Le voile, mirage du désert masculin

Publié le 1 décembre 2007 - par

Le coeur de certains hommes est un désert.
La source de compassion s’y est tarie. La compassion est ce qui abat les barrières crées entre les humains et jette une fragile passerelle entre eux. La compassion nous sauve du mépris et de la haine. Le coeur de ces hommes est un désert, où passe une ombre silencieuse et docile. Une ombre de femme. Marx a écrit « Le rapport immédiat, naturel, nécessaire de l’homme à l’homme est le rapport de l’homme à la femme.»

Ces hommes là ont raté le coche. Ils ont bâti leur monde sur le bannissement de leur alter ego. Ils ne savent pas la regarder dans les yeux, ils ne savent pas poser leur front confiant au creux de ses paumes, ils ne savent pas d’un geste tendre, repousser la mèche qui tombe sur son front. Ils ne savent que la forcer : à subir son désir brut, à le servir, à lui faire des fils. Pour la soustraire au désir brut des autres hommes, ils l’ensevelissent dans un voile. Ce voile est le suaire où ils enterrent leur possible humanité. Ils se sont exilés d’eux mêmes et ont édifié un monde à leur image : désolé et mortifère. Certains vont donc jusqu’à se faire sauter avec leurs bombes pour aller au bout de cette logique et rejoindre dans leur paradis de cauchemar les mirages de femmes que leur cerveau malade a engendrés.

Le voile nous parle, plus que de la soumission des femmes, de la misère des hommes. Aucun être vivant sur cette planète n’a inventé un système de relations aussi pervers. Les femmes endossent cette défroque de honte, où s’accroche la peur de ces hommes.

L’humilié/e a toujours honte à la place de celui qui humilie. Ne nous y trompons pas. Le voile est surtout, comme tout ce qui nous révèle l’oppression, l’affaire de celui qui l’impose. Il n’est pas en dehors du cercle infernal où il s’enferme avec sa victime. Il est tâché par la souffrance qu’il provoque et il vit dans la frustration et le malaise.
Ici, en terre d’Occident, ce consentement millénaire des femmes et des hommes à cette malédiction, est en train de céder. La barbarie où est enclose « la relation naturelle de l’homme à la femme » recule. Un avenir de relations pacifiées se dessine.
Ne laissons pas se répandre dans nos rues les ombres d’un malheur encore si proche !

Anne Zelensky

Print Friendly, PDF & Email

Les commentaires sont fermés.

Lire Aussi