Le vrai courage

Récemment, un lecteur nous félicitait pour ce qu’il appelait « notre courage » d’écrire ce que nous publions toutes les semaines. Nous savons que le fait de signer certains articles sans utiliser de pseudonyme nous expose à quelques risques. Nous n’avons aucune illusion sur le fait que nos noms figurent sur des listes tenues par les islamistes et leurs alliés. Nous n’ignorons pas que, chaque semaine, nous sommes guettés par les petits commissaires politiques de la bien-pensance. Récemment, même un franc-maçon a fait circuler un texte tentant de nous faire passer pour des fascistes. En ce moment, c’est Eric Zemmour qui subit leurs foudres. Nous sommes conscients qu’à tout moment, ceux que nous appelons les snippers peuvent publier contre nous un texte crapuleux qui, pour nous salir, essaierait de montrer que nous aurions des liens avec l’extrême droite ou que nous serions racistes, comme Xavier Ternisien l’avait fait, en son temps, contre l’Ufal et à Respublica.

Mais cela fait-il de nous des gens courageux ? Que représente le fait, dans un pays démocratique, de risquer de se faire calomnier sur des sites, par rapport aux risques que prennent, en France et dans le monde, certains citoyens pour défendre leur liberté, leur dignité, leur droit à la subsistance ?
Nous n’aurions aucune excuse pour ne pas écrire les choses comme nous le faisons. Aucun d’entre nous n’a besoin de faire de concessions pour préserver sa carrière professionnelle. Aucun n’a besoin de calculer ou de choisir la prudence pour préserver sa carrière politique, syndicale ou associative. Nous n’avons aucun allié futur à préserver, pour des calculs politiciens. Si des gens comme nous se mettaient à faire du politiquement correct, qui d’autre oserait dire les choses ? Car le vrai courage, ce n’est pas nous qui en faisons preuve.
Que dire, hier, du courage des résistants, ou de simples citoyens, qui, dans les années 1940, mettaient leur vie en danger en cachant des familles juives, ou des communistes poursuivis par la milice ?
Que dire de ceux qui, sous les régimes staliniens, osaient se battre pour la liberté d’expression, et pour construire des syndicats indépendants ?
Que dire, dans certaines dictatures militaires, de ces manifestants qui risquent la prison, les coups, voire parfois la mort, simplement pour descendre dans la rue et manifester ?
Que dire, aujourd’hui, du courage des ces salariés qui, en France, dans le secteur privé, sont prêts à perdre leur place, en faisant une grève pour leur salaires, ou pour défendre leur dignité, face à des patrons ou à des chefaillons parfois sans scrupules ?
Que dire du courage de ces enseignants qui, abandonnés par leur hiérarchie, insultés parfois par les parents d’élèves, ignorés par leur organisation syndicale, tentent de sauver, au quotidien, ce qui peut l’être de l’école publique et laïque ?
Que dire du courage de ces policiers qui, malgré les insultes quotidiennes, et les menaces, contre eux et leur famille, continuent à tenter de faire au mieux leur travail ?
Que dire du courage d’un Denis Robert, journaliste indépendant, qui se bat contre Clearstream, malgré des procès qui lui tombent dessus régulièrement ?
Que dire du courage d’une Fanny Truchelut, ou de celui de Marie-Neige Sardin, la libraire du Bourget, insultées et salies parce qu’elles ne baissent pas les yeux ?
Que dire de ces journalistes, dans le monde, qui, pour ne pas caresser le pouvoir dans le sens du poil, peuvent se retrouver, dans de nombreux pays, exécutés sans autre forme de procès ?
Que dire du courage de Roberto Saviano, auteur de Gomorra, qui, vit, lui aussi sous haute protection policière pour échapper aux tueurs de la mafia ?
Que dire de ces citoyens qui, en Corse, ont le courage de rompre la loi du silence pour dénoncer les pratiques mafieuses et racistes de certains autonomistes racketteurs ?
Que dire de ces femmes qui, dans les théocraties musulmanes, risquent de se faire vitrioler ou lapider par les talibans et leurs disciples ?
Que dire de la vie quotidienne de Salman Rushdie, d’Ayaan Hirsi Ali, de Taslima Nasreen, de Geert Wilders, de Mina Ahadi, de Nasser Kader, de Mohamed Sifaoui, de Mina Ahadi… tous menacés de mort par les islamistes, et vivant sous protection policière 24 heures sur 24 ? Que dire du courage de Théo Van Gogh, qui a refusé jusqu’à bout une protection policière, en disant que cela ne valait pas le coup de vivre dans son pays, s’il ne pouvait dire ce qu’il disait ?
