Le voile d’une religieuse est-il moins choquant que celui d’une islamiste (suite)

Publié le 27 octobre 2007 - par - 413 vues
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A la question posée à Fanny, à savoir si le voile d’une religieuse est moins choquant que celui d’une islamiste, Annie SUGIER a répondu dans un remarquable article. Je me permets toutefois d’y ajouter quelques réflexions.

1 – Une religieuse nous choque moins qu’une femme islamique voilée tout d’abord parce que le christianisme est la religion dont procède, en grande partie, notre culture, qu’on le déplore ou qu’on s’en réjouisse. Elle fait partie de notre « paysage », alors que l’islam est au contraire une religion exogène dont on avait jusque là importé un orientalisme à connotation érotique, qui n’a rien à voir avec la réalité de la condition de la femme dans ces pays. D’où le choc de la révélation !

2 – Ensuite, une religieuse est une adulte qui a librement choisi sa condition, au terme d’un noviciat assez long, sorte de mise à l’épreuve de sa vocation jusqu’à la prononciation de ses vœux. Une religieuse, au contraire d’une femme islamique voilée, porte l’habit, le voile, certes, mais cela non pas parce qu’elle est pubère ! Comme Annie SUGIER le souligne très bien dans son article sur ce même sujet, le voile n’est pas l’emblème d’une discrimination. Une religieuse demeure un être libre qui peut à tout moment être relevé de ses vœux, et cela sans risquer la mort, pas même celle de son âme. D’ailleurs, dans certaines congrégations, les vœux ne sont pas définitifs, mais renouvelés tous les trois, cinq ans ou plus.

3 – Une religieuse ne représente ni une menace ni un danger. Ne l’appelle-t-on pas une « bonne sœur » ? Et cette réputation n’est pas usurpée, malgré une certaine entreprise de démolition orchestrée contre les religieuses dans leur ensemble. En prenant le voile, elles font le choix de se consacrer à soulager toutes les détresses. Il suffit pour s’en convaincre de songer à mère Térésa ou à sœur Emmanuelle. La tenue d’une religieuse est d’humilité et non d’humiliation.

4 – Si dans le passé les dérives religieuses en France ont été terribles, ce n’est ni un fait général, ni le cas aujourd’hui. Certes, les médias ne tarissent pas sur un prêtre pédophile, mais n’y aurait-il que les prêtres, il serait facile de se garder de la pédophilie ! Il faut cesser l’amalgame facile et médiatique qui consiste à dire que l’islamisme est la christianisme du Moyen-âge ! Ce n’est pas parce qu’on loge dans un appartement où un crime autrefois a été commis qu’il est admissible d’en commettre ou d’en laisser commettre un autre aujourd’hui ! En outre, c’est gommer un peu facilement l’œuvre civilisatrice et généreuse qui a été celle des religieux et religieuses en France : hôpitaux, orphelinats, asiles, écoles… Et qui continue dans de nombreux domaines à être la leur.

5 – Le voile, enfin, que porte une religieuse symbolise aussi sa fonction, comme l’uniforme du pilote d’avion ou la blouse du chirurgien. Il signale que la personne qui le porte est au service d’autrui. En aucun cas ce voile n’évoque la violence. Les religieuses n’appellent ni à la conquête, ni à la guerre. Elles parlent d’amour, de charité, de pardon. Elles ne se font pas réduire en miettes, une ceinture d’explosifs à la taille, et ce au milieu de civils innocents venus un soir au théâtre… En croisant une femme habillée du vêtement islamique, à plus forte raison toute vêtue de noir et voilée, on ne peut que songer à une victime ou… à ces porteuses de mort dans le théâtre de Moscou.
Nos aïeules couvraient leurs cheveux, devaient obéissance à leur mari. Le christianisme, en se confrontant à la laïcité, a dû évoluer. L’islam doit en faire autant.

Nicole DAGNEL

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