L’Église de gauche : un clergé à la dérive

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La Gauche, sainte Église de la bourgeoisie, partie 2

Au sommet de l’Église de gauche, il y a la Curie, les cardinaux et leurs sbires. Souvent issus de la haute bourgeoisie elle-même, ils exercent leur pouvoir par les infrastructures numériques – le « Big Tech ».
Il s’agit, en premier lieu, des télévisions et des réseaux sociaux, avec leurs techniciens et leurs censeurs. À ceux-ci, ajoutons les armées de (ro)bots commentateurs, qui justifient toutes les pires mesures par un assentiment populaire factice ; mais aussi les sondeurs mythomanes qui font la claque ou encouragent les cabales ; et enfin, les professionnels de la communication que l’on retrouve derrière chaque politicien qui « marche ».
Cet étage, il faut qu’il reste dans l’ombre et que vous ne le voyiez jamais. Parce que vous risqueriez d’être au courant des jeux de pouvoir qui se déroulent dans votre dos. Le bon peuple devrait être heureux d’acclamer le vainqueur des manigances en haut lieu, et au lieu de cela, vous savez quoi ? Il refuse de donner systématiquement son assentiment, ce sale cochon édenté !

Pour y parer, on imitera donc de faux grands rassemblements, comme ça a toujours été le cas avec Macron. On tiendra aussi pour seule opinion valable France Inter et France Info : c’est la doctrine « de gauche », conforme aux idées de la plupart des retraités et des fonctionnaires. Ils n’iront jamais à l’encontre du régime – ils ont trop à perdre. Il suffit de leur assurer qu’ils sont les bons, les gentils, les progressistes, les justes.
Pour relayer tout cela, il faut une sacrée bande d’hypocrites.

Au Moyen Âge, on appelait ceux qui tenaient la fonction « informative », le clergé séculier – en un mot, celui qui est proche du peuple et de sa saleté congénitale – par opposition à la pureté des cieux. Ça allait de son excellence Monsieur l’évêque au cureton de cambrousse. Cette fonction va aujourd’hui du présentateur de BFM au journaleux de PQR qui pige pour trois francs six sous, aussi précaire qu’une caissière de supermarché à quart-temps.
Dans le tas, pourtant, vous trouverez encore des réfractaires, journalistes indépendants ou affublés d’un indécrottable sens du devoir. Rassurez-vous, Messeigneurs, ils ne monteront jamais dans la hiérarchie de l’information, qui mène directement à la poignée de milliardaires qui contrôle les médias nationaux. Les journalistes, plus ils s’agenouillent, mieux ils sont récompensés ; mieux ils font leur travail, plus ils représentent un danger.
Car souvenez-vous de Baudrillard : la réalité ne compte pour rien ; seules comptent les images. Et il revient aux journalistes comme aux prêtres de vous faire passer des images de soupe pour de la soupe en vous faisant croire que ça vous rassasie.

Par opposition au clergé séculier, il y a le clergé régulier. Régulier signifie qu’ils suivaient une règle. On parle donc ici des moines et de tous les érudits : théologiens, maîtres et élèves. Des gens généralement pauvres et dévoués.
Pauvres et dévoués, les universitaires et les profs – ce bas clergé de gauche – ils le sont plus que tout. L’État les méprise plus encore que les « sans-dents » et autres Gilets jaunes, car ils ne se révoltent jamais méchamment. Pour un peu, nos gouvernants disent ouvertement que les professeurs aiment la fange où ils croupissent. Ils trouvent leur vocation touchante, puisqu’elle permet à l’État de faire des économies sur leur dos. En quelque sorte, ils sont comparables aux ordres mendiants du Moyen Âge – le côté révolutionnaire et gênant en moins.
Après tout, s’ils subissent des brimades et des violences auxquelles ils ne peuvent pas répondre, c’est qu’ils doivent aimer ça, non ? Un peu comme ceux qui passaient leur temps sur les routes à se fouetter jusqu’au sang, à une époque où on désinfectait les plaies à la pisse de vache : les flagellants, c’est comme ça qu’on les appelait.
Il me suffit de me remémorer les multiples mouvements étudiants auxquels j’ai participé pour qu’une décharge d’adrénaline libérale me monte soudain au cerveau. J’ai toujours été profondément convaincu que l’instruction devait être accessible à tous, et pour rien. Mais mendier année après année, de façon plus ou moins menaçante, aux mêmes maîtres qui vous méprisent et vous haïssent, ça a un nom : la clochardise.

