Légitimité, pertinence et efficacité de l’appareil d’État en France

Publié le 29 novembre 2018 - par - 12 commentaires - 868 vues
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La société est antérieure à l’État. Les personnes, les familles, les villages sédentaires ou tribus nomades et les peuples existent depuis la nuit des temps de la Préhistoire. La solidarité et la mise en commun de moyens apportés par chacun se sont imposées spontanément dès que des nécessités collectives ont dépassé la capacité des individus isolés, au niveau d’abord du chauffage et de l’abri, puis de la chasse et enfin de la protection et défense. C’est dans ce dernier domaine que la collectivisation des moyens est le plus crucial puisque la nécessité y est vitale, s’agissant non pas de confort mais de survie.

À l’échelle historique, c’est lorsque l’État impérial romain a cessé d’exercer ses fonctions élémentaires de protection que les provinces (après que l’anarchie leur avait coûté la moitié de leur population) se sont, par nécessité, données à de petits chefs locaux capables d’assurer leur défense, même s’il a fallu ensuite plusieurs siècles pour qu’on reconstruise de véritables administrations étatiques, notamment là où la caste militaire ignorait le concept de chose publique et ne connaissait que le droit privé (chez les Francs par exemple). Et dans une Europe à la population réduite par le désordre et regroupée pour la défense, il a fallu ensuite sécuriser les communications (grands chemins) entre agglomérations, donc hors des bourgs policés par les sergents de ville, fonction qui ne pouvait être confiée qu’à un acteur supra- et inter-municipal, à savoir le domaine, ou encore la seigneurie ou province. Puis, face à la multiplicité, voire à la conflictualité, des petits fiefs défensifs, on a ressenti le besoin d’une autorité plus centrale pour arbitrer entre eux et corriger leur arbitraire, origine de la fonction royale en France, un pays qui a conservé jusqu’à aujourd’hui le titre de « magistrature suprême », symbolisée par le chêne de Louis IX et la main de justice, et théoriquement inadapté aux régimes modernes qui professent la séparation des pouvoirs définis par Montesquieu, dans la plupart des États de droit sauf d’ailleurs la France dont le Conseil constitutionnel de la Ve République a solennellement réaffirmé, en janvier 1987, la subordination du judiciaire à l’exécutif.

C’est ainsi que sont nées les trois fonctions que la science politique considère comme traditionnellement régaliennes, en l’occurrence la défense, la police et la justice. Dès lors que s’est affirmée la souveraineté des États (autrefois sujets impériaux), c’est-à-dire par les traités de Westphalie de 1648, les relations égalitaires entre eux (la diplomatie) sont naturellement entrées dans le domaine régalien et sont même considérées, depuis la convention de Montevideo de 1933, comme une capacité nécessaire à la caractérisation et à la reconnaissance d’un État. Plus récemment, des théoriciens y ont ajouté la monnaie, alors que pendant des millénaires nulle autorité comptable ou compensatrice n’était nécessaire pour qu’un Armoricain sache la valeur d’une rondelle d’un gramme d’or, qu’elle portât l’effigie officielle d’un souverain persan ou la signature personnelle d’un commerçant mandarin.

Ainsi, chronologiquement et conceptuellement, la première fonction régalienne est la défense, expression première et internationale de la diplomatie inter-étatique. Les États ayant grandi, tant en termes territoriaux qu’en termes de population, ils sont beaucoup plus puissants qu’à l’époque où toutes les villes de Provence et de Lorraine étaient indépendantes ou qu’à l’époque où rien que le territoire de l’actuelle République fédérale d’Allemagne abritait plusieurs centaines d’États souverains. Leur responsabilité de défense en est donc d’autant plus vitale face à des voisins eux aussi grands et puissants. Par contre, les États modernes englobent de nombreuses sociétés distinctes, qu’il s’agisse de provinces ou de grandes villes, qui sont aussi capables d’assurer leur maintien de l’ordre interne, renvoyant les polices nationales aux frontières ou à la coopération internationale, que de produire un corpus législatif adapté aux réalités et nécessités de la société locale (à travers un parlement propre) et par conséquent de disposer d’une fonction judiciaire compétente en ce droit provincial, le Code civil romain (attribué à tort à Bonaparte) restant, certes, une référence commune à toute la Chrétienté. Comme en France jusqu’à la révolution bleue, de nombreux États fédérant divers peuples (en Europe) ou simplement divers territoires (en Amérique) sont aujourd’hui constitués de provinces assurant leur propres fonction législative par un parlement, leur fonction judiciaire par une magistrature, leur fonction d’ordre public par une police, et même des fonctions non régaliennes (enseignement ou entretien des routes) au moyen d’un gouvernement exécutif, lèvent leurs impôts… et parfois, rarement il est vrai, frappent leur monnaie. La science politique professe que le principe de subsidiarité est le meilleur garant d’une bonne administration des sociétés humaines.