On pourrait citer beaucoup d’exemples, en France et dans le monde, où les citoyens risquent leur travail, voire leur vie, pour gagner des droits démocratiques, ou pour préserver ceux qui existent.
Il y a différentes formes de courage et tous les engagements ne sont pas porteurs des mêmes risques. Nous estimons que notre courage est minimal, au regard des exemples cités plus haut.
Chacun de ceux qui nous soutiennent peut faire preuve de ce courage modeste qui accompagne toute prise de risque individuelle dans le quotidien, par le fait, par exemple, d’exprimer son point de vue à un entourage qu’on sait hostile.
Mais que penser du manque de courage de tous ces gens qui, tout en se disant militants, n’ont jamais pris le moindre risque dans leur vie, ceux qui se gardent toujours d’exprimer la moindre idée différente de celle de la pensée dominante, ou de leur direction politique, syndicale ou associative ?
Nous n’avons pas d’estime pour ceux qui sont toujours du côté du manche. Nous n’aimons pas les conformistes et les opportunistes : les pétainistes des années 40 qui deviennent les Résistants des années 45, ceux qui sont capables de gober tous les changements de ligne, en étant toujours avec les majorités.
Nous n’aimons pas qu’on galvaude des termes importants à nos yeux..
C’est pourquoi nous n’avons pas de considération pour les « anti-racistes » du Mrap et de la LDH, qui insultent le noble combat contre le racisme en accompagnant l’offensive islamiste, et en taisant la montée de l’antisémitisme, du racisme anti-blanc et anti-français.
C’est pourquoi nous n’avons pas une grande estime pour les « résistants » du Resf, qui osent comparer les clandestins avec les Juifs des années 40, et qui osent faire le parallèle de leurs actions avec la Résistance de Jean Moulin et de Rol Tanguy. Cela ne nous empêche pas d’être favorables à une vision humaine de certaines situations, quand la volonté de s’intégrer est présente. Nous ne supportons évidemment pas les révolutionnaires en peau de lapin, pour la plupart bien au chaud dans la fonction publique, qui crient « Et des papiers pour tous », sans avoir à assumer dans leur quotidien les conséquences de leurs élucubrations irresponsables.
Nous n’avons pas un grand respect pour les nouveaux censeurs du politiquement correct, qui interdisent qu’on aborde des questions clé pour l’avenir de la Nation, comme l’Europe, la délinquance, l’immigration, le protectionnisme, etc.
Nous supportons de moins en moins, surtout après les attentats sanglants de ces derniers jours, les « laïquement corrects » qui, niant l’évidence, continuent d’exonérer l’islam des crimes commis en son nom sur la planète.
Nous n’aimons pas l’arrogance des possédants, de la jet-set qui se bousculent autour du président de la République et de son épouse, avec cette morgue et ce mépris du peuple qui les caractérise.
Nous n’aimons pas davantage le culot de ceux qui ont défendu ce système pendant des années, et qui, devant la gravité de la crise qui l’affecte, continuent à donner des leçons à la terre entière, et surtout à expliquer aux citoyens qu’il leur faudra payer les dégâts.
Nous ne supportons pas cette bobocratie, de gauche ou de droite, ces petits marquis bien repus, très satisfaits d’eux-mêmes, ravis de profiter des avantages du pouvoir, sans toucher au système et à ses privilèges.
Nous comprenons que les classes populaires, mais aussi de plus en plus les classes moyennes ne puissent s’identifier à des gens qui n’ont rien d’autre à proposer que ce qu’ils ânonnent depuis trente ans, et qui échouent depuis trente ans.
« Le courage, c’est de chercher la vérité, et de la dire », disait Jaurès. « Parler de liberté n’a de sens qu’à condition que ce soit la liberté de dire aux gens ce qu’ils ne veulent pas entendre », disait Orwell.
Nous essaierons au moins de faire preuve de ce minimum de courage, pour continuer à vous dire la réalité des dangers qui frappent de plein fouet la société française.
Nous le ferons pour donner raison à Jaurès et à Orwell, et tant pis si cela doit nous valoir quelques insultes et anathèmes supplémentaires, il en faudra davantage pour nous faire taire.

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