missions et les moyens confiés à ces hommes qui, selon les syndicats de police, interviendraient dans le domaine de la sécurité ? Si l’existence de cette police parallèle était confirmée, quelles sont les raisons ayant présidé à sa création ? Un syndicat de commissaires de police a déclaré que le président n’ avait pas confiance  dans le GSPR, Qu’est-ce que les citoyens français doivent ils comprendre par cette marque de désaveu ? ?

Quittons l’Élysée pour rejoindre le ministère de l’Intérieur. Ou du moins ce qu’il en reste car les auditions en commissions parlementaires sur fond de renvois multiples de patates chaudes et d’ouvertures de parapluies ont largement entamé le crédit de l’institution.

Mais reprenons l’examen des faits. Lorsque le 1er mai dernier, Benalla intervient pour molester quelques gauchistes ayant jeté des projectiles sur les forces de l’ordre, sa méconnaissance des techniques de maintien de l’ordre l’amène à user de violences illégitimes, pour le plus grand bonheur de témoins des faits hostiles à la police.

Intervient ensuite l’épisode de la transmission des enregistrements de vidéosurveillance remis à Benalla par des policiers de la Direction de l’Ordre Public et de la Circulation (DOPC) de la Préfecture de police pour effacer toute trace de son « dérapage ».

C’est là que la situation se corse car, informé du tabassage de gauchistes, effectué par son chargé de mission, Macron décide de le punir « sévèrement » en lui infligeant une mise à pied de 15 jours. Et sans prévenir l’autorité judiciaire, évitant ainsi à son poulain d’avoir à subir une sanction pénale.

Le 12 juillet dernier, le ministre de l’Intérieur s’était montré beaucoup plus réactif pour sanctionner un gardien de la paix stagiaire qui avait fait preuve d’un grand professionnalisme pour maîtriser un voyou tentant de s’échapper des geôles du palais de justice de Paris. Bien sûr, le jeune stagiaire avait administré un ou deux coups de pied supplémentaires à son agresseur. Ces derniers gestes portés alors que le délinquant est déjà au sol ne relèvent pas d’une intention belliqueuse mais seulement d’un réflexe corporel consécutif à la montée de stress. I Le policier n’avait pas bénéficié du même traitement de faveur que Collomb a accordé à Bénalla  puisqu’il s’était immédiatement retrouvé sous le coup de deux enquêtes disciplinaires et pénales. Pour rajouter une couche de pathos, les médias avaient expliqué dans un premier temps que l’agresseur du policier était un migrant, avant de corriger le tir et d’affirmer qu’il s’agissait d’un voleur. Migrant ou voleur, il doit certainement se dire que la France c’est le pays de cocagne des petites frappes. Gérard Collomb avait eu cette phrase sublime ; « Le ministre d’Etat condamne avec la plus grande fermeté ce comportement inadmissible qui vient nuire à l’image de l’ensemble des forces de sécurité ». Il est plus facile de montrer ses pectoraux mollassons devant un gardien de la paix stagiaire que devant un protégé de Macron. Bassesse éternelle… Fermons la parenthèse.

Flairant une dérive jupitérienne, les députés demandent à l’exécutif de venir démêler l’écheveau de cette histoire devant la représentation nationale. Honneur aux anciens, c’est à Collomb que revient la noble tâche d’ouvrir le bal et de répondre aux parlementaires. Résumé des différentes réponses du ministre de Lyon fournies lors de ses auditions : « La police je ne sais même pas ce que c’est. Ah bon, Benalla n’était pas policier ?? Heureusement que la TSF existe parce qu’à moi on ne me dit jamais rien. Par contre, il paraît que le préfet de police est très bon à Questions pour un champion… ». Et d’ajouter aussi une phrase culte : « Mais les policiers auraient dû me dire que le chargé de mission, représentant sur Terre de Macron, n’était pas gentils avec eux » (Ils auraient certainement été remerciés par une mutation à Saint Pierre et Miquelon).

Réponse du Préfet : « Je vous remercie. Tout cela c’est la faute du copinage… » « Mais de quel copinage parlez-vous ? » « Mais de celui entre la femme de ménage et l’agent d’entretien bien sûr !! Par contre, si j’étais vous j’irais voir un certain E. M ».

Réponse du Directeur de l’ordre public et de la circulation : « Si j’ai mal répondu aux questions c’est que je ne les avais pas entendues »

Ce petit déballage de linge sale en public a montré que le ministère de l’Intérieur tournait un remake de « Y- a-t-il un pilote dans l’avion ? » avec un ministre qui ne sait rien, un degré d’inimitié hallucinant entre « les deux premiers flics de France » (ministre et préfet), une mise en cause de Macron par le Préfet de police, autant dire un suicide professionnel en direct.

Et un jeune premier comme Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, qui ose dire que l’histoire Benalla se résume à la dérive d’un chargé de mission et de 3 policiers qui lui ont spontanément remis les bandes de vidéosurveillance de l’agression. Au moins la relève est assurée.

Heureusement que le gouvernement peut encore compter sur des journalistes bien domestiqués, comme Bruno Jeudy expliquant sur BFM que l’essentiel de la crise Benalla était passé…(et une double ration de croquettes pour le Toutou !!).

Mais s’il reste des journalistes et des enquêteurs pour qui la fraction de seconde durant laquelle ils se regardent le matin dans leur glace est plus importante que toutes les promesses de promotions, de primes, et autres lendemains professionnels radieux, et bien alors il reste encore des raisons d’espérer que les coups portés par Benalla le 1er Mai n’aient pas touché que les gauchistes.