Mais de son côté, la sociologie enseigne que toute organisation a, avec le temps, tendance à s’affranchir des motifs de sa création (son mandat) et à se créer ses propres objectifs (à commencer par sa perpétuation). En France, les régimes totalitaires qui se sont succédé depuis l’abolition des parlements, des codes civils, des magistratures, des polices, des universités, des organisations confessionnelles et même des provinces elles-mêmes, non contents de concentrer tous les pouvoirs en un État unique à Paris, ont progressivement mais systématiquement élargi les domaines d’intervention de la puissance publique dans les sphères relevant autrefois des corps intermédiaires, puis même dans la sphère privée, arrivant à une étatisation monstre d’à peu près deux tiers de l’activité économique (la plus facile à mesurer) du pays, et encore plus importante dans d’autres domaines comme la légifération, l’enseignement et la santé par exemple. Plus récemment, l’État s’est permis, sans consultation du peuple et des citoyens, voire en violant leur décision lorsqu’il a commis l’imprudence de les consulter, de transférer à des autorités étrangères certaines fonctions souveraines, la plus connue étant la monnaie, mais la législation et la diplomatie étant aussi concernées.

Dans la mesure où la monnaie n’est plus frappée par l’administration centrale républicaine, où la justice devrait être indépendante du pouvoir politique et où la légifération et la police devraient être restituées à l’échelon provincial, l’État central n’a plus qu’un seul mandat régalien, celui de la relation avec les autres États, c’est-à-dire la diplomatie, et, de manière cruciale en cas de conflit, c’est-à-dire la défense.

Quel que soit le pourcentage exorbitant que l’État prélève sur la société productive française, en ne consacrant qu’un dixième de son budget à la diplomatie et à la défense, il détourne les neuf dixièmes des moyens qui lui sont confiés vers des activités sans rapport avec son impérieuse mais unique raison d’être. Au moment où la France commence à prendre conscience de la nécessité de restaurer la souveraineté française et la sécurité des Français sur le territoire national, elle va inévitablement devoir s’interroger sur les moyens qu’il est nécessaire de consacrer à ces enjeux vitaux et sur la pertinence du gavage, ou au contraire de l’ablation, d’une tumeur étatique qui draine toutes les ressources et énergies du pays.

Stratediplo

www.stratediplo.blogspot.com

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Notifiez de
Million Bernard Pierre

En effet, tout cela est bien expliqué! ça permet de comprendre pourquoi macron ne cite jamais la France (il la méprise au fond de lui même), mais il emploie le mot république et de surcroit toujours depuis un pays étranger!!!! c’est indécents et profondément irrespectueux envers notre Nation. Il semble vouloir une immigration massive de remplacement progressif. Il ne prend pas en compte le fait qu’il va falloir nourrir et habiller tout ces nouveaux arrivants! cela va peser sur la partie active de la Nation. Cette initiative est une grave erreur mais il s’en moque, il suit sans doute les directives des « rochilds ».

DUFAITREZ

« Quand le régalien est remplacé par la Redistribution à cliquet, l’Etat n’est plus ! »

Marnie

Il n’avait déjà pas de réelle légitimité mais maintenant il faut vraiment le virer car il est en train de détruire ce qui reste de la France déjà bien malade.

CHASSAING

Au moindre avertissement sérieux des officiers et généraux avec le soutien des Français, Manu et Brittou déguerpiront de l’Elysée pour ne pas finir comme les Ceaușescu.

Louise

EXCELLENT ! QUELLE ANALYSE ! J APPROUVE A 100%

Viktor

Bonjour Stratediplo,
J’ai beaucoup apprécié la lecture du « Septième scénario » et de « La huitième plaie », nonobstant cet état des lieux sans concession, le péquin lambda est en droit de se poser la question suivante : La mission principale de l’Armée française est-elle encore, de protéger les Français et de défendre la France hors de ses intérêts dans le pré carré africain ? Voire en l’état actuel, de sauver la Nation qui est en train de disparaître ? En d’autres termes à quoi sert de payer une armée qui n’est pas là où elle devrait être et pourrait même devenir répressive si à défaut, nous le peuple, essayons de recourir à l’auto-défense ?

Coriolis

Tout à fait d’accord. Qu’est-ce que l’armée française fait en Afrique et ailleurs, alors que le danger est en France même ? Lutter contre l’islamisation au Mali par exemple ? Mais nous devons lutter contre l’islamisation ici même.

Stratediplo

Viktor, vous l’avez lu dans le Septième Scénario, depuis plus d’un quart de siècle l’armée française ne reçoit plus de mission générale mais seulement des « contrats d’objectifs » de réduction de moyens. Vous avez aussi lu qu’en introduisant les questions de « sécurité » (maintien de l’ordre) dans les Livres Blancs le gouvernement la prépare à être de nouveau employée pour les mêmes services qu’à Bab-el-Oued.

Chassaing Jacques

Si l’armée avec le peuple n’arrêtent pas Macron, rien n’arrêtera Macron. Et les Français – et l’armée – auront la guerre civile et ethnique.

Aux Armes Citoyens

Il a vraiment un regard dur, cruel et satanique.

Vaselyne Gratos

L’État, en France, est obèse et improductif. L’Administration en place essaiera par tous les moyens d’empêcher qu’on le ramène à ses fonctions purement régaliennes et la représentation nationale sera trop heureuse de ne rien changer.
Conclusion ? UNE SEULE SOLUTION, LA RÉVOLUTION !

Sniper 338

La tumeur mondialistes doit etre obliterer par le
bistourie patriotique et le traitement lourd de la chimoiterapie nationaliste souverainiste 🤔
FORCE / HONNEUR !