Et il ne faut pas s’étonner qu’on ne puisse plus que difficilement distinguer nombre d’étudiants ou de chercheurs en sciences humaines d’un SDF, que ce soit par la tenue, la cohérence de leur pensée, le niveau d’ivresse, l’aigreur ou la tristesse. La déchéance vient avec la dépendance, et l’État français, désormais prostitué à tout ce qui a un peu de pognon, est de ces maîtres d’autant plus cruels qu’ils ne se respectent pas eux-mêmes.
Mais ne croyez pas que ces prolos de « sachants » ne servent à rien. Ils ont une utilité très nette pour ceux qui nous dirigent.

Déjà, parce que les journalistes, à l’instar de leurs marionnettistes, brassent ce liquide saumâtre qu’est l’actualité : leur parole tourne à l’aigre très vite. Ils ont donc besoin « d’experts » pour donner de la consistance à leur sombre soupe. Et puis, ça permet d’empêcher de parler le bon peuple, dont on caricature la parole grâce à des « micro-trottoirs » soigneusement montés.
Les « experts » sont des universitaires qui arrivent encore à se croire du côté du peuple, alors qu’ils sont à la solde de l’État, lui-même toutou docile du grand capital. Ils se disent marxistes, mais les Écritures du vieux prophète leur brûlent les yeux. Et je ne m’étends pas sur le spectacle récent des médecins de plateau télé directement appointés par les laboratoires pharmaceutiques, qui reçoivent pour leur corruption notoire la Légion d’honneur.
Ensuite, considérez que rien n’enseigne mieux la domestication qu’un autre être humain. C’est à ça que sert le bas clergé de gauche, à savoir les profs.

Les profs communistes de la IIIe République ont fabriqué des résistants, ceux que nous avons maintenant fabriquent des consommateurs. Une vocation solide est indispensable au départ, car ils seront tôt ou tard traités de façon lamentable par leur hiérarchie ou leurs élèves, ou les deux.
La technique est rodée : on vous écrase jusqu’à faire de vous un modèle de soumission. Une petite minorité d’entre eux était prédestinée, par sa veulerie, à s’épanouir dans ce rôle. Mais si vous voulez poursuivre dans la carrière, il faudra, tôt ou tard, comme le protagoniste de 1984, apprendre à aimer votre maître. Et répétons-le, il faudrait être fou pour le croire bon.

Je n’avais jamais vu une profession poussée à ce point à bout, au bord de la folie. Enseigner, mais des programmes de plus en plus vides, à travers des écrans ou des masques. Enseigner sans humanité, et même, pour rester du côté du bien, maltraiter les enfants. On leur a fait croire qu’ils agissaient pour le bien, alors qu’ils enseignaient le contraire de ce pourquoi ils avaient signé : l’absence d’esprit critique, l’absence d’humanité, et des modèles de soumission absolue.

Ainsi, sous peine de finir à la rue, la plupart d’entre eux a fait montre d’une docilité idéale aux mesures sanitaires, appliquant la maltraitance aux enfants « en responsabilité ». Les élèves, privés d’oxygène et d’expression humaine, ainsi que de parole libre, en sont traumatisés à vie. Les profs s’accrochent à leur sens du devoir ; et pour beaucoup, cela suffit à s’en laver les mains. Après tout, ils sont de gauche, donc du côté valeureux de l’humanité. N’ont-ils pas sauvé des vies ?…

On pourrait penser qu’à l’avenir, des robots remplaceront les profs. Cela n’arrivera jamais, car les enseignants d’aujourd’hui servent de modèle de servilité à leurs élèves, puisqu’ils sont capables de tout accepter pour échapper à la loi de la jungle économique. C’est d’ailleurs une des raisons du manque de respect des élèves à leur égard – avec leur salaire qui fond au noir soleil de l’inflation, et la lâcheté de leur hiérarchie. De plus, dans le contenu même des cours, plutôt que des enseignements solides, c’est aussi une doctrine de la domestication qui est transmise. On connaît cette morale culpabilisatrice dont on a tartiné toutes les générations depuis les années 70, et qui vous fait comprendre, sous des prétextes écologistes, que vous êtes de trop dans ce bas-monde, surtout si vous êtes un homme – et que l’État, c’est Dieu.

