L’école nouvelle est une arme au service du mondialisme

Ecoleshorscontrat.jpgDepuis 1945, l’école doit répondre à trois questions fondamentales (le problème primaire-secondaire, la confrontation public-privé, la controverse instruction-éducation), et à une expansion quantitative remarquable.
Les années 1945-1958 restent marquées par la dualité public-privé, une école par ordres, ordre  du primaire et ordre du secondaire, et la primauté de l’instruction. Les laïcs définissent la laïcité par trois termes : Liberté, Science, Fraternité. La guerre scolaire se rallume, la question de la laïcité est le clivage essentiel de l’époque. Des propositions de réformes structurelles vont dans le sens de l’école unique, mais restent à l’état de projet, n’aboutissent pas en raison d’une profonde division entre les tenants des deux ordres, primaire et secondaire.
La croissance des effectifs, la primauté du primaire, rendent inévitable une réforme des structures. D’autant que deux conceptions s’affrontent au sein de l’institution scolaire : le projet Condorcet de 1792, et le projet Robespierre de 1793, jamais votés à l’époque. La Fédération de l’Éducation nationale, autonome depuis 1947, va appliquer par étapes le plan Langevin-Wallon, favorable au projet Robespierre.

De 1958 à 1994, les réformes mettent en système les structures scolaires et répondent à  l’expansion de la scolarisation. Trois étapes conduisent au collège unique. 6 Janvier 1959 : le décret de Jean Berthoin prolonge la scolarité de 14 à 16 ans, transforme les centres d’apprentissage en collèges d’enseignement technique, les écoles nationales professionnelles et les collèges techniques en lycées techniques, les cours complémentaires en collèges d’enseignement général.

3 Août 1963 : les décrets du ministre Christian Fouchet et du recteur Jean Capelle, créent les  collèges d’enseignement secondaire. Les orientations sont reportées à la fin de la 3e.
10 Juin 1975 : un décret spécialise la classe de seconde avec quatre séries générales, A, B, C, D. Il crée le baccalauréat de technicien, et les séries F, G, H.
11 Juillet 1975 : la loi de René Haby conduit au « Collège unique ». Les CEG et les CES sont  unifiés sous la même appellation, le collège, et sous la même structure. Tous les élèves intègrent  un même type de sixième. Les CET deviennent lycées d’enseignement professionnel. On passe d’une école par ordres, primaire-secondaire, à une école par degrés, l’élémentaire, le collège, le lycée. Un « service privé d’utilité publique » met fin à la dualité public-privé.

La loi Debré du 31 Décembre 1959 crée le contrat d’association, et la loi Guermeur du 25 Novembre 1977 donne aux enseignants du privé les mêmes avantages que ceux du public.
La loi Savary du 22 Mai 1984 sur l’unification donne lieu à la manifestation du 24 Juin.
Les accords Lang-Cloupet du 13 juin 1992 et du 11 Janvier 1993 expriment un certain  relâchement du conflit public-privé. La révision de la loi Falloux déclenche la manifestation du 16 Janvier 1994. La dualité public-privé trouve sa solution dans l’équilibre.

La généralisation de l’enseignement ne permet pas sa démocratisation. Le ministère Chevènement est marqué par la loi sur la décentralisation du 5 Janvier 1985, et par  l’objectif des 80 %. La loi d’orientation du 10 Juillet 1989, dite loi Jospin, fixe des objectifs, élaboration de projets d’école, d’établissement, organisation de la scolarité en cycles. En 1992, la FEN ébranlée se divise en plusieurs composantes.

De 1968 à 2018, la dualité instruction-éducation s’inverse au profit de l’éducation. Trois conceptions philosophiques cautionnent des innovations pédagogiques, l’égalitarisme,le constructivisme et le pédagogisme. Des nouveautés transforment les méthodes et la pratique  de l’enseignement, la pédagogie différenciée, le projet d’école ou d’établissement, l’élève au  centre du système, acteur de ses apprentissages, l’interdisciplinarité, la pédagogie de projet.

L’école, le collège, le lycée deviennent des lieux de vie, des lieux vivants, des espaces de vie. L’exposé magistral, la dictée, l’histoire chronologique, l’étude des grands auteurs de la littérature, sont remis en cause, voire prohibés. L’aménagement du temps de l’enfant, et les rythmes  scolaires tiennent une place de plus en plus grande et connaissent plusieurs modifications. Des réformes successives transforment le collège, le lycée, l’école. Au fil des ministres et des lois, on retrouve les mêmes idées, la même orientation globale, la  même finalité. Les écoles normales sont remplacées par les IUFM en 1990, puis par les ESPE en 2013.

