Le vandalisme et le vol des Vélib' parisiens, ou la fin du rêve boboïste de Delanoë

Je découvre dans le journal « Le Monde » une « analyse » d’un certain Bertrand Le Gendre, qui titre : « Pourquoi les Vélib’, fétiches des bobos, sont vandalisés ». A vrai dire, la lecture de son article n’a pas répondu à ma question « pourquoi », puisqu’il esquive habilement la question du « qui ».
On apprend déjà que la Mairie de Paris pense arrêter ce vandalisme et ces vols par une campagne d’affiches dessinées par Cabu, où « un catcheur sur un ring démantibule un Vélib’, sous l’œil réprobateur du public ». Non seulement l’image qui rappelle celle d’un forain musclé tordant des barres de fer n’est plus guère d’actualité, mais qui plus est, je n’ai jamais vu ni à la télé ni dans la rue de catcheurs se livrer à des saccages de Vélib’ ou autres ustensiles. D’ailleurs Bernard Le Gendre ne cite pas, dans sa liste de vandales supposés, une sur-représentation pratiquants du catch. Ce dessin est donc tout simplement un déni de réalité permettant de détourner l’attention.
Donc en deux ans d’existence, 8.000 Vélib’ ont été volés et 16.000 vandalisés. Le fait qu’il y ait plus de vandalismes que de vols prouverait qu’il s’agit davantage de violence gratuite contre un bien public que de délits crapuleux (destinée à voler un bien, comme un portable ou un sac à main par exemple.) Mais il faut relativiser cela, puisqu’on peut très bien vandaliser le système d’attache d’un Velib’ non par plaisir, mais pour se servir du vélo.