À partir de là, le crâne de enfants est tout ouvert, disponible pour un second lavage de cerveau, assuré par les médias grand public : le sexe est une consommation ; plus votre genre est inclassifiable, plus vous avez une identité sûre ; vous reproduire et transmettre autre chose que la doctrine de l’État à votre descendance, c’est mal – surtout si vous êtes blanc ; la vie est meilleure lorsqu’on est le réceptacle du plaisir – donc avalez tout sans laisser de trace ; enfin, l’enfant est un objet, et comme pour la télé ou le canapé, un seul suffit. Pas grave si vous l’achetez à l’étranger, car il faut partager vos « richesses » avec les « vrais » pauvres.

Voilà pour le clergé de l’Église de la gauche. Sa domination sévère sert à conserver l’ordre en place. Il assure aux ultra-riches de le rester, aux fonctionnaires et aux retraités d’être momentanément protégés dans leur citadelle – même s’il faudra tôt ou tard recourir aux villes privées comme dans le tiers-monde…
Mais conserver l’ordre établi suffit-il à le légitimer ?
Cela ne suffit pas quand les petites gens crèvent la dalle. Cela ne suffit pas parce que la liberté est ce qui définit l’homme. Cela ne suffit pas quand on voit que l’égalitarisme, idole de tout le corps professoral depuis des lustres, accompagne tranquillement la société vers sa chute en discréditant le goût de l’effort.

Non, l’Église, même de gauche, ne se suffit pas sans doctrine, et elle en a une bien à elle. C’est elle que nous analyserons dans la troisième et dernière partie.

Gary Laski
Écrivain et philosophe

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18 Commentaires

  1. Autrefois le clergé venait de la paysannerie aisée . Les pretres se devaient dans les campagnes d’etre des modéles de droitures et etaient considérés comme des notables . Clemenceau mobilise le clergé a la grande guerre ( pretres pasteurs et rabbins) tous tres instruits occuperent des postes importants au front et dans l’aviation ou ils se distinguerent (le tigre les dispensa de faire feu par respect pour leurs convictions et pourtant les pretres ,pasteurs et rabbins aviateurs par esprit patriotique firent feu sur l’ennmi . Cest avec beaucoup de respect que Clemenceau l’anticlérical les décora et les aida a créer l’institution des apprentis d’Auteuil ….IL Y A LONGTEMPS QUE CES PRETRES LA N’ONT PAS ETE REMPLACE
    https://aura.apprentis-auteuil.org/exposition-brottier-clemenceau-annecy/

  2. je connais un pharmacien catho de gauche fasciné par chaque cliente voilée, disposé à passer une demi-heure chacune sur un ton cm2 pour expliquer comment il faut comprendre les notices ; résultat, sa rue est devenue une vraie déchetterie et à mon avis ça l’emmerde lourdement tellement il se montre ultra délicat sur l’hygiène quand elle n’est pas politisée.

  3. En tout cas, les abbayes et monastères (Le Barroux, Lagrasse, Le Pesquié, Fongombault, Boulaur, et d’autres) de type très tradi, de stricte observance, font des émules. Beaucoup de vocations. Personne n’en parle. Ces monastères ont refusé de se laisser absorber par la modernité au contraire d’autres (Chantelle, ordres trappistes,…) qui sont en peine de vocations. Le Carmel d’Alençon a décidé de revenir « en arrière » avec l’aide d’un prêtre très pédagogue qui a aidé les religieuses dans leur « reconversion ». Résultat : 13 jeunes filles sont à présent en formation vocationnelle, tandis que la petite chapelle affiche complet. Alors, qu’avant, il n’y avait qu’une au max. deux novices par an ou tous les x années. Il a fallu rénover tout le noviciat. C’est une pluie de grâces. Que les autres ordres qui se plaignent du manque de vocation, revoient leur copie. Les journamerdes préfèrent parler de manque de vocations.

    • Résultat : 13 jeunes filles sont à présent en formation vocationnelle…vu notre déficit démographique c’est surement une bonne idée…

  4. Peut-être que la gauche, autrefois, était un parti défendant le citoyen des abus par exemple des patrons..Mais aujourd’hui, la gauche est un parti de connards irréfléchis, bêtes et intéressés.

  5. De la génération Mitterrand au peuple nouveau de Macron
    il est de gauche ou d’extrême-gauche bien tempérée, écolo, russophobe, américanisé jusqu’à l’os, pleurnichard humanitaire. Il est super ce peuple qui tourne à gauche. Mitterrand et de sa génération. C’est bien lui l’oncle de Mélenchon et le grand-père de Macron. Et il est prêt à vivre sans rire de l’éolienne et de la bicyclette (pour repousser Poutine et la Chine avec(POUR) Biden ?) avant de se coller antenne et puce dans son cerveau « branché » mais À quoi ? ….