Des questions nouvelles apparaissent et sont autant d’horizons nouveaux pour le système, la question de l’insertion sociale et professionnelle, la formation tout au long de la vie, l’école  hors les murs, la question du principe de laïcité avec la montée des revendications musulmanes,  la révolution sexuelle, avec la théorie du genre et l’éducation à la sexualité, la révolution numérique. Une école nouvelle a remplacé l’école traditionnelle. Obtient-elle de meilleurs résultats ? L’expansion démographique, les progrès dans tous les domaines, le cours de la vie, mais surtout des causes philosophiques, avec le courant de la déconstruction, des causes idéologiques, avec le marxisme à la sauce freudienne, le néolibéralisme libéral libertaire, des causes politiques et  économiques peuvent aider à expliquer et à comprendre l’évolution de l’école depuis 1945.

Au-delà de ce renversement, les missions prioritaires de l’école sont engendrer des esprits libres,  capables de penser, engendrer des citoyens responsables. Le système éducatif était une institution délivrant des savoirs, structurant les intelligences, et formant l’esprit critique. Les réformateurs de l’école ont cassé ce système. Pourquoi ?

Une démarche philosophique apparentée à l’école de la déconstruction et de la négation de la réalité condamne la transmission. Pour Rousseau comme pour Descartes, il vaut mieux ne rien savoir que d’accepter un savoir incertain, un savoir transmis, une opinion reçue. Pour Descartes, la culture est une altération, une déformation de notre nature. Rousseau se fixe pour modèle un homme qui reste toujours un enfant, qui ne deviendrait jamais savant, qui ne sait rien. La culture n’est pas nécessaire pour accomplir notre nature, la culture pollue notre nature. Tous deux condamnent la transmission. Les tenants de ce courant partagent le même objectif : la déconstruction des normes, tant méthodologiques que morales, d’où la dissolution de l’idée de vérité au bénéfice du relativisme. Michel Foucault a désenchanté l’homme, est le représentant type de cette pensée. Il annonce la mort de l’homme, quelque chose de nouveau. Il inspire indirectement l’école, dans ses orientations libertaires, dans son relâchement, dans son idée de déconstruction.

Pierre Bourdieu identifie les coupables et les profiteurs de la reproduction culturelle. Pour lui, un enseignement de classe est imposé, les savoirs inculqués sont ceux de la culture bourgeoise élitiste, l’école fonctionne comme une machine à reproduire les inégalités sociales. Donc, plus de cours, plus de transmission, plus d’acte d’autorité, plus de notes.

La pensée de Mai 68 s’inscrit dans cette mouvance, anime et inspire le passage à l’école nouvelle et engendre le clan des utopistes. L’enfant doit se développer seul, le maître doit expliquer le moins possible, les élèves ont la parole, chacun doit donner libre cours à son élan créateur. Cette vision lyrique et libertaire débouche sur une pédagogie qui ne procède plus du réel, mais relève de l’idéal, une pédagogie de l’anti-raison. Le but de l’enseignement est de promouvoir une culture commune, ouverte sur le monde et sur la vie. L’école devient le simple reflet bariolé de tout ce qui se fait dans la société.
Des fondements idéologiques créent les sciences de l’éducation et le pédagogisme.

Les sciences de l’éducation naissent aux États-Unis au début du XXe Siècle. Les responsables installent un enseignement de masse. Cet enseignement instaure un authentique égalitarisme au nom de l’émancipation des enfants. On ne reconnaît pas les aptitudes et les dons. Ce modèle américain est transposé en France. La « centration sur l’apprenant » ou constructivisme est la  véritable formule magique du pédagogisme. L’enfant est au centre du système éducatif. Grammaire, rhétorique, syntaxe, doivent être abandonnés au profit des « arts du langage ». La nouvelle pédagogie vise à donner à l’élève des « compétences », à adapter l’individu aux besoins de la société. Ce qui importe, ce ne sont plus les contenus, mais la méthodologie mise en oeuvre pour une approche de ces contenus.

Le marxisme à la sauce freudienne exerce une grande influence sur l’évolution de l’école. Les maîtres à penser de l’Éducation nationale sont marxistes. Ils rêvent de détruire notre société bourgeoise. Philippe Meirieu parle de modeler un « type d’homme », d’aménager un « type d’organisation sociale ». L’école n’a rien à transmettre. Alors l’école pour quoi faire ? La seule légitimité de l’école, c’est la citoyenneté. Plus question d’imposer des vérités aux enfants, de leur apprendre quoi que ce soit, de leur transmettre des connaissances. Il faut les préparer à inventer un avenir. Les marxistes s’appuient sur Freud pour refuser la transmission. Selon les adeptes de Freud, transmettre, c’est imposer, obliger, brimer, contraindre, dominer. Il faut libérer ces enfants-esclaves-dominés.