L’article dit : « Le symbole d’une ville policée, écolo, est devenu une nouvelle source de délinquance ». On apprend donc que Paris serait « policée », ce qui surprend un peu quand on y voit des scènes de violences urbaines et de bandes vandales de plus en plus nombreuses. « Le Vélib’ devait civiliser les déplacements urbains. Il a accru les incivilités. » Le paradoxe est bien observé, mais comme si c’était le Vélib’ qui serait la cause de cet « accroissement » des « incivilités ».
Tout d’abord, le mot « incivilité » est un euphémisme éculé par la gauche bobo : non, il ne s’agit pas d’« incivils » qui manque de « civilité », c’est-à-dire de courtoisie et de politesse. Il s’agit de casseurs, de voleurs et de vandales. Et ensuite ce n’est pas le Vélib’ qui cause le développement de cette pseudo incivilité, mais ce sont les casseurs qui utilisent une nouvelle cible que l’on met à leur disposition. On retrouve la méthode classique qui nomme des faits comme responsables au lieu de désigner les coupables.
« Personne ne l’avait prévu », nous affirme l’article. Pourtant il ne faut pas avoir fait de grandes études morales ou pédagogiques en IUFM pour comprendre que ce n’est pas les Vélib’ qui « civilisent » les gens, c’est les gens qui doivent être civilisés pour utiliser les Vélib’. Cela me rappelle curieusement le « plan banlieue » de Fadela Amara, qui doit être le vingtième ou le trentième du genre, et qui n’a pas fait diminuer d’un pouce les « incivilités ». Ce n’est pas en repeignant des cabines d’ascenseurs qu’on arrête les vandales qui les saccagent. Et quand des forces de polices sont attaquées avec des armes de guerre par de petits voyous (et non de grands bandits), nous ne sommes plus dans l’« incivilité » ou la « glandouille » mais dans la guerre civile. Alors un Vélib’ de plus ou de moins quand les Kalachnikov circulent dans les cités, c’est comme un quidam empruntant une bicyclette dans un Beyrouth à feu et à sang.
« Personne ne l’avait prévu » ! C’est l’aveu même de l’angélisme boboïste, écolo, soixante-huitard et pédagogiste. Rappelons-nous aussi que ceux qui l’avaient prévu se faisaient traiter de fachos et de racistes, et même pire. Espérons que les angélistes fassent repentance et que Ségolène Royal présente ses excuses publiques aux Parisiens de la part de « tous ces enfants » qu’elle disait avoir « chevillés au corps » pendant sa campagne électorale.
Avant de savoir « pourquoi », l’auteur de l’article se demande « qui vole et vandalise les Vélib’ ». Son « analyse » est un peu courte, car selon ses dires, seulement « 1 349 personnes ont été arrêtées en 2008 sur un Vélib’ volé » et qu’il répond à la question « où sont passés ces 8 000 Vélib’ volés ? » par le mot : « Mystère ! » On apprend qu’on en découvre quelques-uns jetés à l’eau, ou dans des cités au milieu de scooters eux aussi volés. Le seul « incivil » décrit précisément par l’auteur est « défavorablement connu des services de police » Il vient d’écoper de deux mois d’emprisonnement avec sursis pour avoir, en plus, arraché son iPhone à une passante.
Bertrand Le Gendre pense que : « ce n’est pas un cadre et deux roues qui sont volés mais une icône urbaine, un attribut du bourgeois bohème, le « bobo », figure moquée mais enviée. » Quant à Annick Lepetit (PS), adjointe au maire de Paris, elle conteste ce « pourquoi » : « Il ne faut pas se focaliser sur le cas des Vélib’, mais le replacer dans son contexte, la délinquance en général. »
Ainsi, pour l’un, c’est les « bobos » qui sont responsables parce qu’ils créent l’envie ainsi que le fait qu’un Velib’ est « une proie tentante », et pour l’autre, c’est la « délinquance en général ». Dans les deux cas, on esquive soigneusement les vrais responsables : d’une part les délinquants eux-mêmes, et d’autre part les angéliques qui les ont catalysés. Aucune analyse criminologue non plus, sinon qu’on apprend que les « CSP+ », autrement dit les bourgeois, utilisateurs à 69% des Velib’, ne sont pas les voleurs et les vandales.
On peut aussi penser que le faible taux d’élucidation des délits de vols et de vandales a deux autres avantages : d’une part, ça diminue les statistiques officielles qui nous font croire à une baisse de la délinquance, et d’autre part ça applique la politique de Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur, qui expliquait récemment que la police qu’elle dirige a pour consigne de ne plus poursuivre les voleurs quand ils appartiennent à certaines catégories de population (2). Pas de vagues, pas d’emmerdes !
L’« analyse » de la tribune du Monde est donc bien légère sur les faits, mais riche d’enseignements dans les dénis de réalité.
Et elle nous apprend également que les Velib’ sont fabriqués en Hongrie par des salariés payés 352 euros net par mois. Les élus de gauche de la Mairie de Paris ne sont guère zélés dans le patriotisme économique, et pourtant ce sont les premiers à soutenir les salariés victimes d’usines qui ferment ou délocalisent. Il faudrait savoir…
Le Velib’ aurait été une bonne occasion de rappeler aux Français notre savoir-faire, depuis les bécanes Peugeot de Sochaux jusqu’à la Manufacture d’Armes et Cycles de Saint-Etienne ou les bicyclettes Gitane. La Mairie de Paris préfère financer pour 28 millions d’euros une mosquée pour « les jeunes » plutôt que de les remettre au travail dans nos usines qui ferment.
Les capitalistes mondalistes et les militants de l’islam conquérant ne pouvait espérer meilleur allié que Bertrand Delanoë : non seulement il joue dans leur camp, mais en plus il construit les écrans de fumées (avec une propagande aux frais des contribuables) pour masquer leurs agissements et sa complicité.
Bertrand Delanoë est un élu du peuple. Il est censé défendre ses intérêts. Et pourtant il joue contre eux, mais il ose en plus leur présenter la facture de sa trahison.
Roger Heurtebise
(1) [http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/06/12/pourquoi-les-velib-fetiches-des-bobos-sont-vandalises-par-bertrand-le-gendre_1206129_3232.html->http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/06/12/pourquoi-les-velib-fetiches-des-bobos-sont-vandalises-par-bertrand-le-gendre_1206129_3232.html
(2) http://www.youtube.com/watch?v=NcPRmEvxWoA

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