Martine Chapouton

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Notifiez de
Gallas

Triste fin pour le pays des droits de l’homme !!! notre prochain Président de la République, au pont où nous en sommes, pourrait etre …BENALLA !!

kravetz

benalla est avec macron, ce que béria était a staline un tyran despote

JEAN

Ne nous inquiétons pas, les médias vont nous prendre par la main et nous ramener dans le bon chemin, il ne faudrait pas laisser les Français réfléchir, Dieu seul sait ce qui pourrait nous passer dans la tête, des génies dirigés par des imbéciles c’est ça la république

Yves Essylu

OUAIS,faut pas abuser de la methode COUE

DURADUPIF

Erratum : Voter pour…

DURADUPIF

Ohe les électeurs ! Vote pour un inconnu jamais elu de rien, n’ayant aucune expérience politique, ne connaissant rien de la Démocratie républicaine et dont tout à été fait pour qu’il soit face à MLP, ce qui fera dire à FH qu’il n’aurait pas dû se retirer. Ça ne gêne plus personne !!!??? Le non changement c’est pour quand ?

Marie d'Aragon

Oui, « Un été meurtrier  » pour un Président soit disant irréprochable…

JC.P.

J’aimerais que le freluquet Jupiter soit viré. Mais arrêtons de rêver et puis dans 15 jours tout cela sera oublié……surtout si nous devions subir un autre atttentat musulman

sixte

Dialogue Macron-Benalla:
« Alors mon brave, comment Savak ? »
« Bien, m’siou, juste un peu énervi… »

Françaixaspere

Le sieur Micron s’est tout simplement entouré d’une bande de tontons macoutes chargés d’intimider les fonctionnaires de l’Elysee.
Ça commence à sentir l’ascension d’un apprenti deeictateur.
Il va falloir s’occuper de son cas au plus tôt avant que les SA soient opérationnels.

Albert Matis

Faut voir la gueule que font tous les gogos qui ont voté Macron. Cocus mais contents ??

adrien

ILs s’en foutent , tout ça passera comme toutes les affaires passées.. c’est un roman de plus voilà tout !

Ubersender

Il faut une action ferme et déterminée telle que celle proposée par François Asselineau aux chefs de l’opposition afin de mettre en œuvre l’art. 68 de la Constitution qui prévoit la destitution du Président de la République en cas de « manquements graves à ses obligations ». (Cf son intervention sur le site upr.fr).. Nos politiques sont face à leurs responsabilités. Ne rien faire constituerait un signal fort pour le roi lui indiquant qu’il a les coudées franches.

Dunois

Toute la France est désormais confrontée à l’islam mortifère. Le chef de tout ça est macron et son gouvernement. Personne ne peut s’y tromper. C’est pourquoi la réaction du peuple, quand il se rendra compte de cela, sera terrible et macron le sait. Comme beaucoup de dictateurs, il finira tragiquement. Tant mieux !

Ubersender

Pour « balayer Macron », la critique la plus acerbe, les indignations des politiques, les commentaires sur les réseaux sociaux, le articles de presse critiques ne suffiront pas. Le roi M. considère qu’il est intouchable et ses favoris et favorites qu’il suffit d’affirmer qu’il « n’y a pas d’affaire Benalla » pour que le petit peuple s’en contente.

Claude ANDRE

Ne pas mépriser une tempête dans un verre d’eau, on a vu des poussières s’y noyer !

grélaud

#empoisonnement #halal
à diffuser et à partager en masse…on est en danger sa se passe dans sud ouest dans la France empoisonnement biologique via les réseaux sociaux par daesh frères musulmans ,enfin il était grand que cela arrive enfin une très bonne nouvelle ,car en France les français de souche de race blanche ils ont endormi

DUFAITREZ

Depuis quelques temps, on ne compte plus les dérives du Pdt exemplaire..
Depuis Celui du Louvre à ceux qui… l’ouvrent, ici et maintenant.
Point d’orgue dans le feuilleton Jupiter ?
Ou simple peau de banane dans une Ripoublique bananière ?

Marie d'Aragon

Je me marre et je ne dois pas être la seule !
Où sont les cocus qui ont voté pour lui ? En « wacances » voire bien silencieux !
Marie

clercophage

à Martine Chapouton. : SVP. Refaites votre photo en couleurs et sans tchador.

Natou

Article brillant merci à RL.
Non non ce n’est pas fini du tout !
J’ai tout comme vous écouté toutes les audtions et le Sénat fait un travail remarquable !
C’est flou et quand c’est flou il y a un loup !
Il apparaît que ladite sanction ait été prise à la parution du Monde et pas que cela ….
Cela débouchera sur l’article 68 de la Constittion on a une opposition unie et en ce sens je dis bravo !
Il faut mettre les clivages politiques de côté .

vendéenne

« voilà jusqu’où vous pouvez aller Mr le Président »

vendéenne

et même je dirai, dans le renseignements. Alors, fallait trouver peut être un truc, un truc qui est sorti alors qu’en temps normal, ce genre de dérapage de barbouzes n’est jamais porté à la connaissance du public… Mais trop c’est trop! Qu’un petit morveux sorti de nulle part puisse humilier des hauts gradés, des officiers et des préfets, là fallait envoyer un message à micron. Ce fut fait . Quant à la suite, nous n’en saurons rien. Une remise en ordre des « possibilités de chacun » et du :

vendéenne

que, et notamment depuis le limogeage du général DE VILLIIERS (d’ailleurs peut être pour de tout autre raison que celles affichées officiellement, car franchement elles paraissent largement faiblardes par rapport à ce qui en est résulté pour un personnage aussi haut gradé) puis parallèlement, de la grogne dans les services de police et de gendarmerie (et même d’une certaine gêne dans la préfectorale) , ça chauffe à la fois chez les militaires , les services de sécurités (police gendarmerie)