Le maître devient un formateur, un éveilleur, un médiateur. L’élève devient un apprenant. Le médiateur doit éveiller en lui ses compétences. Marx et Freud sont les inspirateurs principaux des novateurs pédagogiques. Contradiction suprême, l’école nouvelle, dirigée par des penseurs marxistes, est aux ordres du néo-libéralisme, un libéralisme économique mondialisé, libéral libertaire. Pour régner, le néo libéralisme doit maintenir l’état social actuel de bienheureuse ignorance et de médiocrité enjolivée, toutes deux unanimement partagées. D’où l’abandon de la culture classique, le refus de la chronologie et la censure d’événements, de faits, l’occultation de la grammaire et de l’orthographe, la promotion de la culture du sexe, l’élévation du vivre-ensemble, l’enseignement de la théorie du genre, l’apprentissage d’un Islam édulcoré et lénifié. D’où une histoire officielle écrite par des Francs-Maçons, dont l’objectivité est à sens unique. L’école a désormais pour fonction d’empêcher toute réflexion et tout esprit critique.

Les vrais enjeux de ces réformes sont politiques et économiques
Des raisons économiques expliquent l’évolution de l’école. Les directives et les exigences données par les acteurs de la sphère économique éclairent les politiques éducatives. L’application des réformes dépend des priorités budgétaires. Les responsables du budget sont les autres décideurs du devenir du système scolaire. Ainsi, on diminue la part de la culture générale et de l’apprentissage de la critique, pour obtenir de futurs travailleurs dociles. Mais la rhétorique ministérielle masque les décisions réellement prises, les discours dissimulent la réalité. Des raisons systémiques expliquent l’éclosion et le développement du pédagogisme. La gauche seule investit à long terme ces questions, et sans réelle contradiction publique. Les pédagogistes remettent au goût du jour de vieilles lunes conçues autrefois, mais qu’ils présentent comme des nouveautés révolutionnaires. Ils imposent un nouvel académisme, au nom du progressisme.

Ainsi, Philippe Meirieu reprend l’américain John Dewey, reproduit le soviétique Makarenko, copie Rousseau. Ensuite, le bouleversement de la pédagogie cache des intérêts discrets, mais puissants. Des intérêts économiques, avec le monde de l’édition et des techniques de communication, des intérêts corporatistes, des intérêts idéologiques inscrits dans un mouvement de rééducation et de déracinement de l’homme européen, à l’oeuvre depuis 1945. La révolution pédagogique aboutie est en réalité un vecteur de destruction, vecteur de déracinement culturel, vecteur du développement de l’individualisme et de déstructuration des familles par des moyens coercitifs, éducation à la sexualité, pratiques de rupture avec la famille, accès à la contraception, vecteur de diffusion d’une culture de la facilité, vecteur de l’anglicisation de la culture.

En réalité, la révolution pédagogique débouche sur un dressage, sur un apprentissage de la soumission à l’égard du système, soumission aux médias et au politiquement correct, à la nouvelle idéologie dominante. Pour les pédagogistes, l’école, c’est une question de rythme, c’est-à-dire l’aménagement du temps de l’enfant. Ce problème est un os à ronger. Un moyen de distraire le peuple de ce qui est essentiel pour le système politique, formater les futurs citoyens dès le plus jeune âge. Le transhumanisme se greffe sur tous ces éléments, parachève et couronne l’œuvre de destruction engagée. Le transhumanisme commence quand on sort des bornes du corps humain, de la conscience humaine, de l’espace de vie humain, tels que la nature les a faits. Le transhumanisme procède à l’avènement d’un homme nouveau, condition parfaite de l’éclosion d’un régime totalitaire. Le transhumanisme affirme la modernité et le progressisme, et supprime toutes les limites, toutes les frontières. Il faut changer le monde. Le transhumanisme est une rupture avec la nature. Le transhumanisme est la manifestation de l’hubris, de la démesure, de la tentation qu’a toujours eue l’homme de se prendre pour Dieu.

L’école nouvelle est une arme au service du mondialisme. Des sources philosophiques, des semences idéologiques, des ferments politiques et économiques ont tenu le rôle de moteurs et ont contribué à promouvoir et installer cette école nouvelle.

Jean Saunier

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19 Commentaires

  1. Bon article, précis et intéressant. C’est une question que je connais bien également (cf. les pages de mon livre « Face au discours intimidant » consacrés au constructivisme). Parmi les intérêts en jeu, il y a bien sûr le mondialisme, qui unit les internationalistes et les capitalistes, et aussi le lobby de l’informatique (l’entrée dans l’ère du numérique, nouveau slogan éducatif). Mais je crois que le projet actuel est de vider l’enseignement public pour décharger l’État (on va vers une société du marché, sans État, ce qui est un complet renversement par rapport aux ambitions des socialistes de la IIIe rép. et des gaullistes de la Ve). D’où la transformation de l’école en garderie pour les pauvres (cf. le lexique: on fait « des activités »).