  6. In fine, haro sur les cathos, ça fait toujours recette ! Pas de problème pour métaphoriser négativement, on peut y aller, strictement personne n’osera crier à l’amalgame ou au racisme, bien au contraire, combien vont s’engouffrer dans la brèche pour haïr à bon compte ? Pas moi.

    • et pourquoi pas quand tout le monde est co-responsable du boxon ambiant et que la hiérarchie chrétienne ne s’est pas privée de coller au plus près à la hiérarchie de classe de l’athéisme militant républicain, pour espérer dominer par esprit d’imitation, l’assurance de pérenniser ce qu’elle estimait un certain pouvoir à défaut d’un pouvoir certain puisque cette technique d’arrogance athéiste a abouti à une désertion quasi-totale de la masse des fidèles.

  7. A quoi peut servir cette autopsie de la dépouille de l’obscurantisme catho?
    Les cathos sont en état de mort cérébrale. Et ce ne sont pas les trahisons des papes qui changeront les choses.
    Roncali avait tenté de sauver les meubles, puis JP2, acoquiné avec la CIA, avait aidé à la liquidation de l’URSS. Depuis, les françois et autres benoit cherchent comment ils peuvent se fondre dans l’islam, pour survivre encore un peu.
    De trahison en félonie et en mensonges, l’église catho romaine est morte.
    Ce ne sont pas les quelques « vieilles personnes » qui font encore le public des messes, qui empêcheront le bon sens et le rationnel de l’emporter.

    • Il semblerait plutôt que Benoît ait été écarté à cause de sa méfiante lucidité face à l’Islam pour céder la place au collabo actuel …

      • Il ne faut pas perdre son temps à faire l’exégèse des discours papaux.
        Voyez Pie XII, qui avait au mieux laissé faire le fascisme hitlérien et au pire l’avait aidé, ou les 16 benoit depuis le moyen âge, tous ont du sang sur les mains et des mensonges à revendre!
        Les obscurantismes religieux sont -et restent: islam en tête- les plus criminelles des inventions humaines.
        Salutations laïques!

        • Je te laisse à tes fantasmes historiques et j’invite n’importe quel lecteur sérieux à lire les ouvrages de référence pour se rendre compte que tu déblatères un ramassis de conneries. Pie XII n’a JAMAIS COLLABORÉ avec Hitler ! Au fait, si la civilisation chrétienne ne te convient pas, va chez les potes du bédouin et ne nous emmerde pas !

          • Charles, il n’affirme pas que le pape a collaboré avec le régime nazi , mais se pose des questions, il met surtout en avant que la papauté n’a pas fait grand chose pour barrer la route à Hitler. De plus, je suis d’accord avec lui, les religions sont les plus néfastes inventions humaines et il n’a pas à partir chez les  » bédouins » comme vous dites car depuis la révolution la civilisation Française n’est plus chrétienne, ni autre chose non plus, mais libre de pensée. Vive les lumières, on ne vous emmerde pas, nous sommes sur riposte laique et non sur un site pro religion, je vous le rappelle.

          • C’est quoi cette réaction imbécile?
            «va chez TES potes du bédouin et ne nous emmerde pas!» On dirait un ado avec une déficience intellectuelle qui parle et ce n’est pas ton premier com stupide, ce mois-ci, tu les accumules.
            Tu t’exprimes comme un gamin niveau CM2.
            Un conseil, abstiens-toi de répondre, ne vois-tu pas que tu te ridiculises? Et tu fais honte à RL.
            Tu dois considérer les lecteurs de RL comme des idiots pour leur parler ainsi.
            Un autre conseil, apprends le respect et soigne tes nerfs. Et surtout, surtout, ne commente plus, t’as pas le niveau.
            De mon côté, je suis d’accord avec Curiosus, la religion catholique est une idiotie et oui, elle a obscurci les esprits, pas juste en France, partout où elle a sévi.

  8. Léo Ferré l’a clamé dans les années ’70 :
    «La gauche est la salle d’attente du fascisme»!
    Et c’est de plus en plus évident de jour en jour …

  9. Quand j’ai entendu dans l’église, un curé faire (comme le pape) de la propagande gauchiste (internationale et gouvernementale), je me suis dit : Dieu est partout… mais pas ici, dans cette « nouvelle » église ! Allez, en conséquence, Dieu est (encore) avec NOUS !

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