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L’effet de l’analphabétisme sur l’émancipation, les religions et le colonialisme

Tariq ibn Ziyad qui a donné son nom au territoire de Gibraltar durant la conquête musulmane de la péninsule Ibérique.

Il y a quelques jours, un lecteur musulman marocain avait outrageusement commenté un article sur l’islamisation de la France et de l’Europe : « Vous, les Français et Européens, nous avez colonisés. Notre tour est venu de vous infliger ce que vous nous avez infligé… »  Commentaire qui, nul ne doute, incitait à un conflit ouvert entre les Européens de souche et les nouveaux immigrants musulmans en provenance de l’Afrique du Nord, devenus de récents Européens.

Il serait superficiel de préciser à cet aimable individu que s’il avait réellement connu l’histoire du Maroc et de l’Afrique du Nord, il aurait su que cette partie du globe n’était pas musulmane à l’origine… Elle ne le fut que lors des conquêtes musulmanes de cette région, c’est-à-dire : la conquête musulmane du Maghreb (en arabe : الفَتْحُ الإسْلَامِيُّ لِلمَغْرِبِ) s’inscrit dans la continuité des premières conquêtes musulmanes suivant la mort de Mahomet en 632 et vise les territoires contrôlés par les Berbères et les Byzantins en Afrique du Nord. Déclinée en trois étapes, la conquête musulmane du Maghreb débute avec la bataille de Sufétula en 647 et s’achève avec la perte par l’Empire byzantin de ses dernières forteresses restantes au profit du califat omeyyade, en 709.

Précisons donc qu’avant son islamisation, il y avait en Afrique du Nord des nomades, des Berbères, des juifs et même des chrétiens… et comme partout dans le monde, la loi du plus fort est toujours la meilleure, les Européens ont à leur tour conquis et occupé ces pays.
Qu’est-ce réellement une colonie : le dictionnaire nous dit : « territoire occupé et administré par une nation en dehors de ses frontières, et demeurant attaché à la métropole par des liens politiques et économiques étroits. »

Et qu’étaient ces régions avant leur colonisation ? Des bleds, des terrains vagues, beaucoup de sable, pas d’écoles, pas d’éducation hormis celle parentale et ancestrale, beaucoup de tribus qui, de temps à autre, s’entretuaient… se défiaient, vivaient sous la force du glaive… des paysans, des bergers, beaucoup de moutons et de chameaux, et aussi beaucoup de tentes…
La prétendue et tant exécrée colonisation a amené à ces régions sa culture, ses connaissances, son progrès, son éducation… et tant d’autres éléments qui ont fait de ces régions des pays plus ou moins modernes. À ce jour, il serait incorrect d’assumer que toute la population de ces régions est éduquée et/ou possède une connaissance relative de son histoire… Une grande majorité ne l’est pas et continue à croire en la foi qui lui fut imposée avec l’arrivée de l’islam en Afrique du Nord.

Toutes les terres du globe ont été à plusieurs reprises conquises et occupées, vaincues et reconquises… Il n’existe aucune terre qui ne le fut pas. L’histoire est là pour nous le prouver.
Et c’est ainsi que les religions se sont propagées partout dans le monde, en particulier le christianisme et l’islam. Un fait très surprenant et inusuel, le judaïsme n’est pas conquérant. Il a trouvé refuge dans tous les pays qui avaient accepté sa présence après la conquête d’Israël par une succession d’empires. D’abord en qualité d’esclave et par la suite de citoyen régulier. Les Juifs du monde entier n’ont jamais aspiré à occuper tout territoire, hormis celui hérité de leur ancêtre Abraham.

Qu’en est-il de l’émancipation ? Il serait ridicule et dangereux de croire qu’en incluant au sein d’une population laïque, moderne et éduquée, une civilisation comprenant une génération vivante et trépignante encore d’analphabètes, qui poursuit une foi dont elle n’a aucune idée de l’origine et du contenu. Elle perpétue à l’aveuglette ses rites et coutumes et se permet d’influencer sa jeune génération.
L’Europe, tout comme la France, n’a jamais pris en considération ce fossé abyssal entre ces deux cultures.
Moïse, à sa sortie d’Égypte, l’avait compris et avait forcé son peuple à vagabonder quarante ans dans le désert dans l’unique but d’opérer une épuration naturelle de la vieille génération qui exportait avec elle ses mœurs, foi et coutumes païennes, ayant vécu en Égypte plus de 400 ans.

Revenons donc au sujet crucial de la prétendue colonisation… Terme qui n’a réellement aucun poids, lorsqu’un pays cherche à conquérir un autre par convoitise, par besoin d’expansion hégémonique, par soif de pouvoir et tant d’autres desseins vils et non déclarés…
Nous avons d’excellents exemples aujourd’hui avec l’Iran qui étend son hégémonie dans presque tout le Moyen-Orient et inquiète plusieurs pays, dont Israël.
Et je ne cite qu’un tout petit exemple… qu’en est-il de la Russie, de la Chine ? La stagnation est un mal incurable et l’homme continue à aspirer à d’additionnelles ressources…

Notre planète ne cessera jamais de mouvoir, de changer d’effigie, et de progresser vers sa propre destruction.

Thérèse Zrihen-Dvir