  2. M. La fabrique de crétins, c’est là que Macron a été se procurer pour la 2e fois son cheptel afin de former son gouvernement !

  3. A l’exemple d’Hitler, les prendre au berceau pour en faire des êtres dociles et manipulables à souhait afin qu’ils deviennent de bons esclaves, des robots qui obéissent docilement à tt les ordres de leur dictateur !

  4. La nature reprendra ses droits. Elle seule gère l’univers. La tour de Babel a terminé par un effondrement.

  5. La « Fabrique du crétin » est une vaste entreprise destinée à décérébrer les petits Français et dont un des buts est d’ encourager l’africanisation de nos enfants. Parents sortez vite vos gosses de cet enfer ! Dixit : en enseignant de l’Ed Nat rebelle !

  6. c’est le propre des régimes totalitaires d’endoctriner les enfants dès le plus jeune âge pour mieux atteindre les parents récalcitrants –

  7. Quelle école ? L’EN n’est plus qu’un parti politique qui endoctrine dès la maternelle.
    En Afrique, ils font des enfants-soldats. En France, ils font des enfants-gauchistes dignes des jeunesses hitlériennes.
    Tant que les enseignants ne laisseront pas leur idéologie au vestiaire, rien n’évoluera dans le bon sens.

  8. le PC français expliquait la chute du système soviétique par; le communisme n’a pas marché en URSS parce que l’on n’a pas été assez loin dans le communisme.Ça été la même chose depuis 68 pour les cocos qui tenaient l’école, moins ça marchait , plus ça déconnait, plus ils s’obstinaient dans les conneries. C’est dans leurs gènes, le chef coco essaye toujours d’être plus cons pour rester chef. Et les sous-chefs cons font du zèle pour que les derniers des cons soient assez cons pour ne pas devenir sous-chef con

  9. Quand le tordu E Macron dit : “Votre problème, c’est que vous croyez qu’un père est forcément un mâle”
    https://twitter.com/__verlaine__/status/1222572935686295553?lang=fr

    Jean-Michel Trogneux est-il le père ou la mère des trois enfants Auzière ?
    Le père. Puisqu’il est né homme. Après la naissance de sa fille cadette Tiphaine vers 1984, après avoir pris l’identité de sa sœur Brigitte, il s’est fait passer pour leur mère.
    https://pressibus.org/gen/trogneux/index.html

  10. « De plus en plus de pays se rendent compte que les États-Unis, l’Union européenne et les pays scandinaves utilisent la politique internationale et les droits de l’homme pour contourner les débats législatifs.
    Alors que les délégués des puissants pays occidentaux aient pensé qu’ils pourraient imposer les questions relatives aux homosexuels et aux transsexuels à l’Assemblée générale de l’ONU cet automne, Plus de 60 pays s’opposent au langage « inclusif » lors de l’assemblée générale de l’ONU. »
    https://www.medias-presse.info/plus-de-60-pays-sopposent-au-langage-inclusif-lors-de-lassemblee-generale-de-lonu/168133/

    « Ces pays non-occidentaux ont bloqué les références à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre, à la diversité et à l’éducation sexuelle. »

  11. Excellent papier. A noter que la « massification » a été mise en œuvre sans à priori une pensée sur les conséquences d’un tel désastre, à savoir l’écroulement du niveau et des élèves et des enseignants. Un plus pour les idéologues de cette évolution dramatique.

  12. petit hors sujet : en 2008 j’enseignais à Mayotte, les professeurs corrigeaient le bac mais aucun n’était convoqué au jurys de bac, seuls les fonctionnaires du vice rectorat l’étaient afin d’avoir les 75% de reçus ! aujourd’hui ils en sont comme en france, à plus de 90%

  13. Plus ça va et plus les apprentis-démiurges pullulent !… Des mecs qui se prennent pour Dieu il y en a partout désormais, à tous les niveaux de la société, mais tout en haut de la pyramide, là où les élus de la mondialisation trônent, ils vont plus loin, ils veulent très concrètement créer une autre humanité, selon leurs propres critères et envies, ce sont eux les démiurges fous, les mégalomanes délirants, les Schwab, Soros, Gates et consorts. Si la justice immanente pouvait les foudroyer tous sans plus tarder, ça ne résoudrait pas tous nos problèmes, certes, mais ce serait un tel soulagement !… À leur âge, un infarctus foudroyant ou un AVC de force 10, c’est vite arrivé, ils ne vont quand même pas nous emmerder jusqu’à cent ans ou plus !!!

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